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vendredi 10 septembre 2010

ROMance

Je bonjour à vous.
Je m'appelle Anja, j'ai 15 ans et moi je suis ROuMaine.

J'habite Paris, la capitale de la Patrie des Droits des Hommes. De la Lumière de Voltaire et des Douaniers du Ruisseau.

Moi je suis très heureuse de vivre dans le Paris...c'est une belle ville.
J'habite à l'hôtel avec mes amies Anca (16 ans), Dorina(15 ans) et Madalina(17 ans).

dans Voltaire il y a vol et taire...
Nous sommes 4 copines du sort, comme on s'appelle chez nous. Nous sommes très contentes toutes les quatre, vivre ensemble c'est très bien à Paris. Souvent les policiers nous demandent si on n'a pas peur, à vivre toutes seules comme ça, quatre filles dans une si grande ville? Parce que les policiers nous voient quelquefois : ils savent où nous trouver, même parfois Dorina se manque dans le métro -elle se fait attraper en train de "travailler"-,  c'est sûr alors direct, ils la reconduisent à l'hôtel tout le temps, et demandent à voir le "responsable". Mais nous on leur dit rien.

Ratko n'est jamais là quand ils viennent; on leur répond juste qu'il n'y a pas de problème, qu'on est "protégées", que le "grand frère" nous surveille, mais ils n'arrivent jamais à le rencontrer. Et quand ils insistent trop, on déménage le lendemain : Paris est une si grande ville! Il y a tellement d'hôtels, on ne risque pas de dormir dehors!
Alors rentres dans ton moulin...et cass'toi pôv mangeur de hérisson!
D'ailleurs je ne vois pas comment c'est possible que le président du pays il puisse expulser les "délinquants étrangers", donc surtout pour lui les délinquants c'est les Roms? C'est ce qu'il dit, mais je crois qu'il ne comprend pas bien : ceux qu'il jette dehors n'ont rien fait, ou si peu... et puis ils vivent en caravane, en famille, ces imbéciles... Ils n'ont pas compris pour éviter l'expulsion, il faut être malin! Dormir à l'hôtel, éviter de trop zoner, voilà les solutions vraies! En fait je vais vous dire un secret : ils ne sont pas comme nous.

Ne vous y trompez pas: ils se sont lavés uniquement pour la photo
Mais ça, ils comprennent pas : eux sont trop bêtes! Ils préfèrent loger entre eux, dans la caravane, ou le squatt. Ils préfèrent rempailler les vieilles chaises pour pouvoir s'acheter la Mercedes, gêner les amoureux au restaurant pour leur vendre des roses pourries, casser les oreilles des passants en jouant (mal) de l'accordéon et aller mendier avec le nourrisson dans les bras. Ils préfèrent lire les lignes de la main, vendre du gri-gri ou faire un peu de roulotte, deux-trois poules... Tu rajoutes la saleté, et l'odeur... quand il y en a un encore ça va, mais c'est quand il y en a plusieurs qu'il y a des problèmes.  Comme ils ne se déplacent jamais à moins de cinquante : forcément, ils gênent. Du coup, les gens s'énervent, et à la fin ils les jettent dehors, logique!

SCANDALE : même leurs animaux utilisent les petits pour apitoyer
Alors que moi et mes copines, on travaille. Discrètement.
On n'attire pas l'attention : on vit à l'hôtel, pas de vagues. Ou si peu (Dorina est pas très bonne "travailleuse"des fois.)

On se lève tôt, tous les matins : je fais partie de la France qui se lève le matin, comme l'a dit votre petit monsieur...

La journée commence à six heures : lever, petit déjeuner,toilette... Habits passe-partout, plan de Paris à la main, baskets pour courir vite.

les chinois eux font très fort avec les chats
Métro : on regarde les touristes. On repère, et puis on travaille. On change souvent de lieu, votre métro il est grand! Avec tous ces chinois qui essaient de nous piquer les meilleurs touristes, on n'a pas trop le choix de toutes façons. Plus on bouge, mieux c'est : Ratko n'arrête pas de le dire.

D'ailleurs il repasse tous les soirs : on lui paye la Protection, plus la Dette. Si il est de bonne humeur, si la journée a été bonne, il dit rien et s'en va. Parfois c'est moins bien, et il est colère : alors il faut faire attention. (Anca se rappelle bien de sa dernière colère.)

Avec Madalina, parfois on rêve. On pense à la famille, au pays. On essaie de leur envoyer un peu, histoire de mieux manger. On sait que la dette elle sera longue à rembourser, c'est pour ça qu'on travaille dur, sans faire de vagues. Un jour on retournera là-bas, et avec les honneurs, et on pourra se marier, tout ça...
Mais pour l'instant pas question : il faut rembourser, profiter qu'on est encore assez jeunes. Madalina sait bien qu'il ne lui reste plus très longtemps : elle essaie de mieux faire, mais c'est pas évident souvent.

Ça toi le Français tu peux pas comprendre : tu vis ici si bien, et tu souffres comme si tu étais plus endetté que nous toutes! Je te comprends pas.Tu devrais sourire et nous pleurer, et tu vois : c'est l'inverse. Tu as peur de nous, alors que tu ne nous verras pratiquement jamais, dans toute ta vie : c'est à peine si on s'intéressera à toi, un jour où l'autre. On ne te "travaillera" sans doute jamais : on préfère les touristes, c'est mieux fourni en liquide, et puis pas de chances de retomber sur eux le lendemain.

Grande-Baba me disait souvent : "Anja, ma bella, si tu souris comme ça tout le temps, la vie te répondra."
Je crois qu'elle avait raison : je suis bien, ici. Et je sais que je ne repartirai pas comme une voleuse !

C'est vous qui partirez avant nous....

mercredi 11 août 2010

Billet de nuit

A l'heure où l'honnête citoyen dort du sommeil du juste;
Une HONTE! Même pas un F majuscule...
à l'heure où le Français-qui-va-se-lever-tôt est soit sur son grabat, soit dans son lit
Au moment où les hordes de délinquants, à dominante majoritairement immigrée,
sortent de leur(s) repaire(s), tels des rustres....oiseaux de proie prêts à voler;
Quand le besoin de maille se fait plus que pressant pour ces racailles;
quand un rodéo en voiture n'est, une fois de plus, qu'un nouveau moyen, pour les ordures
d'exprimer la haine, le dégoût, le rejet
de nos Belles Valeurs de Français.

Alors OUI, à ce moment là, j'avoue, toute honte bue, je suis sorti, moi aussi.
Je me suis vautré dans la sordide fange que constituent les plus sombres heures de la nuit.
de l'art de viser là où il faut
Celles réservées à la BAC, aux contrôles de pôlis', aux virées entre potes, aux coups en série
mauvais comme la gale, foireux comme l'ennui, d'une bande de voyous à mauvaise(s) (en)vies.

J'ai pressé le pas, vite vite surtout ne pas faire face
à la Horde, au grondement sauvage de la masse
d'individus louches, de prêts-à-tout pour bouffer
égorgeurs, coupeurs-de-gorge, branleurs de quartiers,
dealers de bas étage, violeurs, tourneurs-bookmakers de ces caves pleines d'humidité

Nul Karcher à l'horizon, de policier nul klaxon
je suis seul, il est deux heures, dans le quartier des Pinsons
attention au marchepied
bourgeois, bourgeois, viens par ici, que j'y mette mon poinçon
je les entends,à mon oreille qui murmurent, sinistres échansons

"Vous serez déchus! qu'importe la taille dans l'administration
désormais, si au moment des faits, il y a préméditation
les gars en armure vous trouveront, futurs bénis escadrons
ils nettoieront Nos Rues, de cette in-fes-ta-tion.

Je suis rentré chez moi, haletant, le teint cireux,le souffle coupé.
Je les entendais presque! Ils allaient m'attraper
ils m'auraient fait bondir, rebondir, et entre eux retomber
pauvre marionnette que je suis, pauvre pantin que j'aurais fait!

Enfin j'y suis! Bénie porte blindée!
Sac fébrile, clés qui tintent, battant refermé
à la hâte.
La panique aux oreilles, j'ai regardé l'horloge,elle s'est mise à sonner
Une heure cinquante-neuf. Et toujours pas de rapt!

L'heure du crime qui n'a pas eu lieu,
du délit qui a fait long feu,
d'une peur qui s'effiloche
comme le fil de bave sur la joue d'un morveux.
dééééédiiiikassss!!!