Nous sommes absents : dans le passé nous nous reconnaissons, dans le futur nous nous projetons.
Paris by night...
Comme des phalènes attirés par cette lumière qui à chaque fois s'éloigne, nous courrons. Nous voletons, de ci-de là, dans le métro, au boulot, au "repos".
Même en dormant, nous pensons : nous rêvons, refaisons mille fois le chemin, le fil décousu de notre existence se dévide devant les yeux embués de nos semblables.
Nous sommes comme ces papillons en devenir, dans nos cocons accrochés aux roseaux du marais, nous luttons contre le courant, surtout ne pas lâcher, ne pas céder, ne rien faire d'autre que se concentrer sur la prochaine échéance...prisonniers du mental.
Nous ne sommes pas souvent là : le présent est notre seule réalité, mais qui le vit vraiment tel qu'il est, chaque seconde qui passe, sans se projeter dans la suivante, où se référer à la précédente?
Reconnaître chez n'importe quel(le) autre cette qualité : tu es comme moi, frère ou sœur, homme comme femme, enfant comme vieillard, amants comme solitaires, soldat comme moine, mendiant comme milliardaire... ton sang est identique au mien, l'air que tu respires, les larmes qui perlent à tes yeux, le soleil qui te réchauffe, la nourriture que tu ingères : tout est déjà passé à travers moi, comme à travers toi.
Si un vieillard barbu tout-puissant nous regardait du haut de son nuage, que verrait-il? Pleurerait-il, ou s'esclafferait-il?Y réfléchirait-il à deux fois, avant de repartir pour un tour?
Et si la Khali indienne, la Mort aux multiples bras, se plantait devant vous, en une invite maternelle, que feriez-vous? Vous enfuiriez-vous en hurlant, ou iriez-vous en souriant, sans peur, sans haine, avec conscience que l'heure est arrivée, et qu'il faut la vivre pleinement?
Nous partageons tout, nous l'avons toujours fait et le referons encore et encore : même la terre à laquelle nous retournerons tous, un jour, nous mélangera, en son sein nous nous retrouverons. Amis comme ennemis, héros et traîtres, nous venons tous du même endroit et y retournerons quoi que nous fassions.
Inutile de lutter, car au fond il n'y a que joie.
Si nous regardons bien, nous l'avons toujours su : il suffit d'ouvrir les yeux, d'abandonner la peur, d'évacuer le doute, de nier la négation, et la Vérité est là, toute nue.
Nous sommes faits pour aimer : nous aimer nous-mêmes, tout d'abord, car nous sommes Un et Un est le Tout. Aimer les autres, ensuite. Tous les autres, inconditionnellement. Pour le simple fait d'aimer, de reconnaître en l'Autre une parcelle de Soi.
Si nous réalisons cette promesse, nous ne serons plus jamais seuls ; nous ne souffrirons plus. Nous vivrons, vraiment.
Libres, éternel et vivants : c'est l'héritage du présent.
--Bises et amitiés sincères à Lucia et à Julien, deux personnes de cet univers 'bloguesque' auquel j'aime imaginer, croire que j'appartiens, parfois, quand il me prend l'envie de coucher mes états d'âme ailleurs que sur du papier... deux personnes que j'ai eu la joie de pouvoir rencontrer en vrai, cette semaine, deux esprits dans cette ville des Lumières souvent peuplée d'ombres, d'anonymes, de fureur, de bruit et de beauté. Ce furent des moments sympa, la rencontre "en vrai" nous recentre sur ce que nous sommes, et ce que nous projetons vraiment. Sur nos rêves, nos coups de gueule et nos certitudes : nos envies, nos espoirs, mais aussi ceux des autres. De tous les autres, de ceux qui souffrent comme de ceux qui jouissent. Et il y en a tellement.... Tout ce qui fait que j'ai encore foi en l'Homme, que j'ai "envie d'aider", que je choisis ce chemin de vie, définitivement, malgré le fait que les nuages s'amoncellent, que "Winter is coming", ça j'en suis sûr -et je ne suis hélas pas le seul à le penser.
Après ce constat partagé, peu reluisant que "tout empire" (constat au demeurant fait autour d'une super bonne bouteille de merlot, ce qui aide à la réflexion ^^) , que faire, à notre humble niveau? Renoncer, continuer, avancer avec les maigres outils dont nous disposons? Savoir où est notre place, savoir se situer est déjà un grand pas : à Gauche, oui, mais quelle Gauche? Et qu'avons nous envie de faire? Que sommes-nous prêts à faire? Devons-nous nous recentrer sur nous-mêmes, là où il y a déjà beaucoup à faire, ou au contraire aller plus loin, porter le combat sur d'autres territoires? Faire aveuglément confiance aux médias "alternatifs", au web (qui d'ailleurs nous a permis de nous rencontrer), ou plutôt demeurer méfiants, vigilants, "critiques" car nous vivons une ère ou beaucoup de choses sont "manipulation" ? Que de questions, et autant de réponses, et ainsi tournent les choses...
Paris by day
C'est déjà pas mal de le reconnaître : malgré nos différences, malgré toutes ces menaces, malgré nos doutes et nos peurs, la rencontre est toujours enrichissante..et rassurante! Je ne souhaite qu'une chose : qu'il y en ait plein d'autres!
Un cycle infernal : voilà comment je décrirai ma relation avec les femmes.
Pardon : avec LA femme.
Juliette a toujours été une anti-muse pour moi : celle qui me fait tellement bredouiller que les mots ne s'écrivaient plus sur la page. Le blanc qui vient.
franchement c'est ridicule : après ça je crève la dalle moi!!
Juliette est comme le mets le plus délicat, le vin le plus sucré, le plat le plus appétissant : irrésistible, bien que l'on sache que forcément, on va s'y perdre corps et âme. Corps car on va prendre quelques grammes supplémentaires sur la taille et/ou le bedon (mais c'est si bon de manger!) et âme car on va rester ébahi, une fois de plus, ébloui par ce satané chamboulement hormonal qui nous fait perdre tous nos repères. La raison qui s'efface, à l'approche de la femelle Femme, et ne reste plus qu' un pauvre idiot dont les sens sont chavirés par le désir. Prendre, posséder, jouir et ne plus avoir peur, dans ces fugaces instants d'abandon, de l'Amie Véritable qui s'appelle Solitude. Tout en sachant que, un jour ou l'autre, c'est la seule amie qui nous restera : elle reviendra toquer à la porte, soyez-en sûrs!
Le mal de notre siècle, cette Solitude, tiens... Qui pourtant oserait affirmer, de nos jours, en me regardant droit dans les yeux, qu'on ne naît et qu'on ne meurt pas seul, en fin de compte?
hallucinant : Bush était un Grand Homme
Quelle personne qui pourtant, ne le sache pas au fond d'elle-même : tout entouré soit-il, le plus puissant des oligarques, le plus grand des présidents (ou le plus petit, si vous avez pensé comme moi, à l'instant ou j'ai prononcé le mot "président"...), la plus adulée des stars... tout le monde devrait s'avouer que l'Etre Humain est un animal désespérément social, qui au final ne fait que jouer une comédie à ses semblables et à lui-même. Une Comédie Humaine, qui sort tout droit de son cerveau reptilien, pas totalement résorbé malgré les quelques millénaires d'évolution qui nous séparent des grands singes.
Je parle de tout au fond là, oui, bien en bas dans ce recoin le plus sombre de toi-même, cher ami, cher lecteur(euse), tu le vois? Veux-tu y descendre avec moi? Essayer de le toucher du doigt, histoire de voir à quoi ça ressemble vraiment : histoire de comprendre où tu en es, de tes peurs, de tes doutes, de tes paniques, de ton animalité refoulée?
Veux-tu seulement essayer de l'effleurer?
meuhnon boordel, pas celui-là...ô désespoir!
Si tu me réponds oui, alors je ne te dirai pas "BRAVO!!", je poursuivrai juste en te répondant : bien, tu y es, tu le ressens, continuons donc un peu. Là, tout au fond, maintenant que tu es descendu au plus près de cet affleurement qui constitue une part essentielle de ton "humanité", il va falloir te dépouiller de tes frusques mentales. Oui, de ces voiles que tu as patiemment tissés, jour après jour, minute après minute, mois après semaines, années après décennies. Impossible? Non! Difficile certes, mais certainement pas infaisable. Encore faut-il en avoir envie...à celui qui me demanderait "mais pourquoi devrai-je faire cela?" je répondrai : va donc relire cette maxime "connais-toi toi-même". Certes, le gars n'est plus très frais (2 500 ans au compteur tout de même), mais sa "morale" a traversé les âges...pas mal pour quelqu'un qui était sans doute plus proche du singe, physiquement (Socrate était paraît-il très laid), mais aussi évolutivement parlant, que nous ne le serons jamais, nous Hommes de 2010...
Pardonne-moi la digression sur Socrate (destinée à te montrer que "moi aussi, j'en ai dans le ciboulot" en même temps qu'elle satisfait chez moi un égo que je sais surdimensionné), continuons donc notre exploration : arraches-donc ces voiles mentaux de merde, dont tu t'es paré pendant tant années, afin d'entrapercevoir ton Moi le plus intime, ce truc que tu t'efforces de cacher, et avec raison, depuis si longtemps. Je dis avec raison, car cette démarche est dénuée de toute sensiblerie : ici, on n'est pas sur le plateau de "Sensiblerie-Show" du samedi soir.
J'aime beaucoup ce que vous fîtes
Nulle envie de s'apitoyer sur soi-même et de le faire partager à la France entière, nul besoin de tirer la larme à la ménagère de moins de cinquante balais vautrée sur son canapé Ikea, qui toute la journée digère avec indifférence la misère et la sauvagerie de ce monde sans sourciller, mais aime bien faire fonctionner ses canaux lacrymaux de temps en temps, devant une bonne saloperie bien sordide, histoire de vérifier qu'ils ne sont pas bouchés... Ici, le but est d'en chier (CHEF OUI CHEF!!!) et, comble de l'ironie, de la galère et du désespoir de l'Homme Civilisé, Moderne et égoïste que nous sommes nous les "Occidentaux", de ne même pas partager cette souffrance, cette douleur, ce chemin de croix que nous allons nous infliger.
Et aux petits malins qui m'objecteront que c'est ce que je fais, en balançant ce billet nauséabond ici-même, je répondrai : m'en fous, suis anonyme. Et c'est le but, justement, tiens.
Bien sûr, en chier n'est qu'une partie du chemin. Il y a toujours un but premier (en chier), mais aussi un but Supérieur à toutes choses -notre présence ici bas? en chier mais aussi... chacun mettra ici ce qui lui convient- et ne croyez surtout pas NON SURTOUT PAS que vous n'avez pas la capacité de le connaître, ou de le déterminer, ce but premier. La connaissance de ce but Supérieur n'est pas réservée aux seuls initiés (ou gourous, si vous préférez), mais à tout le monde : il suffit d'en avoir envie. D'avoir envie d'arracher tous ces voiles, de se mettre à poil, de se mettre en face du miroir, d'allumer la lumière et de contempler.
Le petit truc tout recroquevillé là, qui essayait désespérément de se cacher, dans le noir et l'oubli, de dissimuler sa présence à votre regard. Ce petit truc, maintenant dépouillé de ses nippes mentales -que vous aurez consciencieusement jetées au feu, le feu de joie est autorisé- commencera alors à se redresser. Et vous vous apercevrez, avec plus ou moins d'étonnement, qu'il n'est pas si petit que cela, ce machin. Qu'il est même 'achement balèze, qu'il continue de grandir, de se déployer, il ouvre ses ailes (que vraiment il porte très bien!), il commence à occuper de plus en plus d'espace, à étouffer même dans ce carcan qu'on lui impose, cette prison aux milles visages, cette cage aux milliers de noms : société, codes, convenances, usages, obligations, travail, famille, patrie, lois, coutumes, normes, restrictions, tenues, uniformes, menaces, crise, précarité, chômage, croissance, développement durable, éco-compatibilité, amour romantique, consommation, Saint Valentin, Noël, Jour de l'An, religion, libéralisme, politique, économie, laïcité, bien-pensance , ......................
Et la prison vole soudain en éclats.
hisser les voiles : ok ok, encore un jeu de mots à la noix et je sors
Vous êtes alors vous-même, et plus rien n'a d'importance, à part ça. Vous volerez au-dessus de la mélée, tel un aigle égoïste, mais heureux. Solitaire mais pas seul, car connecté à ce qui vous constitue, hors des matérialités communes : terre, air, eau, et feu intérieur. Vous réaliserez que vous êtes, quelque part, illimité, et même la mort ne vous fera plus peur. Vous en aimerez d'autant plus la Vie, tout ce qui vit. Le moindre petit caillou aura sa part de sacré, le plus petit brin d'herbe autant d'importance que le plus grand des fleuves, et qu'importe si les autres ne veulent pas le voir : vous saurez, d'expérience, que cela n'a pas d'importance. A chacun son cheminement, après tout toutes les visions se valent non? Mais il est vrai que la vôtre seule aura cette acuité, cette vivacité, cette véracité. Ce petit quelque chose en plus qui fera que les "gens", les "autres", ceux "du dehors" lèveront les yeux en vous apercevant. Les personnes du sexe opposé (ou pas) vous remarqueront à nouveau, car vous irradierez de cette lumière intérieure dont elles manquent tellement.
Et, de nouveau vous re-ferez : ce que vous avez abandonné, par lâcheté, par routine, par peur bien souvent. Vous vous y remettrez, avec l'énergie du désespoir, avec la Foi de ceux qui savent qu'ils sont damnés, et qui l'acceptent avec joie en disant : et alors? C'est quand que tu me ressers un verre de cet excellent Château-Laffitte bordel?
Vous re-deviendrez Celui que vous êtes vraiment, qui s'était juste endormi, recroquevillé sous le tas de guenilles que la société lui avait refourguées. Étouffé par les habitudes, les petites compromissions quotidiennes, par la force de la routine qui vient à bout même des aciers les plus résistants, vous aviez cédé. Peu à peu, vous vous étiez avachi : désormais on ne vous y reprendra plus, c'est carrément impossible car vous êtes dépouillé de ces oripeaux inutiles.
Et à nouveau, vous aimerez : vous donnerez sans compter, intensément, car on ne peut pas vous refaire. Vous êtes et resterez comme ça, illimité, excessif dans tous vos actes, de plus en plus lumineux car vous avez constamment besoin d'émettre dans le visible, aussi bien que l'invisible. Il faudra qu'on vous remarque, car vous ne pourrez pas passer inaperçu, non pas après toute cette souffrance, après cette mue si spectaculaire!
Le compagnon/la compagne que vous ne tarderez pas à rencontrer, les amis que vous vous ferez, immanquablement, tous les succès que vous aurez en ce bas-monde social, tout, tout vous sera offert sur un plateau d'argent. Étrange paradoxe, qu'un simple état d'esprit puisse changer une vie à ce point non?
Vêtu de quantité d'atours mirifiques, mais le coeur en berne, et rien.
A poil, nu comme un ver, mais la tête dans les étoiles : tout.
Ce que Dieu donne, fatalement, il le reprend.
Tôt ou tard, Il passera un coup de balai sur la piste.
Je dédie cette pathétique tentative de réconciliation avec moi-même à toutes les Juliette qui ont croisé ma route. Et plus particulièrement à la dernière : tu avais raison, il n'y a rien à faire! Si ce n'est tenter de se trouver. Et maintenant, je sais, et je n'ai plus peur (à nouveau...): merci pour tout ! Tant que j'y suis, je dédie aussi ce billet à Luciamel, que j'aime (apprécie?) beaucoup, sans la connaître de visu : prends ceci, ma soeur d'écriture, si tu me le permets; et fais-en ce que tu veux, mais sache que la vie est belle, malgré tout! Même si elle est triste, elle peut être belle -ça n'est pas incompatible...