Affichage des articles dont le libellé est société. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est société. Afficher tous les articles

mercredi 26 janvier 2011

les Sept Plaies de l'Occident

Verset 1

"Et le Divin leur déclama, du haut de la Montagne Sacrée : asseyez-vous et contemplez, regardez et restez concentrés. Car la puissance de l'image ne connaîtra pas de fin; il s'agira là d'une de mes plus puissantes armes pour vous plier à MA volonté. Sachez que mon courroux peut être immense : en des temps lointains, il ne sera toujours pas apaisé. 

Et vous ne reconnaîtrez même plus vos enfants; et vos valeurs seront oubliées; et vous courrez après des chimères, dans une quête sans fin; et vous connaîtrez la tentation perpétuelle, celle qui ne peut être satisfaite à aucun prix; et vous serez malheureux, par la puissance de l'image et du verbe projetés, et par ces faux codes constamment implantés dans votre esprit; vous ne connaîtrez plus le repos de l'Âme. 

Et vous adorerez de faux dieux, qui auront pour nom 'publicité'..."

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Première Plaie.
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------


les frais d'accouchement de cet enfant sont sponsorisés par...
 
Mais qu'est ce qui nous pousse à agir comme nous le faisons parfois?

Pandit Ramshavalara en était là de ses interrogations : le supermarché était bondé. Partout, des caddies, des gens qui se frôlaient, se heurtaient dans les rayons surchargés, et qui rebondissaient comme ces stupides robots dans les réclames pour jouets : boum, contre le mur. Demi-tour; re-boum, contre le mur, quart de tour...re-re poum...
Deux femmes d'âge mur, l'air respectable et les sourcils froncés, se disputaient le contenu d'un carton : les tee-shirts soldés s'entassaient sous les pancartes fluorescentes, partout des chiffres mirobolants, la promesse de folles réductions, de grands avantages, de "gain d'argent par le fait de dépenser"...

 Inconnus, homme, femme, enfant, vieillards, cadres pressés, jeunes en groupe, partout, partout du monde, du monde et encore du monde. Bariolés. Vêtus d'apparat. Des codes vestimentaires pour chacun,des masques sur chaque figure, des visages figés dans une pose qu'il ne pouvait qu'admirer, parce que "comédienne", quelque part.

cette pub casse pas 3 pattes à un canard
A de rares exceptions près, il pouvait voir que la majorité des gens n'étaient pas eux-mêmes : trop de tensions sur leur visage. Trop de crispations, ou au contraire trop de sourires... Quelques-uns, cependant, arrivaient encore à le surprendre : au milieu de cette mêlée malheureuse, surgissait parfois quelqu'un de droit. Il (ou elle) fendait la foule, sans brusquerie et sans mollesse, le regard sain, nullement apeuré et nullement nerveux, pas moins rêveur que vraiment lui-même : il était là, tout simplement, et heureux de l'être. Nul égoïsme dans son attitude, nulle supériorité dans sa démarche, dans ses actes ou dans ses propos. Il était, et irradiait ceci autour de lui. Les personnes du sexe opposé étaient, la plupart du temps, attirées comme des phalènes sur un réverbère par cette âme véritable...sans vraiment s'en rendre compte. Mais ils étaient peu nombreux, il fallait l'avouer. La plupart des Gens étaient ce qu'ils se persuadaient d'être : malheureux, influencés par les pancartes, les jingles, les pubs TV, les spots Radio, les affiches, les multiples accroches qui, un peu partout, mettaient en place devant leurs Yeux Vrais un véritable filtre déformant.

Car oui, Pandit le savait depuis son plus jeune âge, tous les Gens avaient les Yeux Vrais à la naissance : il n'y avait qu'à regarder les enfants, qui jouaient et s'émerveillaient de chaque chose qu'ils croisaient. Le commun des mortels appelait cette faculté "innocence", mais Pandit savait que ça n'était pas ça : c'était les Yeux Vrais.

La majorité des Gens perdait ces yeux Vrais avec le passage à l'âge adulte, à cause de ce "filtre" mis en place par la matrice.

être heureux : c'est simple comme un coup de fil(facile je sais)
Ce filtre déformait tout, et rendait les Gens malheureux par excès de contradictions : il faisait croire aux Hommes qu'ils ne seraient heureux que si ils étaient tous pareils, mais en même temps tous différents. Que chacun était unique, mais devait se conformer à un moule, à des codes, à un groupe, à des usages restreints... Ce filtre disait que chacun était libre, mais montrait le contraire : tu es libre de t'habiller comme tu veux, c'est ce qui fait de toi quelqu'un d'Unique, mais regarde le mannequin sur ces affiches. Il est beau, toi tu ne l'es pas...pas comme lui/elle. Jamais ces habits ne t'iront, tu es trop gros(se) (car tu manges trop de ces délicieuses choses que l'on te vend à longueur de temps, dont tu sais qu'elles sont nocives pour ta santé mais si bonnes...).

Tu n'es pas mince, et c'est ce qui rend heureux (et beau) le mannequin de l'affiche : maigris donc!
Mais attention : ne fais ceci que quand tu dois vraiment te montrer, car c'est dur : fais-le en été, pour le passage obligé par la plage (tu sais bien que tout le monde va à la plage en été, regardes dans les magazines! Qui aurait l'idée saugrenue d'aller à la montagne en été, à part les vieux? Et tu n'es pas vieux, la jeunesse c'est dans la tête...tu peux même te débarrasser de tes rides si tu le souhaites...)
puisqu'on vous dit qu'on aime les femmes(et qu'on les respecte)

Cette voiture est belle, elle est le symbole de la réussite, de l'élégance et du raffinement, mais jamais tu ne pourras te l'offrir : ça ne doit donc pas être ton cas...mais tu pourrais, si tu faisais tout pour! C'est ce que tu feras : tu travailleras plus, tu t'endetteras, tu te paieras (peut-être) le véhicule de tes rêves (ou qui s'en approche le plus, par dépit), et, quand tu commenceras à t'y habituer, tu te rendras compte que la version suivante, qui vient de sortir, est beaucoup, beaucoup, beaucoup mieux, finalement...je ne parle même pas de l'impact désastreux que tu as sur la planète en polluant comme tu le fais, avec ce carburant que tu es obligé de brûler dans ton véhicule, parce que tu n'as pas le choix...il faut bien une voiture pour aller travailler, et survivre, dans ce monde hostile, non? Ne t'inquiètes pas : les "véhicules écologiques", ou "éco-compatibles", et les carburants verts", les "bio-emballages" calmeront ta conscience, pendant un temps. Tout le monde sait que ce qui est peint en vert est forcément bon pour la planète, non? Comme le logo de cette station-essence...

Pandit partit d'un grand éclat de rire, ne croyant toujours pas ce qu'il voyait tout autour de lui, cette frénésie dans ce temple moderne, tous ces Gens qui auraient pu Être, tout simplement, au lieu de chercher à avoir....
Tous ces robots dans le brouillard de la conscience, vides comme des zombies. Ils étaient pourtant si beaux, mais se persuadaient que ça n'était jamais assez. Que jamais ça ne cesserait.

Ils étaient pourtant si matériellement heureux, mais se persuadaient du contraire (merci les flashs infos, savamment distillés un peu partout à longueur de temps, et leur longue litanie de faits divers sans fin...)
j'aime les femmes, le retour (dédicace spéciale pour Luciamel!!)

Ils étaient tellement pleins de Vie, d'énergie, mais la gaspillaient dans de si futiles choses, et s'accrochaient pour des futilités, se faisant mal pour des choses qui n'en valaient pas la peine, ou si peu...

Pourquoi, mais pourquoi en était-on arrivé là?

Pandit riait toujours quand il sortit du magasin, passant devant le vigile qui ne le vit même pas.

Au loin, deux Gens se disputaient pour une place de parking. Un gros monsieur sortit de son 4x4 flambant neuf, ivre de rage, et se mit à tenter de briser méthodiquement les vitres de la voiture arrêtée en face. Un jeune homme sortit alors du second véhicule, et ils commencèrent à se battre. Au bout de quelques instants, le gros monsieur tomba sur le bitume, le nez en sang ; l'autre continua à cogner, malgré les râles de souffrance du gros monsieur (et son nez ensanglanté).
Les gens regardaient; deux jeunes prenaient des photos avec leur téléphone portable. La compagne du gros monsieur hurlait, tentant de relever la grosse masse étalée au sol; celle de l'autre pugiliste jubilait, et invectivait le couple à terre .

Il était temps de retourner sur la montagne, et de méditer...

c'est sûr que vu comme ça..demain j'écris un billet pro pub

vendredi 17 septembre 2010

Burqa mentale

Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut voir, c'est bien connu.

Et même si d'aventure un talentueux chirurgien lui redonnait la vue, il ne pourrait toujours pas apercevoir les merveilles qui l'entourent.
Il resterait aveugle, car il ne veut surtout pas voir.
Un peu comme si un voile mental obscurcissait en permanence sa vision.

Dans le cas d'un personnage haut placé, cela va bien plus loin : à l'aveuglement permanent se rajoute l'épineux problème de la crédibilité perdue, et par là même celle de toute la nation qu'il est censé représenter... Puis, en dernier ressort, le ridicule fait son entrée.

Une entrée triomphale -ENFIN un triomphe pour ce gouvernement!

Et un ridicule In-ter-na-tio-nal.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ce matin nous avions la pêche : une nouvelle fin de semaine qui approche à grand pas, synonyme de repos bien mérité pour celui qui se lève tôt, que même un temps pourri ne réussit pas à gâcher.

On voit les optimistes...
Il y a des matins comme ça : pourtant, c'était assez mal parti, la veille...

Vous vous êtes couché épuisé, le coeur au bord des lèvres face à la surenchère sécuritaire totalement insuffisante injustifiée du gouvernement. Vous avez constaté, avant de vous écrouler telle une masse sur le grabat qui vous sert de couche, à quel point la société était pourrie, le monde foutu et qu'au fond c'était tant mieux. L'OM venait de se faire ratatiner une nouvelle fois (non pas que vous vous en souciiez, mais les voisins du dessus vous l'ont encore bien fait comprendre jusqu'à deux heures du mat').

La journée au boulot n'était pas mieux : entre le harcèlement du chef, les allusions graveleuses de vos casse-couill collègues de travail, et les classiques petits complots pour grands lâches, vous vous êtes royalement échiné à exécuter un travail sans âme histoire de percevoir ce qu'on appelle, sans honte aucune, un "salaire". Une "rémunération" qui n'a de risible que le nom et le montant. Ledit montant vous permettant quand même de ne bouffer des nouilles quotidiennement qu'a compter du 6 de chaque mois.

le Travail rend Libre
Le ridicule ne tuant plus, vous vous êtes totalement fourvoyé en réunion, une fois de plus, face à des coreligionnaires qui n'en demandaient pas tant pour se faire mousser devant la hiérarchie à vos dépens -une fois de plus.
Après une interminable après-midi passée à jouer au poker en ligne tout en faisant semblant d'être overbooké -un boulot de cadre classique, quoi-, vous avez manqué vous fracturer la cheville sur le pas de porte de votre "closed space", tout à votre précipitation de préserver, coûte que coûte, votre santé mentale, c'est à dire fuir le plus vite possible cet asile d'aliénés qu'on appelle "bureau".

Jean-luc, tu as encore oublié ça dans ma caisse

Bien sûr, de toutes les voitures garées sur le parking, seul votre tacot -pour lequel vous vous êtes endetté sur huit générations- a attiré la bande de sauvageons du coin, en recherche d'un "spot" pour se défoncer tranquillement (et vos portières avec, tant qu'on y est.).

Les bouchons n'ont jamais été aussi monstrueux -non, dantesques plutôt- que pour rentrer chez vous : quatre heures trente et dix-huit litres d'essence pour faire dix kilomètres.

faire la queue à la caisse...même le Dalai-Lama pèterait un cable
Le supermarché était bondé, et petite mémé devant vous a mis six minutes quarante-cinq secondes pour sortir son porte-monnaie, trente-six secondes supplémentaires pour l'ouvrir et sept minutes vingt-cinq pour recompter l'intégralité de son caddie -sans parler des coupons de réduction manquants et la Contestation Quotidienne sur l'oubli de la promotion du jour par cette conne de caissière (vingt minutes supplémentaires). Un viol de grand-mère sur le tapis de caisse plus tard (au moins tu voteras pour Nicolas en connaissance de cause! ), vous atteignîtes (j'ai vérifié, la conjugaison est correcte) enfin le taudis qui vous sert de refuge au milieu de toute cette folie.

Après l'engueulade traditionnelle de votre chère et tendre sur l'air du "mais pourquoi les hommes oublient-ils toujours la moitié des courses?", vous avez ingurgité un repas insipide -qui a au moins eu le mérite de réveiller votre ulcère, c'est déjà ça-, et vous vous êtes finalement écroulé non affalé sur le canapé du salon.

Vous avez regardé le journal de l'ORTF1 avec le plus grand désintérêt, comme d'habitude.

 Entre le nouveau caniche de Liliane Bettencourt, l'énième prothèse de Benoit XVI et le dernier lifting de Carla Bruni, vous vous êtes fait la réflexion que la population était un brin vieillissante en fRance, un peu comme les idées quoi, et qu'il faudrait peut-être s'inquiéter de savoir à quel âge vous prendriez ce qu'on persiste à appeler retraite, mais que vous voyez plutôt comme un rêve inaccessible...

Après un petit tour sur le ouèbe, vous vous êtes aperçu avec effroi que la réforme vous octroyant royalement le droit de vous crever deux ans de plus à la tâche venait tout juste d'être votée. Le lien s'est alors brusquement matérialisé dans votre esprit : vous avez réalisé que les gugusses qui bloquaient la circulation l'autre jour (et avec lesquels vous vous étiez battu) étaient en fait des manifestants et qu'ils défendaient un droit qui vous concernait aussi, mais que vous ignoriez.

Mimie Mathy ou Julie Lescaut?
Ceci acheva de vous convaincre de regarder le premier navet venu sur le poste -l'entrée en vigueur de la Hadopi ayant définitivement tué en vous toute velléité de téléchargement illégal, fût-ce celui d'un bon film- ,ce dans le but d'oublier cette petite voix qui commence à hurler de plus en plus fort dans un recoin de votre boîte crânienne.

Vous vous êtes réveillé sur le coup de trois heures du matin, en sueur et à moitié effondré sur le canapé du salon, après un vilain cauchemar où il était question d'ouverture de la chasse, au son absolument grotesque et pathétique du Cor de battue de l'émission désormais culte, "Histoires Naturelles".

La suite n'est que confusion : aller faire pisser le chien, siffler le chat, se brosser les dents en évitant le jet de dentifrice dans l'oeil, tituber jusqu'à la chambre et se tortiller, tel un boa constrictor, jusqu'à sa place dans le lit conjugal (qui ne se conjugue plus qu'au singulier depuis une bonne décennie), histoire de ne pas réveiller la  magnifique Juliette qui y est étalée de tout son long...et qui ronfle comme le sonneur dans "Histoires Naturelles", justement.
Puis, après la formule de politesse habituelle ("chier, tu m'réveilles!"), vous vous êtes finalement endormi du sommeil de l'injuste, aux côtés de l'être cher.

Drrrrrrriiiiiiiiiiiiiinnnnnneeeeeuuuuggguueuuuuu!!

Le réveil vous tire d'une de ces "nuits" de sommeil dont vous avez le secret : plus c'est court, mieux c'est !

Dehors, la pluie tombe en rafales, le mistral se prend pour l'ouragan Katarina, et le radio-réveil crachote les turpitudes du jour.

Il fait 12 fois son poids, c'est logique
"....las Sarkozy ridiculisé au sommet des dirigeants de la Zone Euro...
Contredit par la majorité des ministres participants, une très violente dispute l'a opposé à Monsieur José-emmanuel Barroso. Bien que le Président Français aie nié, quelques instants plus tard, avoir eu ne serait-ce que des éclats de voix avec le Président de l'UE, il s'est aussitôt fait désavouer publiquement. Il s'était en effet targué, dans son discours, d'avoir le soutien sans faille d'Angela Merkel sur la question des Roms. Information immédiatement  démentie publiquement par l'entourage de la Chancelière."
Vous ouvrez des yeux ronds, et montez le son du poste.

La douce voix de Juliette vous sermonne gentiment :"Chéééri, tu viens déjeuner, tu vas être en retard!
Vous répondez prestement à l'être aimé, tout en enlevant votre caleçon collé par les suées nocturnes et en filant sous la douche : "Minute, j'arrive!"

-Radio Ikea KnörFrungstedt, combiné radio FM étanche, possibilité d'écouter vos stations favorites sous la douche : réveil matinal garanti! Seulement 89euro90, page 159 de notre catalogue.-

Le Pschiiit! de l'eau dans les canalisations vous oblige à monter le volume; l'eau, bienfaisante, glisse sur le combiné étanche en même temps que sur votre peau. Quelque chose craque en vous -enfin, la libération de toutes ces tensions !

Le speaker reprend.

"L'Europe au bord du clash, la presse s'en donne à cœur-joie; l'opposition réclame la démission immédiate du chef de l'Etat. L'Élysée n'a pas réagi pour le moment. Mais les premiers soutiens ne se font pas prier,  notamment par la bouche de Frédéric Lefèbvre, Nadine Morano et Benjamin Lancar. Qui crient respectivement au complot romano-maçonnique, à la machination sôôôcialissse et à un nouveau coup tordu de la gauchosphère trosko-communiste.

-Ah, nous venons d'apprendre que les députés ont déposé une motion de censure contre le gouvernement, et que celle-ci est.....ADOPTÉE!!! Les  fêlons de la Droite Gaulliste se sont alliés au gaucho-communistes pour faire tomber le gouvernement! L'État d'Urgence vient d'être décrété par la Présidence de la République, qui se vote les pleins pouvoirs et reçoit le soutien massif de l'armée. Un couvre-feu permanent vient d'être instauré, "dans l'intérêt supérieur de la Nation" selon la formule du tout nouveau Premier Ministre, Monsieur Brice Hortefeux.

Discours de Confiscation Nationale
-Discours du Président Sarkozy en direct de l'Elysée, sur toutes les chaînes de TV et radio : "je ne laisserai pas les comploteurs Tzigano-Maoïstes et les terroristes de l'Ultra-gauche saloper ma présidence! Tout ceci est une ridicule tentative de putsch, j'ai dans cette enveloppe une liste de noms incriminant les principales têtes pensantes de l'opposition et des médias, en ce moment même des perquisitions ont lieu, des gens sont interrogés... L'Ordre va revenir, n'ayez pas peur mes chers concitoyens, je m'en occupe et j'irai les buter jusque dans les chiottes, avec les dents s'il le faut !"

-Un discours pour le moins étonnant de la part de Notre Chef de la Nation, vous ne trouvez pas Arlette? Quel volontarisme!
-Effectivement cela augure une bien sombre période pour les traîtres, cher Frantz-Olivier...une chape de plomb ne va-t-elle pas s'abattre sur notre pays?
-Attention à ce que vous dites, Arlette... ne mélangeons pas tout!

-Ah nouvelle interruption, on me signale une exclusivité, de notre envoyé spécial sur le terrain : nous apprenons que l'Assemblée Nationale est actuellement totalement encerclée par les chars Leclerc!
La Légion Etrangère vient de prendre position sur les principaux axes de la Capitale!
Les Champs-Elysées sont maintenant le théâtre de manifestations monstres, un groupe de plusieurs dizaines de milliers d'émeutiers menace d'envahir le champ de Mars! Les manifestants marchent sur l'Élysée aux cris de "Nicolas, on est là!!" L'armée a ouvert le feu! Je répète l'armée ouvre le feu sur les manifestants!
-Mais, que se passe-t-il? Quelle est cette lueur dans le ciel? qu.....AaAAAhhhh!!!!!!!!! ...................... .........................?........................ ?? ...................... ............................. ........................... ............... crrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrshhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh

C'est le bruit de l'eau s'échappant à flots de la salle de bains qui a alerté Juliette.
Il gisait au fond de la douche, les yeux grands ouverts, le sang s'échappant des narines et des oreilles...

Mais ce n'est pas cette image qui la fit hurler de terreur jusqu'à l'arrivée des ambulanciers.
C'était plutôt ce sourire absolument radieux qui éclairait son visage, comme jamais auparavant en vingt ans de vie commune. Un sourire qui ne le quitta pas tandis qu'ils tentaient la réanimation cardio-pulmonaire, et qui persistait tandis qu'ils l'allongeaient sur la civière, et qu'ils l'emmenaient à l'hôpital.

-"Rupture d'anévrisme causée par une accumulation de stress tensionnel dans le cortex pré frontal" diagnostiquèrent les médecins.
-"Perte totale des repères de la réalité, débordement psychotique à tendance névrotique et schizophrène. Le sujet se rêve perpétuellement dans un monde idéal, où tous les refoulements, frustrations et renoncements accumulés durant sa vie consciente peuvent enfin s'exprimer sans entraves....une espèce de voile mental."

-Diagnostic : état légumineux irréversible. Sujet dangereux pour la société.
-Préconisations thérapeutiques du collège d'experts (selon nouvelle Loi Bachelot-Sarkozy) : cloisonnement à vie avec mesure de sûreté en centre réhabilitatif fermé.

Juliette, je t'aime
Juliette pleurait.

Longtemps, elle porta le voile.

En signe de Deuil.




mardi 17 août 2010

Le Saigneur des Agneaux

Prologue-
Il suffirait d'un signe, d'un seul, comme le marmonnait si bien le chanteur d'origine immigrée Goldman.
Et le Peuple de fRance se lèverait enfin, et se prendrait par la main.
Au lieu de ça, il se contente de suivre le nain. Triste époque...
----------
L'histoire que je vais te narrer, cher lecteur, se passe en des temps reculés, à une époque où même la notion de temps ne voulait rien dire.

En ces temps-là, l'Humanité se divisait en 3 races, 3 castes qui se faisaient la guerre depuis une éternité, pour des raisons elles-mêmes oubliées. Une guerre impitoyable.

Il y avait les Supérieurs, ceux qui étaient au sommet. Nous savons très peu de choses sur ces êtres. Cette caste était la plus secrète. Le pouvoir, la richesse, l'abondance étaient pour eux. Ils ne manquaient de rien, et avaient la main sur tout. Entre eux, ils s'appelaient "solidaires"; nul besoin d'appel à l'aide, quand une difficulté survenait pour un membre de la caste, la réponse était instantanée.
Une des rares images encore existantes d'un Supérieur
-"Prends, nous te donnons, car tu as besoin. Nous savons que tu ferais pareil pour nous, si nous étions à ta place."
Et la caste des Supérieurs se maintenait, contre vents et marées. Car cette caste était celle qui comptait le moins de membres, la plus petite en taille, et cependant la plus importante en richesses détenues.

Et malgré cela, il lui aurait été inconcevable de partager ces richesses avec les autres classes. Car c'était la possession de ces richesses, mais aussi leur gestion, qui étaient l'essence même de l'existence de cette classe. Ce point éclairci, à quoi pouvaient-ils bien occuper leurs journées me direz-vous? Là, il y a autant d'avis que d'archéologues vous répondrai-je; pour ma part, je pense qu'ils devaient se battre au quotidien, pour conserver leur place. Et que cela devait être extrêmement difficile, l'existence de ces Supérieurs ne devait pas être une partie de plaisir!

Les volontaires pour en faire partie étaient nombreux, souvent recalés
En cela elle était aidée par la seconde caste, la caste des Soldats. Par soldats, il fallait entendre "ceux qui défendent et protègent les Supérieurs". Cette protection pouvait être physique (les soldats de police), auquel cas elle était un moyen de subsistance. Il leur était demandé de ne surtout pas réfléchir, mais d'agir. Cela peut vous sembler inconcevable, cher lecteur, mais c'est réellement ce qui leur était demandé! Et ils exécutaient cette mission sans états d'âme. En contrepartie, ils recevaient les moyens de subsister, ni plus ni moins, mais leur Quotient Intellectuel étant assez basique (les études du généticien Enrik Zemmour l'ont démontré), ils s'en contentaient  grâce au curieux concept de devoir, encore mal compris à ce jour.

Certains trolls offraient même des présents à leurs Maîtres!
La protection pouvait être aussi d'ordre mental, psychologique. Sur le terrain des idées. Les soldats qui remplissaient ce rôle étaient les plus dévoués, ils n'avaient en effet besoin d'aucune rétribution, ils faisaient cela par idéologie. Leur seul bonheur? Savoir que ceux qu'ils défendaient se maintenaient aux manettes, et que leurs idées triomphaient. Cela leur suffisait, un terme leur était spécialement réservé d'ailleurs: bénévoles. Entre eux, ils s'appelaient aussi trolls. Je vous jure que je ne raconte pas de sornettes, mais vous devez me croire sur parole. Dans notre époque où tout est monnayable, où le moindre service n'est plus gratuit (que veut dire ce mot aujourd'hui? à part pour une pseudo-promotion de paquet de lessive, je ne vois pas !), l'on a du mal à imaginer pareille chose, et pourtant c'est vrai : en ces temps reculés, des individus avaient à cœur de défendre ceux qui profitaient de la situation, sur leur dos. Mieux, ils les défendaient bec et ongles, et gratuitement.

Malheureusement je n'ai aucune preuve de ce que j'avance : tous les détails historiques sont perdus depuis belle lurette. Ne reste que ma bonne foi, dont je sais qu'elle ne peut faire que rempart, mes Chers Frères, en ces temps plus que troublés. Des temps de doute, d'incertitude. C'est pourquoi vous devez croire ce que je vous raconte : le chemin suivi par le passé est la plus sûre lumière au cœur des ténèbres du présent (ne cherchez pas, ça vient de moi Moi).

Et vous n'avez encore rien vu...souvenez-vous, je vous parlais de 3 castes, il en manque donc...une (merci à ceux qui suivent).

Et pas n'importe laquelle : la plus importante, à tous points de vue. La plus importante en taille, tout d'abord. Elle comptait la majorité des individus (plusieurs millions, voire même milliers de millions. Vous verrez l'importance toute particulière que revêt cette donnée numérique un peu plus loin.). Cette caste se distinguait par un autre aspect tout aussi étonnant : comparativement, elle possédait moins que la caste des Supérieurs, alors que c'était elle qui produisait la majorité des biens...oui vous avez bien lu!

Certaines parts ne sont pas visibles à l'image...
En volume, les richesses qu'elle se partageait étaient ridicules. Un terme étrange nous est parvenu du fond de cet âge de ténèbres : ils appelaient ce restant les miettes. Quoi qu'aie jamais signifié cette étrange expression, ils se "partageaient les miettes", comme nous avons pu le relever sur de nombreuses inscriptions cunéiformes de l'époque (les opinions divergent sur la nature de ces "miettes", pour cela il vaut mieux se reporter à la Grande Encyclopédie en ligne, vous y trouverez plus d'informations approuvées par les Instances au sujet de ces conjectures.).

Le plus étrange dans tout cela -et qui est un vrai sujet de débat parmi les archéologues- est que cette troisième caste (qui s'appelait  "la masse", mais était aussi surnommée "le troupeau", ou se désignait elle-même à certaines occasions comme "les moutons", encore une expression sujette à conjectures...) aurait eu la force du nombre, et les motivations pour renverser cet ordre établi. A cette époque en effet, régnait une hiérarchie qui faisait que la majorité travaillait, souffrait et se plaignait, mais n'agissait pas. Ou si peu, que de toutes façons ces efforts étaient carrément inutiles (voire paraîtraient  contreproductifs de nos jours, comme la thèse du politologue John Magloire semble si bien le démontrer dans son ouvrage  "Essai sur la Sodomie de mucidés dans la période pré-glaciaire et conséquences sur la détermination du sexe des abeilles", paru aux éditions Sarkochy,an 4852, tous droits réservés)
Cérémonie reproductive? attroupement religieux? début de révolte chez la 3eme caste? Les avis restent partagés et le mystère demeure entier-(gravure d'époque retrouvée sur les murs de ce qui semblait être une fosse d'aisances.)

Cérémonie de Maintien en Place
A ce stade, l'on peut s'interroger sur le pourquoi de cette absence de réaction, face à cette forme d'injustice extrême. Beaucoup s'y sont essayés (voir notamment les remarquables travaux du sociologue Fred-Eric Lefaible, ou ceux de la philosophe Marine LePeign), mais des doutes subsistent. S'agissait-il d'une remarquable manipulation de la caste des Supérieurs pour maintenir le statu quo? Ou d'un abandon progressif de toute forme de combativité chez les membres de la 3eme caste? Il faut dire que celle-ci était très bien divertie d'un côté , avec moult distractions fort élaborées, moults sujets de détournement de l'attention d'un côté, et bien maintenue en place de l'autre, avec, au besoin, l'aide fort appréciée et toujours très efficace de la seconde caste.

Ajoutez à cela un raffinement extrême dans l'individualisation de cette société (ce terme désignant le fait, pour un Être Humain de l'époque, de se comporter comme si il était seul au monde, de ne penser qu'à lui et à son cercle familial proche...je vois déjà vos mines effarées: et la Ruche-société ? Et la SarkoReine? Quelle époque de barbares, non? Heureusement que nous en sommes loin, chers lecteurs!) et vous comprendrez une chose -enfin! me direz-vous- : peut-être la combinaison de tous ces facteurs fit que cette société ne chuta pas grâce à ces citoyens, mais à cause d'eux...

Mais ceci est le chapitre d'une autre histoire.