Que je ne suis jamais content.
Que je dénigre constamment, et ne propose rien (ou si peu).
Il est vrai que c'est facile de rester derrière un clavier pendant que d'autres manifestent, se battent et luttent dans la rue.
Cependant...au risque d'en décevoir certains, je vais la jouer (un peu) plus sérieux que d'habitude, aujourd'hui.
Les manifestations d'aujourd'hui, mardi 7 septembre, suscitent beaucoup d'espoir. Selon un récent sondage, entre 60 et 70% de (bons) français (de souche) seraient "en sympathie" avec les manifestants. Ils approuveraient même la nécessité de manifester : étonnant, dans un pays où d'ordinaire, les mot "grève", "arrêt de travail" et"manifestation" font immédiatement ressortir les seaux de goudrons et de plumes, des lueurs de haine dans les yeux et la bave aux lèvres, et donnent des crises d'urticaire géant à la majorité de "la France qui se lève tôt"...
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Sortez la tête, madame, ça passera mieux! |
Et pourquoi? Mais la réponse coule de source, chers concitoyens bien-aimés : la France a peur. La France est désunie. Les français font caca dans le pantalon, passqu'y savent pas quand c'est que tombera le couperet, et que dans leur for intérieur, ils n'espèrent qu'une chose : qu'il tombera sur la tête du voisin, le couperet. Peut-être qu'en rentrant un peu plus le cou dans les épaules...
Alors oui, maintenant que la cause est entendue, qu'est-ce qu'il va encore nous proposer çui-là! vous interrogez-vous (ne niez pas, je vous entends, même de très loin). Il va encore dire qu' "il est nécessaire de s'unir, de tous ensemble descendre enfin dans la rue, etc etc" bref le discours classique du vieux cégétiste attardé, resté bloqué au temps de Georges Marchais!
Raté! Presque ça, mais avec une tite nuance quand même : oui il faut s'unir. Oui il faut tous descendre dans la rue. Oui il faut se rebeller, se révolter, pour enfin mettre en place
MAIS (désolé ça me démangeait ) ça n'est pas en balançant un énième pétard mouillé (un jour de grévounette par-ci, une minute d'arrêt symbolique par-là, "oh excusez-moi missié patwon de faiw gwève mais ni vous zinkiétez pas démain, je repwends le twavail ni vu ni connu! et en plus, je rattwaperai le boulot en retard"...) que nous gagnerons quoi que ce soit.
A part désamorcer le peu d'énergie combattive qu'il nous reste, cela ne sert à rien, et Nicolas le sait très bien -Raymond Soubie le lui a dit, et lui a montré comment faire, et ce dès le début 2009.
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Ci-gît l'esprit combattif des Français, recueillons-nous... |
J'en vois déjà certains rétorquer : alors, qu'est-ce que tu proposes? C'est mieux que rien, un jour non? et puis les français sont tellement difficiles à bouger...
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je travaille mes biceps pour aller casser du crs |
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Ces feignasses de mexicains l'ont fait, pourquoi pas nous? |
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ne pas croire ceux qui ont la langue trop pendue... |
Il nous reste donc quoi, comme alternative? Ehh bien je dirais, ou rentrer la tête un peu plus dans les épaules, et espérer que la lame va passer à côté (dans ce cas, prévoir également un gros tube de vaseline, car ils ne veulent pas que notre tête, le reste aussi les intéresse...).
Ou bien croire encore en la démocratie et attendre sagement 2012, pour espérer pouvoir choisir entre Nicolas, DSK, Ségolène ou Martine (ce qui en gros revient au même, les marionnettes étant parfaitement identiques à l'intérieur, seuls les noms et les visages changent).
Ou bien espérer en une révolution (dans ce cas, prévoir un coussin anti-hémorroïdes en plus, car vous risquez d'attendre longtemps, longtemps...)
Attendez! ne partez pas vous suicider (pas tout de suite), je n'ai pas fini!
Ou bien préparer dès maintenant la France d'après-demain. Cela pourrait peut-être consister à répandre la bonne parole autour de nous en attendant des jours meilleurs. Essayer de faire réfléchir nos concitoyens chaque fois que nous en avons l'occasion. En disant "faire réfléchir" je sais que ce que j'affirme là (hormis le côté fortement péremptoire) est presque mission impossible, surtout dans la France de 2010, mais ne désespérons pas : il existe de multiples occasions, tout le temps et en tous lieux. Et parfois, ça marche!
Sera-ce suffisant? Si nous nous battons quotidiennement, peut-être. Le but? Faire réaliser au maximum de personnes que ça n'est pas avec un jour de grève que ça changera. Pas de pointillés. Préparons nous, pour plusieurs semaines de grève dure, si nécessaire. Car il n'y aura que comme cela que le roseau pliera et cassera enfin. Alors là oui, je descendrai dans la rue le premier.
Car on n'a rien sans rien -même pas un Ipad, vous avez vu le prix que ça coûte cette merde?? Scandaleux!.
Sinon, j'avais aussi pensé me construire une cabane au fin fond du Vercors, au cas où...
Sympa ton blog.
RépondreSupprimerj'ai tout bien lu sans zapper (est ce que je suis normale dans notre société), et comme j'ai dépassé le 13ème paragraphe j'ai suivi tes conseils et évité de me suicider. Mais la grande solution me laisse un peu sur ma faim.
Voici la question qui me taraude : pourquoi ne suis tu pas les mots d'ordre de la CNT ou de la FA : grève générale reconductible?
Tu attends de quelle sorte d’Instance le mot d'ordre déclenchant le matin du Grand Soir?!
Bonne continuation
Louise M
salut à toi et merci pour ton commentaire...
RépondreSupprimertu veux savoir ce que j'attends? Tu n'as pas bien lu mon billet alors...
Je ne prétends pas détenir LA "grande" solution comme tu le dis,si je la possédais tu penses bien que je ne serais pas ici à me lamenter, soit dit en passant tous les syndicats la cherchent depuis des années et ne la trouvent pas...
Je suis moi-même impliqué syndicalement (même si parfois je me demande ce que je fous encore dans cette mascarade, et ce de plus en plus) et j'essaie d'attirer sans cesse l'attention des "instances supérieures" sur ce fait: réfléchir à de nouveaux moyens d'action.
Car le problème est que nous nous battons en 2010 avec des armes de 1940, aujourd'hui la grève ça ne fonctionne plus, ni auprès du pouvoir ni auprès des gens concernés.
Mais ça ne veut pas dire qu'il faille baisser les bras(bien que parfois j'en aie vraiment envie).
Pour répondre à ta question je ne pars pas en grève reconductible parce que là où je bosse, sur 2500 personnes nous serions sans doute 20 à la faire et que je n'ai pas envie de passer pour un con(en plus que ça soit totalement inutile). Je sais pertinemment que le "Grand Soir" n'arrivera sans doute pas avant longtemps, mais qu'entre temps d'autres formes d'actions, plus adaptées qu'une journée de grève par-ci où par-là, sont possibles (et souhaitables. Et je pointe aussi le fait que la plupart des dirigeants syndicaux font semblant de l'ignorer:il s'agit en fait de collaboration avec le pouvoir pour maintenir le statu quo. A nous de faire bouger la base en inventant d'autres moyens d'action...parce qu'eux ne le souhaitent pas.
J'aime bien "la vie de nolife", putain ça semble vraiment si proche d'une réalité vécu par pas mal de gens...
RépondreSupprimerBen oui. Pas de solutions. Ah ben si, nous, et puis continuer à y croire un chouille...
AAAhhh QQQUOIII ??? Bêlent les révolutionnaires du haut de l'institution scolaire dans laquelle ils baignent (un peu trop à mon goût)
- ben en une EVOLUTION, PATATE, au moins, en un truc qui arrête de virer les gens sous prétexte de race, en un truc qui ne transforme pas les chômeurs en criminels potentiels ou en danger du fait de cette sorte d'existence libre qu'ils ont choisi (ou que malheureusement ils subissent), en un truc qui ne transforme pas les salariés en rouages systémiques prêts à sucer des bites, en gros en l'idée d'une société qui ressemble à quelque chose qui pourrait être POSITIVEMENT humain, le reste hein...
c'est marrant mais appeler quelqu'un "nolife", c'est quelque part le décrédibiliser, lui coller l'étiquette de feignant sur le dos(un feignant en plus grand). Sauf bien sûr quand ledit nolife le revendique lui-même, ce qui du coup, n'entre pas dans LA logique qu'ils voudraient nous imposer..; Quand le nolife (en général jeune) REFUSE tout simplement une société qui ne cherche qu'à le broyer, le pressurer pour le faire rentrer dans les rails... Le "nolife" c'est aussi, quelque part, le marginal du XXIème siècle, celui qui dit "je m'exclus de votre société car elle ne me revient pas" mais qui le fait en utilisant les pires moyens de ladite société : ceux du numérique, de l'esclavage virtuel de ce siècle. Car c'en est un. Même si beaucoup n'en ont pas conscience, c'est un asservissement de l'esprit et du corps, qui fait que le "vivre ensemble" a pratiquement disparu... d'où la situation de me**e dans laquelle nous sommes : plus personne ne bouge. Individualisme, quand tu nous tiens..(je m'inclus aussi, quelque part, dans le lot hélas)
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