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jeudi 5 août 2010

Bouffées délirantes

Il me revient en mémoire une phrase de Mongénéral, moins connue que la bovine comparaison, qui, en son temps, fit fureur. Ainsi, "je vais répondre à une question qui, au fond de la salle, ne m’a pas été posée."
 

Vous avez sans doute entendu parler de Kim Jong Hun, l’(ex) entraîneur de l’Equipe Nationale de Corée du Nord à la dernière Coupe du monde de foutebôl.
Eric W., touffu tifosi de l'équipe portugaise parmi d'autres
Vous n’êtes pas sans ignorer le (juste) sort qui lui a été réservé, suite à la leçon d’Indignité Nationale qu’il a infligée à sa Patrie. Je dis bien « il », car il est évidemment le seul responsable. Pour mémoire, l’équipe Nord Coréenne s’est inclinée dans tous ses matches. Après un honorable 1-2 contre le Brasiyu, un incompréhensible 0-3 face aux zoulous en tongues de la Côte d’Ivoire, l’enfoncement définitif dans les abysses de l’humiliation absolue a été atteint avec un minable 0-7 face aux velus yétis du Poultouguâal.


Préparation à l'accouchement version Nord-coréenne
Immédiatement après cette défaite, le scélérat a été rapatrié par avion sanitaire jusqu'aux verdoyantes contrées de la Patrie meurtrie, et convoqué, avec tous ses joueurs, pour une séance d'explications musclées avec les 400 sodomites personnels du Grand Leader Kim Jong Il dans les douches de son Palais Présidentiel.
La séance aurait duré six heures, et, après que tous les joueurs aient reconnu que "c'est Kim qu'a la plus grosse", ils auraient également noté que "c'est l'entraîneur qui a la pus petite". Et décidé son expulsion instantanée du Parti, puis son reclassement immédiat dans la mine de sel la plus proche.

Heureux Kim Jong Hun! Qui peut en effet se prévaloir d'un tel traitement de faveur, au milieu de LA crise économique du millénaire? Avec un taux de chômage qui tutoie les cimes de l'Himalaya,  pouvoir retrouver un emploi aussi facilement relève d'une gageure! Ou du piston le plus éhonté -moi je dis ça, hein...je ne dis rien, les lecteurs jugeront!

La vraie tête de Turc, c'est lui!
J'en connais un qui doit être vert de rage, mis dans une situation similaire par le Peuple Français tout entier, imaginez-le, venant de perdre la main sur son équipe...
Mettez-vous à sa place : il se retrouve enc acculé, dos au mur, sans aucune marge de manoeuvre. Sous le flot des critiques, la pression se fait de plus en plus forte : des conversations indiscrètement retranscrites dans les médias achèvent de faire éclater le scandale.
"Tout ceci n'est qu'affabulations! Ces propos auraient dû rester privés, et non pas être livrés sur la place publique, par on ne sait quel traître!"
Il s'emporte, mais rien n'y fait. Un énième mouvement d'humeur de ses joueurs, qui pourtant, il y a peu encore, donnaient à la Nation l'image d'une équipe soudée, achève de révéler aux masses éberluées sa vraie nature : non, ce type n'est pas un meneur d'hommes, comme il a bien voulu nous le faire croire! Tout au plus, un meneur de revue. Un enfumeur! Ils nous ont tous bien baisananés, lui et son "équipe!"

On le voit d'ailleurs : au fur et à mesure que le scandale s'étend tel une nappe de pétrole dans le golfe de la Louisiane, incontrôlable :ses troupes commencent à le lâcher, il devient nerveux, irritable, agressif;  il se replie sur lui même. Commence à rendre coups pour coup, de manière totalement disproportionnée.

La façade se lézarde, on entend le mot démission, et là, oui là, à l'instant T, au moment M, les vieux réflexes reprennent le dessus, le Moi Profond ressort enfin en pleine lumière...

Apothéose : "immigration, coupure d'allocs, vidéosurveillance, police, milice, Sécurité, déchéannnceuuhhhh, SÉCURITÉ, SÉÉÉCUUUURITÉÉÉÉÉ!!" Ça y est, on y arrive! Gilles de la Tourette avait raison, je le cite : "le syndrome peut parfois donner des allures de rémission. Il n'en reste pas moins prégnant, en sommeil. Et peut ressurgir à tout moment, avec une virulence décuplée par la mise en veille."

A ce moment là, Cher Lecteur, toi aussi tu peux répondre à cette question : "Cet homme était-il apte à mener l'Équipe de France à la Victoire ? Où la défaite était-elle inscrite dans ses gènes?"



La poser, c'est y répondre.