lundi 29 septembre 2014

3 pas sous la lumière lunaire

Plusieurs années que je n'ai pas mis les pieds ici. Y a-t-il encore du monde qui vient me lire?

A vrai dire, je m'en fous royalement maintenant. J'avais juste envie de revenir bafouiller. thérapie habituelle. Catharsis de l'écrit : en fait j'ai toujours aimé ça, et ça m'a énormément manqué.

2017- voyance gratuite - Contactez Fidel Gastro - CB acceptées
Mais il fallait que je m'en libère. Jugez plutôt : je n'ai sans doute absolument pas changé (par rapport à l'agité des épaules qui revient nous faire son numéro "j'ai changé" pour la 58ème fois, non moi je n'ai pas changé, je suis toujours le même enfoiré) mais j'ai sans aucun doute évolué.

J'ai au moins l'honêteté de le reconnaître : tout au plus ai-je un peu de vécu supplémentaire. Pas de quoi en ch*er une pendule aurait dit ma vieille grand-mère, qui ne l'entendait absolument pas de cette oreille (ni de l'autre d'ailleurs, je sais, elle est facile, mais soyez indulgents, je suis en rodage.).

J'ai connu la Joie, la vraie : celle de la réalisation spirituelle.

Vous allez me dire : arrête de déconner! C'est vrai qu'il y a pas mal de vantardise dans tout ça : comment partager quelque chose d'inexplicable? Mais au fond, on s'en fout : tout ceci s'efface au fur et à mesure.

J'ai aussi vécu de drôles d'aventures entre temps, et en fait aussi beaucoup plus de trucs assez communs si je veux rester honnête.
allleeezzz François ptain! legalize it, c'est bon pour la croissance!
J'ai rencontré des gens formidables, et pas mal d'abrutis au stade terminal avant l'extinction complète du bulbe rachidien.

J'ai aimé, j'ai détesté, j'ai joué...mais pas sur les réseaux sociaux.

Ne reste plus qu'une seule réalité : je suis heureux quand je reprends mon clavier (ma plume, enfin zaurez compris de quoi quje veux causer.) histoire de venir faire un ptit tour par ici, sans obligation aucune.

Juste peut-être une espèce de conscience de l'urgence, allez savoir je sais pas trop comment l'expliquer en fait.

Je vais essayer de vous l'expliquer autrement : j'ai sans doute changé par le style, ce style inimitable qui faisait ma réputation (en gros 20 lecteurs mensuels), fait d'un mélange de cynisme et d'intelligence supérieure, acérée, servie par une plume tout ce qu'il y a de plus féconde. Je sais, je sais, j'en fais un peu trop mais que voulez vous, désolé d'être ce que je suis : exceptionnel.

Donc OUI ma plume a changé, parce que j'ai sans doute évolué psychologiquement...mais en fait à part parler de moi, qu'est ce qui me ramène ici? Une certaine nostalgie peut être..

BORDEL. J'ai vraiment raté trop de trucs
Mais aussi et surtout le sentiment diffus que ce pays, ainsi que le monde en fait, s'enfonce dans une réelle instabilité, et bientôt ça va vraiment se barrer en c*uille. J'en suis plus que persuadé, mais là n'est même pas la question. Je reviens donc histoire de....poser quelques derniers jalons avant la fin.
 Ben ouais! un peu d’optimisme n'a jamais fait de mal hein! 

Donc pour résumer je reviens parce que :

-J'aimerais jouer une dernière danse pendant que le Titanic coule corps et biens.
-J'aimerais vous faire partager la joie qui est la mienne que tout ceci n'est que le début de la fin.
-Une nouvelle ère arrive, faite d'inconnues, mais ça ne pourrait pas être pire que de continuer à vivre...comme ça.
vous en redemandiez hein bande de toxicos
 -L'espoir est un bien non négociable, et au milieu de toute cette noirceur, à la vue de ces nuages monstrueux qui s'amoncellent, je sais que le soleil est derrière. J'ai juste envie de l'écrire quelque part, même si ce quelque part se résume à un blog paumé, entre deux ou trois kilo octets de données sur un serveur anonyme.

-Accessoirement le kilo de pâtes a encore augmenté, je trouve ça scan-da-leux, ehhh vouai ma bonn dame, vous vous rendez pas compte, et cette enflure de flamby qui fait rien qu'à nous faire croire qu'il est socialo d'une main pendant que de l'autre il pelote la Gayet et que je la jambe, il écrase un paquet de sans-dents, vous trouvez ça normal vous? 

et quoi de mieux qu'un blog pour dénoncer tout ça? (celui qui gueule FaceBook je lui fais avaler la boîte de sauce tomate Lidl sans l'ouvrir).

Winter is coming, les amis, à ceux qui restent, à ceux qui reviennent mais aussi à ceux qui arrivent je dis : accrochez-vous. Ça va secouer, mais Tonton Fidel Gastro est de retour. Ben ouais, j'ai repris un surnom qui me tient à cœur, le nickname de gamer sous lequel je suis connu pour latter des tronches (Team Fortress 2, Counter Strike pour ceux qui connaissent. Les autres ont qu'à aller chercher.). Ca fait pas de mal, ça mange pas de pain, mais non d'une e cigarette, qu'est ce que ça soulage!

Et il est pas né celui qui me verra baisser mon froc sans combattre!

Pour ce que ça vaut...


jeudi 11 octobre 2012

Trois pas sous le Soleil

Il fait chaud.

Je marche à l'ombre des platanes, sur le bitume des flaques de chaleur.

Dans mes yeux les larmes de sécheresse, dans l'air les vibrations des insectes.

Au sol, la poussière tourbillonne et fait des ronds; ils s'élèvent et dansent à mes côtés.

Respire, monte et redescends. Telle est ma poitrine, telle est mon humeur.

Je marche et je pense, parfois je vis, rien n'est moins sûr que cette erreur : suis-je parce que je pense, ou pensé-je parce que je suis?

Et que se passerait-il si demain, je désirais m'arrêter?

Si demain, je disais "stop", et laissais là tout tomber?

Je m'en irai, sur cette route ou ailleurs, abandonnant derrière moi ces peaux mortes.

Adieu problèmes illusoires, adieu douleurs anciennes, place au vide.

A quoi bon, quand vous possédez déjà tout?
C'était là, sous mes yeux, et je n'avais rien vu.

Je ferai 3 pas, trois premiers pas, trois infimes déplacements à la surface du Soi.

"Et toi, que crois-tu qu'il se passerait, si tu prenais le temps d'être avec toi-même?" me demande cette voix... 







Continuerais-tu de courir?


jeudi 12 juillet 2012

Khemet...

Me voici, terre d`Egypte!
Sur un clavier aux lettres étranges, je t'écris ces quelques mots, o etranger pardonne les fautes d'orthographe et d'accents, et la petitesse du billet itou, mais le clavier qwerty en langue arabe n'est point mon fort!

Quoiqu'il en soit plus rien n'a d'importance ici;
Me voici a Louxor, j'ai parcouru l'ancienne Thebes, j'ai non pas visité mais vibré, plutot, dans les tombeaux des nobles et des moins nobles, des pretres et des scribes de l'ancien monde d'Hermes, patrie des dieux et de l'alchimie...
Épargné par les touristes-qui hélas ont deserté ce pays magnifique, et laissent ainsi dans la misere ses fiers habitants qui vivent essentiellement du tourisme, justement, - je disais donc sans parasitage touristique, ou si peu, j'ai pu mettre des images, des noms, des vibrations, des émotions, des ressentis sur une terre que je revais de fouler depuis mon enfance.
Il a des choses qui ne s'expliquent pas...mais qui se vivent.
Le sourire d'une famille, d'un village entier de musulmans -bouuuuhhh!- qui lors d'une fete hallucinante vous recoivent, vous invitent, qui n'ont pas grand chose, mais qui vous accueillent et vous donnent beaucoup.
Le soleil impitoyable, la chaleur écrasante du desert entre Gournah et Denderah, la beauté des derniéres demeures des fils des étoiles, enterrés sur la rive gauche du Nil, dans le "pays des vivants"-la rive droite, sans tombes mais pleine d'hotels et de commerces, est celle des morts selon les Anciens Egyptiens..
Cette vibration intense, ce frisson d'exaltation a l'idée de contempler, non pas un tombeau de plus de 3000 ans mais, une maison de vie avec des scenes, des lecons, un systeme initiatique qui a traversé les ages pour nous livrer, nous donner conseil, par dela les ages, a ceux qui veulent prendre le temps, non pas de simplement entendre et passer en courant, mais d'ecouter et de voir, réellement,
et de retenir lecon de cette sagesse toujours vivante.
Car oui : l'Egypte est toujours vivante; aussi bien dans ses tombeaux, ses temples cyclopéens a nul autre pareils, mais aussi dans le regard de ses habitants, fiers et débrouillards, malgre la misere qui les ronge...


"Tell to your people, when you go back in france! Tell them", m'a dit ce petit fellouquier aux mains vies et aux yeux désespérés "tell them to come here, that we are not terrorists, we are tolerant, we are friends..."

"Islam, true islam is not what they say it is", m'a encore dit ce vieillard qui gardait un tombeau déserté pres de Gournah..."A true muslim loves everyone, everything, humans, trees, animals, we respect life in everyform. I do'nt understand why they fear us like this : we are not like this. Tell to your people"
Je me souviendrai toute ma vie de toi, vieil homme au coeur pur avec qui j'ai pu discuter bien plus calmement de religion, de politique, de vie meme qu'avec la plupart de mes contemporains francais, qui nous emportons, nous plaignons souvent pour un rien, enfants gatés que nous sommes!
Extrait d'un livre des Morts : "Mon cœur qui me vient de ma mère, mon cœur nécessaire à mon existence sur terre, ne te dresse pas contre moi, ne témoigne pas en adversaire contre moi parmi les divins chefs au sujet de ce que j’ai fait devant les dieux ; ne te sépare pas de moi, devant le dieu grand, seigneur de l’Amenti, salut à toi, ô cœur d’Osiris, résident de l’Ouest ; salut à vous, entrailles ; salut à vous, dieux à la barbe tressée. Augustes par votre sceptre, dites du bien de l’Osiris , faites le prospérer par Nehbka. Je me suis réuni à la terre par le côté occidental du ciel. Après avoir été gisant sur la terre, je ne suis pas mort dans l’Amenti ; j’y suis pur esprit pour l’éternité."


Merci a Ariane, Alain, Melodie, Amb, et tous les autres. Et bonnes vacances a vous tous qui me lisez, si vous avez la chance d'en avoir. A bientot, pour les corrections, un plus long billet, des photos et tout le reste. Et n'oubliez pas que la vie n'est que ce que l'on en
fait : larmes ou sourires, le choix reste le notre.

toff, un peu cramé par le soleil, beaucoup brulé par les émotions, mais plus vivant que jamais!

mardi 17 avril 2012

Mélangeons

Bonjour, Jean-Luc.
 

Cette petite bafouille pour te dire combien je t'admire.

Combien tu m'as redonné foi : en la France, ce Grand Pays.

Dans le Socialisme, ce Grand Idéal.

Dans la Fraternité, cette Grande notion.

Ce petit mot pour te dire que je voterai pour toi, dimanche.

Car je fais partie de ces dizaines de millions de couillons qui ne savent toujours pas pour qui voter.

no choice?
Entre un combinard de la pire espèce, qui a mis Marianne à genoux -et pas pour lui conter fleurette- en l'espace de cinq ans, et une part de flan, qui la remettra peut-être debout -mais sans doute pour la recoucher dans la position du missionnaire, et pas pour lui compter fleurette itou- en effet, qui choisir?

La France est un pays de gueulards, de grognons, de râleurs : convenons-en.

Or, qui de ces deux candidats, auto-célébrés en boucle par tout ce que l'establishment compte de journalistes aux ordres, de médias mainstream, de lobbys politico-financiers qui tirent véritablement les ficelles du pantin pantelant qui un jour s'appela "démocratie", QUI donc de ces deux zèbres, bien sous tous rapports, rassurants à l'extrême, correspondent à cet idéal du président "râleur?" Qui, hein?

Je vous le donne en mille moi : personne. Aucun des deux champions. Dégun. Et alors là, toi, Jean-luc, tu arrivas.....

Faut dire que le choix, comment dire...si "choix" est le terme approprié, le choix donc, était véritablement faussé dès le départ. Ou comment faire croire au peuple que c'est encore lui qui prend les décisions, alors que les candidats sont interchangeables, peut être faits d'un métal différent, mais tous coulés dans le même moule?
Celui du capitalisme financiarisé triomphant, qui ne s'arrêtera non seulement que quand nous serons tous en esclavage,mais quand en plus nous en vanterons les mérites (du capitalisme, pas de l'esclavage. Quoique.)
Rosco il est content

Mais n'est-ce pas déjà le cas?

A ma Droite je voudrais un président-capitaine-dans-la-tempête-que-mes-potes-ont-provoquée (mais chut ça faut pas le dire), un pauvre type qui bouffe à tous les rateliers, du moment qu'ils lui rapportent, un gars qui a tellement fait de dégâts en cinq ans de mandat que la flemme la plus sauvage me saisit rien qu'à l'idée d'en dresser un début de liste. Ce que je me garderai bien de faire, donc.

ballotage favorable
Ou bien à ma Gauche vous me donnerez un "président qui fait enfin président c'est à dire un type rassurant mais pas trop bling-bling visiblement, et qui fermera sa gueule quand les vrais patrons (les financiers, les bourses, jsais pas moi choisissez) lui diront quoi faire". Une part de flan mais pas que : ça, c'est pour l'image des Guignols. Mais en coulisses, c'est le même que l'autre, disons qu'il est moins revanchard, moins farci de tics et moins préoccupé par son top-model, sa Patek Philippe à 55 000 euro ou je ne sais quelle autre connerie bling-bling. Mais on connait quand même le bougre : un éléphant de la pire espèce, qui attendait son heure dans l'ombre du vieux François (Mitterrand, pas Hollande), et prêt à tout pour s'assurer une place au soleil. Voire même, qui ne dédaignerait pas une petite résidence secondaire quitte à (ne pas) payer l'ISF (il s'en eut fallu de peu, oouuuff!), ou, un petit gueuleton ailleurs qu'au Fouquet's mais chut! Interdiction d'en parler, ça ne se fait pas chez les socialisses. Ça effrayerait la bonne conscience du bobo bedonnant qui croit encore qu'il est proche du Peuple.

Le choix est là, bonne gens. Choisissez. Votez, Peuple de Gauche. (rires)


Alors, inévitablement, tout ce que ce pays compte de gens plus ou moins sensés (comprenez : qui ont compris qu'il n'y a plus rien à comprendre) cherche en général une troisième voie. "Un troisième homme".

Passque bon, hein, faut pas déconner non plus, on vous a vus venir avec vos gros sabots!

touche-moi pas tu m'salis
En 2007, on a eu Bayrou : inamovible, franchouillard, rassurant, correct, ne dédaignant lâcher pas un bon coup de pied au cul à ces sauvageons faiseurs de poches à l'occasion (je sais, c'était une gifle, un camouflet, une mandale, une torgnole, mais certainement pas une taloche. Ok ok ok ça va! vous aurez rectifié vous-mêmes. Et puis je trouvais l'image plus parlante!)


nous venons en paix
Mais nous sommes en 2012 : la Criiiiiiise est passée par là. Avec son cortège d'avanies : plus de Rolex avant cinquante ans, le pouvoir des chats est en berne, Carla Bruni ressemble à un poulet aux hormones, Jean-michel Apathie nous prend tous pour des cons (mais c'est pas grave, du moment qu'il mérite toujours autant son salaire), le triple AAA est aux oubliettes et la croissance au fond des chiottes, quant au taux de chômage jvous en parle même pas, un truc à faire pâlir d'envie Robert Pattison himself, mon dieuuuu qu'il est bôôô vite vite ponds-nous un Twilight 5 pour éponger ce qui nous tient lieu de mélasse entre les oreilles, et fissa s'il te plaît, j'ai les foies et en temps de Criiise, rien de tel qu'une ânerie de plus pour oublier que j'existe, oublier oui y a que ça de vrai.

Oublier. Cette médiocrité.

Car ouais, je vous le demande encore une fois : où sont les élans du cœur? Ces moments de lyrisme qui nous ont fait aimer la politique? Ces envolées nous enjoignant de "reprendre le pouvoir", de "nous réveiller", de "rendre les coups à la finance?

je le savais! des militants pro-Méluche faisant le V de la victoire!
Mais pourquoi espérer un renouveau si tout semble foutu? Des lendemains qui chantent alors que "The Voice" fait un méga-carton sur TF1 (et donc, que la place est déjà prise, circulez y a plus rien à voir)?

Tout le monde sait que de toutes façons c'est foutu : le rouleau compresseur de la Criiiise est en marche, rien ne l'arrêtera vraiment, à part peut-être une bonne guerre. Ne nous leurrons pas : "ils" la provoqueront. "Ils"?

Les marchés financiers, la bourse, le pouvoir, ceux qui tirent les ficelles. J'ai pas dit les illuminati, hein (eux ils sont à part, ils viendront plus tard, quand Mulder se sera finalement tapé Scully, et qu'ils arrêteront de nous faire ch.r avec leurs états d'âme à la con. Petits-gris ou grands violets? Zone 51 ou Ricard? )

crise de foi
 Donc, pardonnez les digressions fort nombreuses, on ne se refait pas, je disais donc ils ne se laisseront pas avoir facilement : regardez la Grèce. La force par l'exemple : si vous rebellez, zallez avoir droit à un sacré paquet de douleurs hémorroïdaires, et ça tombe mal, vu que la Préparation H n'est plus remboursée, coupes budgétaires obligent, vous allez souffrir à sec....Message reçu? Bonne nouvelle pour tous les frustrés en manque de sexe, de calins, de tendresse : on va tous être baisés jusqu'à l'os, le capitalisme nous réduira tous en esclavage plutôt que de s'avouer vaincu. Alors il n'y a pas 36 solutions, soit on les laisse faire, soit on riposte. Ou on élit quelqu'un qui promet ça : Méluche.

je les aime au petit-déjeuner. Et bien cuits
L'archétype : le rouge, couteau entre les dents, qui ira égorger du bourgeois dans son plumard, sitôt élu, et fera rôtir leurs enfants pour les bouffer lors de son brunch d'investiture le 7 mai.

Ce gars m'a convaincu : je sais pas si il tiendra ses promesses, et limite je m'en fous. Mais je sais une chose : avec lui j'ai repris espoir, et rien que pour ça, il mérite que je joue le jeu de la mascarade, une dernière fois dans cette vie. Dimanche, je mettrai donc un bulletin "Mélenchon" dans l'urne. Et advienne que pourra.

Mélenchon, Président!

samedi 14 avril 2012

Lâcher-prise

C'est à cet instant que j'ai compris.

Cet ultime moment, cette infime fraction de temps, ce si beau mirage, fugace et si fort à la fois...

Tu m'as regardé, avec tes yeux rieurs, et j'ai su.

J'ai su que tout ceci n'était pas ce que j'espérais. Que jamais je n'aurai ce que tu ne peux me donner. Ce que tu ne veux te donner à toi-même.

J'aurai beau imaginer, désirer, espérer, rêver, forcer le passage, le destin, clamer ma désespérante soif : je suis seul dans ce désert. Un mirage.

Et je n'y peux rien. Pour qu'il y ait accord, il faut être deux. Égoïste? sans doute, je l'ai été! Et alors? Suis-je le seul à ne pouvoir espérer?

J'aurai beau y croire, m'illusionner, espérer, réessayer encore et encore chaque fois sur le tard.

Tout ceci n'est qu'une chimère. Une illusion.

Elle ne m'aimera jamais.

Je ne m'aimerai jamais.

Sans doute est-ce mieux ainsi : trop de passif tue la vie. Trop d'anormalité rend impossible un quelconque reclassement. Je suis vide désormais. Je l'ai toujours été : la seule différence, c'est que maintenant j'en suis conscient.

Au midi de ma vie, je l'ai toujours su. C'est mieux ainsi.

Que faire, maintenant, Seigneur, que faire ? Attendre ? Fuir ? Recommencer ?

Je ne peux pas. Je ne peux plus. 

Le dénouement est proche.

Qu'il en soit ainsi.


Je ne joue plus de rôles.

Je suis.

vendredi 30 mars 2012

Peut-être...

C'est l'histoire de cet homme avisé, qui avait gagné une Ferrari à la loterie.

Sa famille et ses amis, tous très contents pour lui, étaient venus célébrer cela chez lui.

« N' est-ce pas formidable ? » disaient-ils. « Quelle chance tu as ! »

L'homme sourit en disant : « Peut-être. »

Pendant quelques semaines, il eut beaucoup de plaisir a conduire sa voiture. Un jour, un conducteur ivre entra en collision avec lui a une intersection et il se retrouva a l'hôpital avec de multiples blessures.

Sa famille et ses amis vinrent le voir. « Quelle malchance ! », lui dirent-ils.

De nouveau, l'homme sourit en disant : « Peut-être. »

Alors qu’il se trouvait encore a l’hôpital, il y eut un glissement de terrain et sa maison fut emportée dans la mer. Une fois de plus, ses amis vinrent le voir le lendemain et lui dirent :
« Quelle chance que tu te sois encore trouvé a l'hôpital ! »

Et lui, de dire de nouveau : « Peut -être. »



Merci à Eckhart Tolle pour cette petite histoire

jeudi 16 février 2012

Comprendre

Pourquoi toujours vouloir tout comprendre?

comprendre=saisir avec le mental.

Le mental adore ça : comprendre, attraper, étiqueter, caser, ranger.

Pourquoi ne pas plutôt...sentir tout simplement?

Le sage montre la lune, le singe regarde le doigt.

Souvent, je me plais à non pas penser, mais ressentir.

Non pas à avoir, mais à être.

Non pas à posséder, mais à échanger.

Non pas à entasser, mais à donner.

Les mots sont tellement limités...alors que nous sommes des êtres sans limites!

Parfois, je regarde un "arbre", mais j'adore me dire que "ça" n'est pas un arbre.

Je sais que ça n'est pas que ça.
Amuses-toi donc à le faire : va en forêt, assieds-toi, et prends le temps de regarder ce que tu appelles "arbre". Et dis-toi simplement: ceci n'est pas un arbre. Pareil pour ce que tu appelles "oiseau", "chat", "homme" ou "morceau de bois". Ou même "cafard". Ça n'est pas ce que ton mental affirme que c'est!

Alors, qu'est-ce que c'est, d'après toi? voudras-tu toujours tout comprendre, ou te mettras-tu enfin à ressentir?


lundi 9 janvier 2012

Une page se tourne...

Mes amis me portent comme l'eau porte le nénuphar : ils me rendent léger, heureux, parfois ils me bousculent, me font chavirer, m'embarquent dans des histoires...

Que serait un Homme sans ses amis? Bien peu de chose en fait... C'est pour ça que je voulais leur rendre un dernier hommage. Je dis dernier car ce "blog" (ou ce qu'il en reste) sera très peu alimenté cette année. Cachez votre déception (oui, je sais les 3 pingouins qui suivent encore au fond de la salle vont me détester mais bon...), mais il se trouve que ça fait environ un mois et demi que je n'ai pas écrit un seul billet.
non non cette photo n'a rien à voir avec le sujet  mais j'avais envie de la mettre..histoire de me chauffer un peu :D

Un mois et demi aussi, que je n'ai pas travaillé mon instrument chéri (ma basse) quotidiennement.

Un mois et demi que je n'ai plus pris de photos.

En gros un mois et demi d'inactivité "créatrice" (oh le mot pompeux) pour moi, ça ne m'était pas arrivé depuis plus de 3 ans...

Et merde que ça fait du bien : oui j'en avais besoin. Et, au risque de ne pas vouloir me justifier une fois de plus, je pense que l'activité de ce blog, naturellement, est appelée à décroître : déjà que c'était pas folichon folichon...il se trouve que, comme toute chose qui suppose trop de chaînes, au bout d'un moment, je désire m'en libérer.

Il se trouve que je n'ai pas envie d'expliquer POURQUOI ça m'arrive : rassurez vous, je peux juste vous dire que je suis en train de me (re) trouver véritablement.

Trouver sa voie...ça vous dit quelque chose?

ça pourrait être ce que je ressens (non pas le guano c'est pas ça)
Sentir que le moment est venu : que ce dont vous avez toujours rêvé est à portée de vos mains, non pas parce que "c'est la chance" mais parce que je l'ai décidé. Parce que je le sens, je le comprends, je le sais. Synchronicités....c'est juste énorme, et je souhaite une seule chose à tous mes semblables : vivre ça aussi.

C'est ce qui est en train de m'arriver : je sais, au fond de moi je le sens, j'en suis plus que sûr, que ma voie est en train de se dessiner. Et ça me remplit de joie merde!

Du coup, tous ces billets (certains, j'en suis plus que fier, d'autres m'énervent plus que tout car je ne me reconnais plus dans ce gars haineux qui transparait entre les lignes) me paraissent tout à coup comment dire : dérisoires. Ou plutôt : hors de propos. Ou encore : fallait le faire, ok je l'ai fait, maintenant je passe à autre chose.

ce fut ma thérapie : tirer dans le tas, pas de quartier et dans la Joie!
La thérapie est finie : elle a porté ses fruits, inutile d'aller plus loin, pour l'instant...oh bien sûr, je continuerai à écrire, en fait j'ai des projets autres en écriture : du coup il faut que je choisisse. Histoire de temps, de disponibilités. D'évolution, sans doute. Et c'est tant mieux : même les meilleures choses ont une fin.

Et puis je ne veux pas fermer ce blog définitivement car :
1/c'est une partie de moi
2/il se trouve que je suis à peu près sûr que de temps en temps l'envie me reprendra de re-pondre quelque chose...en fait si je vous disais que j'ai encore pas mal d'ébauches de billets, voire de gros très gros textes quasiment prêts qui n'attendent qu'une ou deux retouches? Et j'aurai envie de les mettre ici, c'est un peu "ma maison" ce blog donc...ma maison ne sera jamais fermée.

Bon donc mais bordel assez "parlé" de moi : je voulais plutôt vous parler à VOUS, oui vous qui lisez (je le sais) ce blog, qui passez ici de temps en temps.

Je voulais vous dire MERCI car vous m'avez guéri : à travers votre regard, votre lecture sur mes "billets", sur mes "brûlots", sur ces "coups de gueule" et ces "délires" parfois hallucinés que j'ai pondus je me rends maintenant compte que vous m'avez plus que soutenu. Vous m'avez porté.

J'ai pu nouer des relations qui jamais ne s'effaceront (même si la distance, le temps n'arrangent pas les choses, il est certain que ce qui s'est noué ne se défera pas aussi facilement). J'ai pu aussi en conforter d'autres, à une période de ma vie où je n'ai fait que me chercher (j'ai pas encore tout trouvé, mais disons que je suis, je le crois, sur un chemin viable, cette fois).

Mike pourfendant les mécréants (de Droite-et Sarkozystes)
Je veux parler en premier lieu de MHPA, oui toi, Stéphane, pourras-tu un jour me pardonner? Pardonner de ne pas avoir tenu ma parole (venir te rendre visite en 2011), mais aussi et surtout de ne pas t'avoir répondu la dernière fois.. J'avais BESOIN de me détacher de ce blog, je sais que tu le comprendras (et pis si tu veux pas je te merde!)

Reste que tu es une des meilleures choses qui me soient arrivées sur la Toile(et pas que) : une "amitié" virtuelle, une communauté de vues sans jamais s'être rencontré, un blogueur hors pair, écrivain (en devenir) de talent aussi mais surtout et avant tout un vrai Être Humain, avec tout ce que je mets sur et dans ces mots...quelqu'un de sensible, de bagarreur, de droit. Quelqu'un que j'ai toujours deviné "porté" par ses idéaux d'un monde plus juste, quelqu'un surtout que la vie n'a pas épargné mais qui a su y trouver son compte, et se dire qu'elle valait la peine, malgré tout. En fait un peu comme un miroir de moi-même : tu as vécu des galères, tu en vis encore, mais ton courage, allié à un humour féroce, une plume ravageuse, un style décapant et surtout une envie de vivre hors norme, le désespoir jamais loin mais la hargne qui va avec, me font dire que tu es aussi celui qui m'a encouragé, aimé sans me connaître, qui étais un supporter de la première heure que dire d'autre? Que j'ai pleuré le jour où j'ai reçu ton livre? Que je vais virer homo si je continue?

Non et merde : je passerai juste par Rennes un de ces quatre : c'est pas qu'une promesse en l'air en fait non  je te le jure. Et n'oublie pas : la vie est parfois la pire des chiennes, mais c'est pour ça qu'elle est si belle. Comment apprécier la beauté sans ça, sinon?

dire que j'y suis jamais allé...
Ensuite, Lucia : qu'est-ce que je peux te dire, aussi? Que ta sensibilité, ton Amour des gens et des choses, tu les as aussi (sans doute) nourris à l'aune de grandes douleurs? Mais après tout, qu'est ce que j'ai, moi, à vouloir psychanalyser tout le monde, hein? En tout cas une chose est sûre pour moi : sœur d'écriture tu fus, sœur d'écriture tu es, et tu resteras (gonflant de l'écrire trois fois d'affilée cette expression elle est super longue!).

Je me souviendrai à tout jamais ce que nous avons partagé, toi, Mike et moi (ptêtre j'ai rêvé, en fait j'ai été le seul à y voir quelque chose?hihi) au commencement de tout ça : par delà la toile, les distances,  une sorte de fraternité (ouais j'ose le mot!) s'est créée, une affection, bref un lien. Tu m'as fait aimer ton Portugal, ta poésie, ta douleur aussi. J'ai eu le bonheur de te rencontrer, toi ainsi que Julien (que te dire, à toi aussi? Qu'il va falloir que tu crées ton blog pour prendre le relais du mien? Je t'embrasse aussi!! écris-moi merde! dis-moi où tu en es!!) et même si l'impression fut bizarre -IRL ça fait tout drôle, quand le provincial que je suis rencontre la parisienne (immigrée ;) ) que tu es, les différences, ce qu'on s'était imaginé, tout ça quoi font que... je ne regrette rien, sauf que ce fut trop court!

Je t'embrasse, Lucia. Et merci pour ce que tu m'as donné dans ton blog, et en dehors.

Bon, pour la bande de crevards qui se croit au cinéma, patientez, posez vos pop-corn car votre tour arrive, le temps d'attraper un mouchoir et je continue.

Des lecteurs, sur ce blog il y en a eu : très peu ont commenté en fait, mais par les retours que j'en ai, je sais que pas mal s'y sont intéressé et m'ont encouragé, donné leurs avis... (je sais faire ma pub quand je veux). Qu'ils en soient ici remerciés, petit tour d'horizon....

qu'importe le flacon...
A Marina, je voulais juste dire : coucou à toi qui passes ici de temps en temps, je le sais, tu le sais , j'ai pris une autre voie et cette voie-là nécessite toute mon énergie. Et je sais que tu sais que je sais (hum) que je te dis MERCI pour ce que tu as fait pour moi. Sincèrement, tu avais raison : tu m'as ouvert les yeux qui étaient fermés depuis bien trop longtemps, c'est tout ce qu'il me fallait, pour me réaliser, en  fait. Je voulais juste te dire que j'aurais aimé t'aider plus, de mon côté, pour que toi tu ailles mieux. Mais ça, ça n'est pas perdu, jamais : l'aide est à ta disposition, tu la prends si tu veux et/ou si tu en as besoin (je ne me vexe plus, je comprends promis!). Et je t'embrasse de tout mon cœur, toi qui m'a tant donné, et qui m'a un peu pris aussi (c'est de bonne guerre ;) )

Au plaisir de te revoir, peut être...

sééébouneet! c'est l'heure du lubrifiant!
A Seb : mon ami, mon pote, mon frère...je sais que tu viens quelquefois par ici (tous les dimanches? après téléfoot en fait, hein?) et je sais pas quoi te dire à toi aussi, en fait OUI je sais, j'espère que tu es heureux, car moi je suis heureux que tu le soies, qu'il n'y a aucune rancœur dans quelque partie de mon cœur que ce soit envers toi rapport à ce que tu sais (mes sushis te l'ont prouvé non? ), et que tu ne vas pas trop m'en vouloir pour l'arrêt de ces billets que tu me réclames souvent à cor et à cri (enfin presque), et surtout surtout je voudrais que n'oublies pas : je resterai ton ami, toujours là pour toi si tu as besoin..je t'embrasse vieille fiotte, et à dimanche pour une bonne répète!! (t'as intérêt à y être, et n'oublies pas la vaseline ;) )

je cherchais un truc sur les bateaux..
A "la Reine de glace". : j'ose pas écrire ton prénom.. (trop peur de me faire engueuler!!tu noteras : je respecte ton "anonymat" on sait jamais :p ) je sais que tu te reconnaitras! Je sais aussi que tu venais parfois par ici, tu me l'avais dit...et je voulais te dire qu'on a vécu des moments sympa malgré tout.. et que je te souhaite de trouver le calme en toi, comme cette mer que tu aimes tant. Tu sais très bien, au fond de toi, que la tempête ne dure pas toujours..sinon le voilier va par le fond! Et ta vieille coque (que tu crois vieille) n'en a pas encore fini avec la vie, il suffit juste que tu souries un peu à cette vie qui t'a parfois malmenée, mais tu es, j'en suis persuadé, quelqu'un de super. Et tu as cette envie en toi, quoi que tu en dises, quoi que tu montres aux autres (et crois-moi je suis passé par là) tu le sais au fond de toi que c'est vrai.
Et pis tiens : pour une fois j'ai raison point barre parce que ici c'est chez moi et que toi tu es mon invitée. Et que je dis ce que je veux. Et que tu peux pas me contredire. NA. Alors ça fait quoi?

La vie est belle, miss......je t'embrasse.

A Alex : eh trouffion, t'es dans le coin? Un seul message pour toi : pars vite à Montauban, y parait que là-bas il y a quelqu'un qui t'attend...seul problème, je pars avec toi!!! (ça vaaaa je déconne! :p ) A dimanche mon frangin! Et tu sais que je t'aimerai toujours plus que n'importe laquelle que tu vas te marier avec (oohhh la belle phraaaase!).

bordel cette année on le fait : on devient homos célèèèbres!!
A Yoann : alors toi je sais pas si tu passes encore ici ; quoiqu'il en soit je te dis RESPECT si c'est le cas, parce qu'avec la vie que tu mènes, le boulot les couches à changer la gratte à bosser l'asso à monter etc.etc. si tu trouves encore le temps de venir glandouiller dans le coin, franco c'est pas bien...je vais directos te balancer à ta meuf! En fait je suis à peu près sûr que c'est plus elle qui vient trainer par ici que toi (coucou Aline jme trompe? !). Au fait j'en profite miss : pardon pour le texte en commun que je t’avais promis pour Noël..tu vois, je n'ai tout simplement pas pu. J'ai essayé d'écrire, mais je ne pouvais plus. Tu as l'explication que je ne t'ai jamais donnée. Pardonne-moi.
Mais ça n'est que partie remise juré! Il faudra juste un peu plus de temps... embrasse ton ptit bout pour moi!


Le métronome, andouille!
A Thib : ehh le Parisien tu redescends quand tu veux...tu nous manques trop petit merdeux. Tu me manques : t'es un des meilleurs avec qui j'ai jamais eu le privilège de jouer (et dieu sait que j'en ai essayé des batteuses hihi!) mais que ça ne t'empêche pas de bosser au métronome ok?tu feras une bise à ta chérie..sur les 4 joues (hul ok je sors).

Je t'aime jeune padawan : ponds-nous un truc à la Spielberg et éclates-toi! Tu le mérites..


ayé! j'ai trouvé ZE pochette de notre futur album! avouez :ça TUE
En me relisant un peu, je me rends compte avec effroi que j'ai failli oublier un rouage essentiel de ma vie, cette année : toi, Rémi, avec qui j'ai maintenu contact un peu par l'intermédiaire de ce blog, quand on ne se voyait plus, tu m'en as parlé, je sais que tu venais ici de temps en temps. Je sais aussi que tu es comme un frère pour moi : on a vécu des trucs énormes ensemble, on en vivra encore d'autres. Tu es un des seuls, avec Marina, à qui j'ai parlé de ce projet de vie qui me tient tant à cœur. Je voulais juste que tu saches que ça ne remet pas en cause le fait de jouer ensemble, et de pondre un truc qui, je le sais j'en suis sûr, un jour, donnera quelque chose. Tu es un sacré musicien, et un sacré enfoiré aussi : un univers à toi tout seul! Il faut juste que tu soies un peu plus patient...mais tu as tellement évolué depuis que je te connais, que c'est tout simplement un miracle (sonnez la cloche) et à chaque fois que je te regarde, qui l'aurait cru? Je suis fier de toi..dire qu'à une époque tu me faisais peur?! Tu imagines, le chemin parcouru? Tu es l'exemple vivant de ce que la vie nous réserve de meilleur!...on se revoit bientôt, très bientôt, je crois qu'on tient le bon bout cette fois-ci mon pote...


Ben voilà, le tour d'horizon est terminé, il me semble.

Voilà, l'Ultime Psychanalyse est passée.
C'était ma Dernière Séance.
Rideau. Game Over.
This is the end, my friend.


N'oubliez pas : nos sommes des Dieux, notre plus grand défi ici-bas, c'est de l'accepter. Et d'arrêter de faire les cons.


Portez-vous bien.


Bonne année 2012!




merde, j'ai vieilli


Je dédie cette bafouille au Coucou, à Fred, Nico et Anne-lise, à tous ceux qui sont partis cette année...

Et concernant tous ceux que je n'aurais pas eu le bon goût de citer, à tous les oubliés, à tous les présomptueux du bulbe rachidien qui auraient eu la désinvolte outrecuidance d'imaginer pouvoir faire partie de ce panthéon mirifique,  je vous dis juste : désolé! So what the fuck up???

Le bureau des plaintes?  c'est par ici .
Ça vous va?

mercredi 23 novembre 2011

Du sport pour les obèses

C'est l'histoire d'un gamin, tout ce qu'il y a de plus normal.

Un beau jour, sa famille lui dit :" tu es trop gros, tu dois mincir. Nous allons donc réduire drastiquement tes rations journalières. Tu vas mincir. Il le faut."

Le gamin sait qu'il a toujours eu un peu d'embonpoint. Oh, oui, il le sait : pendant des années, il s'est empiffré de sucreries, qu'il allait acheter à crédit chez le marchand de journaux. Chez la Boulangère, aussi : ces honorables commerçants avaient remarqué qu'il aimait les sucreries. Et aussi que, parfois, il n'avait pas suffisamment d'argent pour se payer sa dose quotidienne...

-"pas grave!" lui dirent-ils un beau jour. "Vu qu'on sait que tu auras l'argent un de ces quatre, on va faire comme ça : tu prends les sucreries, on note ce que tu as pris sur un bout de papier -une reconnaissance de dette- et dans quelque temps, tu nous rembourseras, avec quelques menus intérêts. Oh, trois fois rien, hein. Juste de quoi faire tourner notre commerce."

Et ainsi fut fait : il avait pu s'empiffrer à crédit, toujours plus, sans trop dépenser pour l'instant.

Mais vient ce fameux jour de la visite médicale obligatoire, où le médecin dit aux parents : "ce gamin est trop gros. Si ça continue, il va exploser : il faut qu'il maigrisse. Et qu'il fasse plus de sport."

Ainsi fut fait :  on réduisit tout d'abord drastiquement les rations du gamin; très rapidement il est affamé, et il maigrit à vue d’œil.

Parallèlement, le prof de sport, à l'école, est mis au courant de la situation. Un beau jour, il lui dit donc :
-"aujourd'hui, il faut que tu coures le 100 m en moins de 10 secondes. Ton score actuel, quoique bon, n'est pas suffisant, il faut que tu ailles plus vite."
remplacer $ par € et vous y êtes

Et ainsi fut fait.

Et, chaque jour qui passe, au fur et à mesure que le gamin s'affaiblit de plus en plus (car rappelons nous, il a de moins en moins de repas..), en tentant (sans jamais y arriver) de passer sous la barre des 10 secondes, l'objectif est revu à la hausse. Le prof de sport arrive au bord du terrain, et lui dit, chaque jour :

-"les objectifs ont été revus. Aujourd'hui, c'est en moins de 9 secondes."

Le lendemain :
-"aujourd'hui, tu es encore trop lent, c'est moins de 8 secondes 30"

Le surlendemain :
-"tu es trop lent! On ne comprend pas, pourtant, tu as tout ce qu'il faut? Allons, fais un effort! Aujourd'hui, les objectifs ont changé : c'est en moins de 8 secondes"..
etc.etc.

Et ce sacré professeur, au bout d'un moment, de "ne pas comprendre".
nouvelles tirelires "spécial crise"
-"Je ne comprends pas pourquoi vous n'y arrivez pas!! Vous devriez pouvoir battre ce record, allez, encore un effort!" fait-il chaque jour, au gamin à bout de souffle, de plus en plus mal en point. En effet, non seulement le gamin ne tient pas ses engagements (qui sont, je le rappelle, de "faire mieux avec moins") mais en plus, la situation empire. Désormais, il court le 100 mètres péniblement en plus de 12 secondes trente...

De retour à la maison, tous les soirs, il s'assied sur le canapé, épuisé. Il se prépare un bol de soupe -le seul mets qu'il peut encore se permettre. Enfin, je devrais dire, pour être exact, "il se préparait." Parce que même ça c'est fini : l’huissier est passé hier, mandaté par les honnêtes commerçants. Pensez donc, le salopiot avait 180 kilos de carambars et 852 paquets de fraises tagada à crédit. Avec les intérêts, ils ne lui est plus resté grand chose : toute la petite famille s'est retrouvée à la rue. Sous le pont du quartier. Plus de soupe, pus de fauteuil, plus rien en fait. 
Alors d'accord, bonne nouvelle, maintenant il ne sera plus obligé d'aller à l'école, ni au sport : il va pouvoir un peu souffler. Ça tombe bien, il a vraiment envie de faire un petit somme. Et ce petit coin de trottoir semble si accueillant...

La morale de cette histoire?

Il n'y a rien à comprendre...

En fait, si. Nous sommes tous ce petit gamin obèse pointé du doigt.

Finalement, il ne nous reste deux options, si l'on réfléchit :

-1/SOIT le gamin crève, car il subit jusqu'au bout, sans rien dire.

-2/SOIT le gamin se révolte et refuse de continuer comme ça. Parce qu'il en va de sa survie.

Tout simplement.

Gare aux chiens faméliques : ce sont les plus dangereux. Acculés, ils peuvent devenir incontrôlables.

mardi 8 novembre 2011

Effraction

«ces vieilles lunes socialistes qui vous certes ont conduits à prendre le pouvoir en 1997 par effraction»

Encore une merveille signée M Baroin, "ministre de l'économie" (LOL, vu l'état dans lequel elles est, l'économie, il aurait mieux fait de se taire celui-là..) à l'Assemblée aujourd'hui même. Ce qui a valu, fait rarissime, une levée de séance immédiate pour cause de "bronca" des députés socialistes. Et honnêtement, je trouve qu'ils ont été gentils.

En tout cas les propos scandaleux de ce ministre, accusant ainsi littéralement les socialistes arrivés au pouvoir en 1997, par la faute et l'incompétence du président de droite (un certain Chirac Jacques mentor de ...devinez qui? Baroin François à l'époque!) d' "effraction" (donc d'être des voleurs) , sont à mettre en relation avec ce qu'a fait le nouveau président de "la droite décomplexée" depuis 2007. N'a-t-il pas bafoué le vote des français, ce cher Nicolas Sarkozy, en ratifiant le scélérat Traité de Lisbonne, version allégée du Traité Constitutionnel Européen qui avait été refusé par une majorité de français en 2005? .

Indirectement aussi, il nous insulte nous, Français ayant voté socialiste : nous sommes des merdeux qui ne savons pas pour qui voter, puisque nous votons pour des voleurs.

55% des idiots que nous sommes donc (puisque c'est Môssieur Barouin qui le dit) avaient voté non au référendum sur le Traité Constitutionnel de l'Europe en 2005 (une autre gifle pour un certain...Jacques Chirac, mentor de ..Baroin François à l'époque, oui, vous l'aurez deviné).
Résultat : le scélérat Sarkozy l'a fait passer en douce en 2007, par voie parlementaire, ce traité qui avait été refusé par la voix du peuple.

Imaginons un instant si les 53% avec lesquels Monsieur Sarkozy s'est fait élire en 2007 avaient ainsi été qualifiés par la Gauche, je vous dit pas ce qu'on aurait entendu?!

Ce petit rappel historique pour dire ce que j'en pense : les scélérats, ceux qui prennent le pouvoir par effraction, ça n'est pas nous. Ça n'est pas le peuple, ni les socialistes Monsieur Baroin. C'est la Droite, votre droite, aidée en cela par l'esprit retors de Monsieur Sarkozy de Nagy-Bosca. C'est VOUS qui vous êtes torché votre joli fondement avec les bulletins de vote de vos concitoyens, une fois de plus. La messe est dite.

Que cela soit dit, compris et assimilé.

Avant la grosse raclée que vous allez vous manger en 2012.

samedi 5 novembre 2011

Plan de rigueur

Et c'est reparti pour un tour ! "Il n'est pas utile de s'en prendre aux agences de notation, aux banquiers, aux spéculateurs ou à je ne sais quel bouc émissaire(..)Il n'y a pas d'autre recette pour réduire l'endettement que de réduire la dépense."..

Et de promettre le budget le plus austère, le plus rigoureux depuis l'après-guerre.

Ca s'est passé aujourd'hui : félicitations, Monsieur Fillon, vous venez, avec cette phrase, de dévoiler votre vraie nature (pour ceux qui en douteraient encore).

La vraie nature de votre idéologie : toujours taper sur les mêmes, non pas ceux qui sont responsables de cette crise (=les banques, les agences de notation et les spéculateurs) mais sur les autres, la majorité, le peuple qui lui bosse, se lève le matin, va réellement travailler, ne joue pas avec la bourse pour se remplir les poches...et provoquer une crise majeure ensuite.

Vous venez de révéler ce que votre gouvernement est, un ramassis d'incompétents (ça on l'avait déjà constaté) mais aussi de néolibéraux convaincus, qui n'ont qu'une seule idéologie : pressurer toujours plus les mêmes, et favoriser toujours plus les vôtres.

Seulement vous oubliez une chose : à ce petit jeu, le peuple est plus nombreux. Alors certes, il est extrêmement apathique aujourd'hui, je vous l'accorde. Ce qui donne sans doute des ailes à tous les énergumènes de votre espèce. Et vous auriez tort de vous priver : ça ne sont pas quelques "indignés" qui font pacifiquement le sit-in devant la bourse qui vont vous inquiéter, non? On le constate d'ailleurs partout : c'est le même mouvement quasi généralisé, en occident, de faire des "plans de rigueur" pour socialiser les pertes. Les pertes de votre camp.

Mais les choses changent; le vent tourne. Un jour viendra, si vous continuez comme ça, où la soif de Justice des peuples n'en pourra plus d'être constamment bridée, bafouée, foulée aux pieds. Car nous supposons tous, quand vous parlez de "rigueur", que vous ne pensez pas à vous, à vos ministères, à vos amis? Vous pensez à nous, ceux d'en bas : TVA qui va augmenter, Services Publics qu'on est en train de briser, tous les budgets de la Solidarité envers les plus pauvres gelés, voire supprimés...etc.

PAS UN MOT sur le train de vie gargantuesque de vous et de l’État en question. Vos déplacements en week-end aux frais de la République (27.000 euro le trajet, encore, ce week-end). Pendant qu'une femme accouche dans la rue à Paris et que son nourrisson crève comme une merde sur le trottoir. Et les exemples sont plus que légion. Ça me met en colère, je l'avoue.

La crise a bon dos : PAS UN MOT sur le dérapage des comptes de l’État, des dépenses somptuaires de votre chef : en l'espace de 4 ans, +500 milliards de dette. Et ça n'est absolument pas le fait de l'incurie du peuple. C'est VOTRE incurie qui est à l'origine de ces dérapages.

PAS UN MOT sur VOS avantages : retraites de parlementaires à taux plein et à vie dès la fin des 5 ans du premier mandat, salaires mirobolants, cumul des mandats dans des proportions indécentes, appartements de fonction, voyages de toutes sortes, avantages en nature multiples et à vie (chauffeur, garde du corps, etc.)... Alors que des gens n'arrivent même plus à se soigner, font l'impasse sur une paire de lunettes, des soins dentaires, où bouffent des pâtes tous les jours du mois, dans ce beau pays riche et à l'aise qu'est la France du 21ème siècle.

Honte à vous et à vos semblables.

Le pire? C'est que vous oserez briguer une nouvelle fois les suffrages des Français en 2012...on croit rêver!! J'espère que celles et ceux qui ont voté pour vous en 2007 ouvriront enfin les yeux, qu'ils réaliseront qui vous êtes. Même si, hélas, je crains qu'il ne soit trop tard.


Dans le même temps où vous ponctionnez les plus riches de ce pays de 200 millions d'euro (somme que votre amie Liliane Bettencourt aurait pu payer toute seule...sans même le remarquer!!), vous vampirisez 8 milliards de l'autre côté, du côté de ceux qui souffrent. Qui rament, qui galèrent. Qui n'ont presque plus que les yeux pour pleurer. Et vous annoncez une nouvelle fois de nouvelles ponctions, toujours dans la même direction, pour calmer ces sacro-saints "marchés" que l'on ne connait pas, que l'on ne voit pas, qui ne font rien pour nous à part nous enfoncer toujours plus. Bravo!! BRAVO pour le "Bien Public" que vous êtes censé servir et honorer en faisant partie de ce gouvernement. En prenant la charge de Ministre. En dirigeant ce pays.

 Vous n'honorez qu'une chose : les exploiteurs, les profiteurs, ces putains de "marchés" qui sont en train de nous imposer leur dictature.

Privatiser les profits, nationaliser les dettes : on voit où vous allez depuis quelques temps maintenant. Désormais, vous avancez à visage découvert. Vous venez de citer vos amis de toujours : banquiers, spéculateurs, agences de notation. Surtout, ne pas les froisser. Votre aveuglement est si pathétique que vous ne vous rendez même plus compte de l'état dans lequel votre stratégie a plongé ce pays. Et l'on constate la même chose sur toute la planète, sur toutes les économies avancées : USA, GB, Grèce, Italie, Espagne, Allemagne....

Partout, votre bien-aimée Droite Néolibérale, vos bien-aimées idées de "libre-échange", d'économie de marché, de croissance infinie, vos idées de merde ont triomphé. Et ont mis les gens en pièces.

Si votre "rigueur" ne s'accompagne pas de mesures de Justice Sociale, elle est vouée non seulement à l'échec, mais vous vous exposez à un cuisant retour de bâton. Si vous ne tapez toujours que du même côté, je vous le répète : vous risquez de provoquer une retour de flamme. Alors certes, la réaction tarde un peu. Elle se fait attendre. Mais continuez comme ça, vous avez tout bon.

Avec les efforts que vous déployez, elle viendra.

Inéluctablement.

mardi 1 novembre 2011

Dragon qui crache, Dragon qui couve

C'est dimanche. Il est un peu irrité : il attend ses amis qui sont "en retard", comme d'habitude, pour une balade au pied de "la" montagne.

Du coup il part devant, en éclaireur : elle s'étend, au delà du barrage, dans son écrin de verdure autrefois ravagé par les flammes. Immémoriale, multi-millénaire. Majestueuse.

Les dernières estimations situent sa formation à 230 millions d'années...un vulgaire plissement de terrain en des temps où rien n'existait à part quelques larves dans l'océan. Tout ce temps, une paille, qui lui fait remettre immédiatement en perspective sa misérable condition d'homme. L'énervement s'efface alors : à quoi bon? Autant en profiter...un peu, en attendant.

Il fait quelques pas et tombe, à l'orée de la forêt, au détour d'un bosquet, sur un petit sentier. Puis une pierre plate, qui forme comme une sorte d'avancée, face au barrage, et à la falaise. L'invitant à se poser. A méditer. Il se dit qu'elle a attendu ici quelques millions d'années, cette pierre, alors il peut bien poser son derrière quelques minutes dessus, non?

Il s'assied sur la pierre, les genoux croisés.

Il fait beau, cette journée de mi-octobre est juste magnifique : le soleil de onze heures est doux, aussi doux que l'odeur du romarin et du thym qui poussent par là, et embaument légèrement l'air de ce début d'automne. Sur sa peau, une légère brise, si délicate qu'on la dirait posée exprès là pour rafraîchir juste ce qu'il faut sa peau, trop peu habituée au contact direct de ce soleil déclinant de mi-saison.

Il contemple la rive en face : à sa droite, le barrage qui forme un demi-arc de cercle gigantesque; un peu en contrebas, le bassin de retenue. En face, la forêt, avec au loin le parking entre les arbres. Un piaf vient se poser juste devant lui, sur la branche de chêne basse. Son chant n'est ni magnifique, ni laid : juste simple. Comme cette journée. Il a envie de sourire.

En fixant la forêt en face, au-delà du bassin de rétention il aperçoit l'autre rive : des argelas, ces petits buissons touffus dont les feuilles dentelées piquent les mollets des promeneurs insouciants, la recouvrent presque totalement. Il y a quelques ruines de pierres disséminées ici et là, au milieu de la rocaille. Peut être un reste d'abri de chasseur, ou de berger, une "borie" à l'abandon.

Il en est là de sa contemplation quand il commence à se focaliser sur son souffle; les yeux ouverts, il rentre de plus en plus profondément en lui, abandonnant toute pensée parasite. Il essaie "d'éteindre ce fichu poste de radio". A ce moment, il remarque des ondulations sur la rive opposée : non pas comme celles produites par le mirage de la chaleur, mais de vraies ondulations du paysage. Un peu comme si celui-ci n'était qu'un voile, et qu'il tremblotait dans la brise de ce petit matin d'été indien.

Ce détail légèrement a-normal lui fait instantanément reprendre pensée, focalise son attention sur ce phénomène. Il n'a aucune crainte, aucune peur à l'observer, à le constater, de plus en plus présent. Qu'est-ce vraiment? Ces petits picotements au bout des doigts lui sont maintenant familiers : les cheveux de sa nuque qui "fourmillent" aussi. Il est en présence de quelque chose, d'une force.

Il faut reconnaître qu'humblement, il n'en sait pas beaucoup plus : il vit juste le truc. C'est assez puissant pour le pousser à détourner le regard à quelques mètres de là, sur sa rive à lui. Vers sa pierre, vers ce lieu qu'il s'est choisi pour "se poser".

Et il est là.

A ses pieds, il ne l'avait pas remarqué de prime abord, mais il était là depuis sans doute un petit paquet de temps. Bien avant que le barrage ne soit construit, bien avant ce que ses semblables appellent la "Civilisation", bien avant la domination de l'Homme sur cette terre. En fait, bien avant l'apparition de l'Homme tout court.

Ça ressemble à un caillou de la grosseur d'un demi-poing fermé, de forme oblongue. C'est à moitié enterré dans le sol, et en fait ça ne dépasse que de quelques centimètres, pointant à l'oblique vers l'orient. A première vue, une pierre comme il y en a des milliers par ici. Rien ne la distingue des autres si ce n'est qu'elle effleure à moitié, et qu'elle vibre littéralement par rapport aux autres pierres. Il sait que ce qu'il cherche depuis longtemps est là, depuis, qu'en fait, il a arrêté de le chercher.

Il dégage l’œuf fossile avec d'infinies précautions, : à sa surface, il y a des couches d'écailles partiellement conservées. En le sortant de terre, il s'aperçoit qu'il est à moitié fusionné avec une motte de glaise fossile. L'ensemble forme un caillou long d'une dizaine de centimètres, partiellement recouvert de coquilles qui sont comme écaillées. En le prenant dans les mains, il sait qu'il a vu juste : la pulsation n'est pas faramineuse certes-il faudrait se mentir pour le croire- mais elle est là. Une vibration primitive, des temps anciens, pré-géologiques, où rien de ce que nous connaissons, ou imaginons, n'existait.

Une époque où les grands reptiles parcouraient ce plateau argileux qui allait devenir la Vallée de l'Arc. Où ces dragons, après avoir survécu aux épreuves d'une existence assez courte, faite de prédation, de bruit et de fureur, venaient ici pour se perpétuer. Le feu.

Certains s'écroulaient ensuite, épuisés, dans la vase et la glaise. D'autres s'en retournaient auprès de leur nid, vigilants, attendant l'éclosion. La couvée.

230 millions d'années et des poussières...

Il se relève, le fossile dans la poche. Son portable vibre bien plus fort, lui : les amis sont arrivés, ils sont sur le parking, il est temps de partir. D'aller au sommet contempler cette vallée qu'il a toujours aimée.

Il sent l'énergie de la Vie qui déborde en lui. Le soleil brille. Le vent souffle.

La Terre est là. Le Ciel est là. L'Air est là.

Et dans sa poche : le feu fossile.

Sourire.


Il n'a pas fini de chercher.

Il sait déjà qu'il reviendra.

dimanche 30 octobre 2011

écran plat

O Seigneur, par pitié, accorde-moi la joie
d'accéder aux sirènes du bonheur, à l'ivresse
de la possession, au plaisir de la paresse, à l'octroi
du luxe sous toutes ses formes, y compris celles de la finesse

de la plus belle et désirable chose qui soit :

la beauté d'un écran plat.

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Méga-beauté d'une époque où tout se voit, où tout s'achète, où tout se monnaye, où tout se vit par procuration sur un bel écran plat.

19/9èmes, sorties optiques plaquées or de haute qualité. Son et images "HD Ready", technologie "crystalizer", LEDS à longue durée de vie, rétroéclairage, VGA DVI HDMI/TFT dalle IPS 28" wide, temps de réponse 5ms, résolution 1920x1080, contraste évolué de 5 000 000:1, Tuner TNT/MPEG4 intégré, luminosité 250cd/m², USB (photo et audio), D-Sub, composite, Péritel, Full Scart ,prise casque (arrière), entrée PC, et bien sûr hauts-parleurs intégrés 2x10 watts en façade.

Mais livré sans pied, hein.

Passque faut pas déconner non plus : vous savez combien ça coûte, en bridés/horaires, à fabriquer cette saloperie? Vous n'avez vraiment pas idée... Sans parler de tous les métaux lourds qu'il faut extraire de cette chère mère-nature et placer là, le temps de fabriquer le bouzin, bien sûr. Cadmium, zinc, silicium, arsenic, plomb, bromure, mais aussi le merdier autour, l'emballage : plastique, donc pétrole, plus carbone, plus papier, plus gaz rares, genre chromure de merdium en phase gazeuse avancée à haut pouvoir de réflection électroluminescent. (non en fait c'est plus de phosphore dont il est question, je crois).

rien de tel pour la paix de l'Etre
Tout ceci pour arriver à cet objet ultime, ce symbole de ce que le capitalisme, la société de consommation et la Banque Carrefour-Crédit-Pass en 10 fois sans frais nous permettent d'acquérir, nous offrent de plus évolué, de plus jouissif, de plus bandant, de plus smart, de plus nec-plus-ultra-du-je-le-veux-mais-putain-c'est-quand-même-pas-donné-1500-euro-va-falloir-en-bouffer-des-pâtes-pour-se-le-payer-ce-bordel.

Un peu comme un iphone, mais en plus gros, en plus grand, en plus cher, aussi. Merci au Steve Jobs de l'écran plat, je sais pas qui c'est, mais il est au moins l'égal, à mes yeux, de Gandhi, ou d'Adolf Hitler, à sa façon : il a participé à établir la paix dans le monde, pour des décennies et des décennies. Une espèce de prise de conscience globale, que nous sommes de plus en plus inconscients, hypnotisés, devant notre bel objet qui luit, le soir, comme les étoiles au dessus de nos têtes, comme ce vide de l’espace entre elles, et à l’intérieur de nos têtes du coup, aussi. Étrange miroir cosmico-consumériste que celui-ci, non? Vous trouvez pas?  Nan, jsuis sérieux, je déconne pas : c'est prouvé, y a des étoiles dans l'espace, et du vide entre elles. Beaucoup, beaucoup de vide. Allez savoir comment ça tient, tout ce merdier?

Quoiqu'il en soit mon bel écran plat est un Don, un Cadeau fait à l'Humanité toute entière, peut être même qu'il vient du cosmos, ce Cadeau, allez savoir, des petits-gris, genre ceux qui se sont posés à Roswell, ils nous ont donnés cette technologie, peut être contraints-légèrement- par ces braves Ricains en pleine Guerre Froide, un ptit bout de bidoche enlevé par ici, un ptit coup de menaces par là, imaginez la scène :

je viens en paix, moi aussi
-"Mais tu vas la cracher, ta putain de technologie militaire espèce de pourriture extra-terrestre? Allez, magne-toi, j'ai pas que ça à foutre, j'ai une guerre à mener, et des Soviets à niquer! Vazy accouche-le, ton rayon de la mort!" Le soldat-béret vert expert ès tortures en tout genre s'acharne depuis des heures sur la pauvre petite chose recroquevillée sur la table en formica. Nous sommes au cœur de la Zone 51, area Top-secret, Men in Black allowed only. Des gardes avec des M16 partout, miradors, clôtures électrifiées et bergers allemands avec patrouilles en rangers toutes les cinq minutes. Pas moyen de s'échapper, le petit-gris est dans de mauvais draps, c'est sûr. Ça fait des jours et des jours que ce GI le torture, lui faisant subir les pires supplices (Céline Dion à donf, discours de Sarkozy, lectures à haute et intelligible voix du quatre-vingt-dix-huitième tome des mémoires de Jean d'Ormesson,etc.etc.)

Et ce con d'alien de balancer le premier truc qui lui passe par la tronche, car c'est décidé il n'en peut plus, autant lâcher l'affaire tout de suite, là il sort tout ce qu'il a de plus précieux, ZE secret ULTIME, genre la technologie des LEDS qui sert à fabriquer des écrans  plats. "Nous venons en paix", qu'il dit, tout en griffonnant, d'une main fébrile, des consignes sur le calepin que la grosse brute aux mains ensanglantées lui tend, impatient. Il trace des figures géométriques abstraites avec ses trois doigts-spatules, genre "pitié-ne-tirez-pas-tout-de-suite-dans-la-tête-honorable-militaire", "je vais vous donner ce que vous désirez : le moyen d'enculer tous ces bolchéviques à sec, et sans vaseline!"

programmes électoraux (faut voter)
Il contribue, sans le savoir, en  révélant ce secret, à l'ouverture d'une ère de jouissance nouvelle, un but à atteindre, l'objet ultime à acquérir, pour qu'enfin nous nous accomplissions, ma mie, et que nous atteignions ce Graal qu'est la contemplation de Secret Story, ou de La Ferme Célébrités, ou Koh-Lanta, sur écran plat. Ou ce JT de Jean-pierre Pernaut, un verre de Ricard à la main, que je me délecterai de regarder, de digérer, parlant de "la France de nos régions", si belles, si chères à mon cœur, ce cœur d'électeur moyen fatigué par une dure journée de labeur, affalé sur mon canapé-trois pièces en simili-cuir Ikéa je suis si bien, vite passe-moi la télécommande, kessya ce soir dans le poste, tiens le JT? Cinq minutes pas plus hein, après je déprime, mais quand même en période de crise il faut savoir s'informer, en période préélectorale encore plus, mais merde quand est-ce que ces putains de moutards vont arrêter de brailler que je puisse écouter, t'as qu'à les mettre devant un dessin animé ou la XBox, jsais pas moi, et au fait, pourquoi t'as pas pris des chips au supermarché, connasse! File dans ta cuisine, avant que je lave le sol avec ta tronche!

Mais je m'égare, on en est pas encore là, qu'advient-il de notre ami alien bienfaiteur de l'Humanité? Il vient de lâcher le morceau quand même, c'est pas rien! S'est-il reconverti en entrepreneur à la Steve Jobs, ou quoi? LA suite :

Le béret vert hoche la tête, grommelle quelques borborygmes d'approbation, tout en suivant du coin de l’œil la progression des équations sur le calepin... Au bout de trois minutes, le transfert de technologie s'effectue : le schéma d'une arme redoutable semble s'esquisser, cette petite chiure de mouche intergalactique et pantelante en aura mis du temps quand même! Mais elle a fini par dessiner  une sorte de gros rectangle lumineux; on distingue des rayons qui sortent de sa surface, et se projettent loin devant, en un cône luminescent. Il semble se dégager une immense énergie du truc, et les équations en dessous le prouvent, le scientifique qui vient d'arracher le papelard à la grosse brute rajuste ses lunettes en écaille d'un geste fébrile, ils tiennent là un truc qui va tout péter, c'est sûr, jvous raconte pas la gueule de ces putes de Soviétiques quand il vont savoir ça!

ils entrevirent immédiatement les possibilités du truc
Des années qu'il attendait ça, enfin! Il va au tableau noir d'une démarche appuyée, appelle ses collègues chenus et barbichus restés dans la salle à côté, "mais bon sang c'est bien sûr j'le savais!" fait-il en se tapant le front d'un geste dégoûté, "j'aurais dû m'en douter avec un peu plus de temps cette salope d'alien ne m'aurait rien appris que je ne sache déjà, m'enfin voyons, enfin quoi, hein, ho bon non mais..." alors là je disais, il tend le papelard à ses autres collègues scientifiques en blouse blanche, ceux-ci aussi se tapent le front d'un air éberlué, "mais bon sang mais c'est bien sûr nous nous en étions doutés, mais quelle salope ce petit-gris de nous avoir caché ça, hein, non mais franchement, hein, ho, bon mais..." font-ils tous en cœur. Ils tiennent là une avancée technologique majeure, y a pas de doute.

E.T. é-cran plat mai-son, E.T., é-cran-plat mai-son, E.T.,...
Et ils foutent le camp discuter des possibilités de cette nouvelle technologie devant la machine à café, laissant le soin à la grosse brute au béret vert et aux idées courtes de coller une balle dans la tronche de cette pourriture de l'espace. Ce qu'il fait dans la minute qui suit. L'alien aura beau le regarder avec des yeux mi-implorants mi-larmoyants, lui balancer des messages télépathiques pacifiques à tire-larigot, lui faire le signe V de la victoire genre "peace and love" avec ses deux doigts-spatules restants (le troisième étant resté sur la table en formica, entre les mâchoires de la pince Monseigneur de ce cher béret vert), rien n'y fera.

-"Nous venons en pa**-"BANG!

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enjoy a new way of life & death
Et voilà la vraie histoire de la genèse de cet objet de toutes les envies, de ce symbole vivant du matérialisme le plus béat qui soit, mais cette histoire-là, c'est pas dans les livres "officiels" qu'on vous la racontera, mettez-vous bien ça dans le crâne. Alors oouuuiiiii, c'est sûuûr, je vous raconte pas la gueule des scientifiques quand ils se sont aperçus que "l'arme" en question n'en était pas une, du moins pas au sens où ils l'auraient voulu... mais pas grave, ils se sont bien démerdés quand même, et ont su la faire tomber dans le domaine public, cette technologie redoutable. Ca a bien pris quelques années, mais ça a finalement fini par niquer ces salopes de russcofs pour de bon. Selon l'enchaînement de circonstances désormais bien connu : diffusion du capitalisme et de son mode de vie enviable via les ondes TéVé=>envie du peuple tombé en esclavage sous le joug des rouges=>révolte à la porte de Brandebourg=>désintégration de l'URSS=>récupération par l'économie capitaliste=>vente d'écrans plats en constante augmentation=>lavage de cerveaux à grande échelle=>apparition d'indignés sur Facebook.

Voilà comment ça s'est vraiment passé. Je le jure, j'ai des sources.  Ça c'est du off, mais c'est du lourd, du vécu mon gars, du truc qui en a de la saveur, pas de la manip' de bas étage mais du réel, du concret, du sérieux, un vrai taf d'historien, avec peu (oh vraiment très peu) d'ajouts de circonstance, ça me fait penser à un plaisir simple en fait, un peu comme un Havane qu'on sait interdit, en période de blocus Cubain, entre les mains pleines de bagouzes du mafiosi local, costard rayé trois-pièces impeccables et cheveux gominés plaqués en arrière, il en aspire de longues goulées avec ce sourire béat sur la tronche, à chaque fois ça découvre sa dentition en or massif, putain ce que c'est beau, là il se renverse en arrière sur son fauteuil en cuir avec dans les yeux ce "c'est moi le Boss", vous comprenez? Non? Pas grave : en fait je voulais juste dire qu'on ne peut qu'apprécier, en sachant que ce sera peut-être la dernière chose qu'on savourera sur cette terre.

J'ai à peine romancé le truc, histoire de le rendre plus agréable à lire, mais ne vous méprenez pas : la réalité est beaucoup plus triviale. Un drame est survenu dans ma vie, cet été : ma vieille TéVé à tube cathodique est tombée brusquement en panne, un beau jour de juin, et là, la question s'est posée, tout naturellement. Devais-je m'acheter un bel écran plat tout neuf, ou aller aux putes?

J'arrête là le suspense insoutenable : je suis allé acheter le dernier livre de BHL. C'est moins exigeant, intellectuellement parlant.

il a pas eu le temps de me faire un autographe : j'en ai mis partout
A chacun sa croix.