vendredi 30 mars 2012

Peut-être...

C'est l'histoire de cet homme avisé, qui avait gagné une Ferrari à la loterie.

Sa famille et ses amis, tous très contents pour lui, étaient venus célébrer cela chez lui.

« N' est-ce pas formidable ? » disaient-ils. « Quelle chance tu as ! »

L'homme sourit en disant : « Peut-être. »

Pendant quelques semaines, il eut beaucoup de plaisir a conduire sa voiture. Un jour, un conducteur ivre entra en collision avec lui a une intersection et il se retrouva a l'hôpital avec de multiples blessures.

Sa famille et ses amis vinrent le voir. « Quelle malchance ! », lui dirent-ils.

De nouveau, l'homme sourit en disant : « Peut-être. »

Alors qu’il se trouvait encore a l’hôpital, il y eut un glissement de terrain et sa maison fut emportée dans la mer. Une fois de plus, ses amis vinrent le voir le lendemain et lui dirent :
« Quelle chance que tu te sois encore trouvé a l'hôpital ! »

Et lui, de dire de nouveau : « Peut -être. »



Merci à Eckhart Tolle pour cette petite histoire

jeudi 16 février 2012

Comprendre

Pourquoi toujours vouloir tout comprendre?

comprendre=saisir avec le mental.

Le mental adore ça : comprendre, attraper, étiqueter, caser, ranger.

Pourquoi ne pas plutôt...sentir tout simplement?

Le sage montre la lune, le singe regarde le doigt.

Souvent, je me plais à non pas penser, mais ressentir.

Non pas à avoir, mais à être.

Non pas à posséder, mais à échanger.

Non pas à entasser, mais à donner.

Les mots sont tellement limités...alors que nous sommes des êtres sans limites!

Parfois, je regarde un "arbre", mais j'adore me dire que "ça" n'est pas un arbre.

Je sais que ça n'est pas que ça.
Amuses-toi donc à le faire : va en forêt, assieds-toi, et prends le temps de regarder ce que tu appelles "arbre". Et dis-toi simplement: ceci n'est pas un arbre. Pareil pour ce que tu appelles "oiseau", "chat", "homme" ou "morceau de bois". Ou même "cafard". Ça n'est pas ce que ton mental affirme que c'est!

Alors, qu'est-ce que c'est, d'après toi? voudras-tu toujours tout comprendre, ou te mettras-tu enfin à ressentir?


lundi 9 janvier 2012

Une page se tourne...

Mes amis me portent comme l'eau porte le nénuphar : ils me rendent léger, heureux, parfois ils me bousculent, me font chavirer, m'embarquent dans des histoires...

Que serait un Homme sans ses amis? Bien peu de chose en fait... C'est pour ça que je voulais leur rendre un dernier hommage. Je dis dernier car ce "blog" (ou ce qu'il en reste) sera très peu alimenté cette année. Cachez votre déception (oui, je sais les 3 pingouins qui suivent encore au fond de la salle vont me détester mais bon...), mais il se trouve que ça fait environ un mois et demi que je n'ai pas écrit un seul billet.
non non cette photo n'a rien à voir avec le sujet  mais j'avais envie de la mettre..histoire de me chauffer un peu :D

Un mois et demi aussi, que je n'ai pas travaillé mon instrument chéri (ma basse) quotidiennement.

Un mois et demi que je n'ai plus pris de photos.

En gros un mois et demi d'inactivité "créatrice" (oh le mot pompeux) pour moi, ça ne m'était pas arrivé depuis plus de 3 ans...

Et merde que ça fait du bien : oui j'en avais besoin. Et, au risque de ne pas vouloir me justifier une fois de plus, je pense que l'activité de ce blog, naturellement, est appelée à décroître : déjà que c'était pas folichon folichon...il se trouve que, comme toute chose qui suppose trop de chaînes, au bout d'un moment, je désire m'en libérer.

Il se trouve que je n'ai pas envie d'expliquer POURQUOI ça m'arrive : rassurez vous, je peux juste vous dire que je suis en train de me (re) trouver véritablement.

Trouver sa voie...ça vous dit quelque chose?

ça pourrait être ce que je ressens (non pas le guano c'est pas ça)
Sentir que le moment est venu : que ce dont vous avez toujours rêvé est à portée de vos mains, non pas parce que "c'est la chance" mais parce que je l'ai décidé. Parce que je le sens, je le comprends, je le sais. Synchronicités....c'est juste énorme, et je souhaite une seule chose à tous mes semblables : vivre ça aussi.

C'est ce qui est en train de m'arriver : je sais, au fond de moi je le sens, j'en suis plus que sûr, que ma voie est en train de se dessiner. Et ça me remplit de joie merde!

Du coup, tous ces billets (certains, j'en suis plus que fier, d'autres m'énervent plus que tout car je ne me reconnais plus dans ce gars haineux qui transparait entre les lignes) me paraissent tout à coup comment dire : dérisoires. Ou plutôt : hors de propos. Ou encore : fallait le faire, ok je l'ai fait, maintenant je passe à autre chose.

ce fut ma thérapie : tirer dans le tas, pas de quartier et dans la Joie!
La thérapie est finie : elle a porté ses fruits, inutile d'aller plus loin, pour l'instant...oh bien sûr, je continuerai à écrire, en fait j'ai des projets autres en écriture : du coup il faut que je choisisse. Histoire de temps, de disponibilités. D'évolution, sans doute. Et c'est tant mieux : même les meilleures choses ont une fin.

Et puis je ne veux pas fermer ce blog définitivement car :
1/c'est une partie de moi
2/il se trouve que je suis à peu près sûr que de temps en temps l'envie me reprendra de re-pondre quelque chose...en fait si je vous disais que j'ai encore pas mal d'ébauches de billets, voire de gros très gros textes quasiment prêts qui n'attendent qu'une ou deux retouches? Et j'aurai envie de les mettre ici, c'est un peu "ma maison" ce blog donc...ma maison ne sera jamais fermée.

Bon donc mais bordel assez "parlé" de moi : je voulais plutôt vous parler à VOUS, oui vous qui lisez (je le sais) ce blog, qui passez ici de temps en temps.

Je voulais vous dire MERCI car vous m'avez guéri : à travers votre regard, votre lecture sur mes "billets", sur mes "brûlots", sur ces "coups de gueule" et ces "délires" parfois hallucinés que j'ai pondus je me rends maintenant compte que vous m'avez plus que soutenu. Vous m'avez porté.

J'ai pu nouer des relations qui jamais ne s'effaceront (même si la distance, le temps n'arrangent pas les choses, il est certain que ce qui s'est noué ne se défera pas aussi facilement). J'ai pu aussi en conforter d'autres, à une période de ma vie où je n'ai fait que me chercher (j'ai pas encore tout trouvé, mais disons que je suis, je le crois, sur un chemin viable, cette fois).

Mike pourfendant les mécréants (de Droite-et Sarkozystes)
Je veux parler en premier lieu de MHPA, oui toi, Stéphane, pourras-tu un jour me pardonner? Pardonner de ne pas avoir tenu ma parole (venir te rendre visite en 2011), mais aussi et surtout de ne pas t'avoir répondu la dernière fois.. J'avais BESOIN de me détacher de ce blog, je sais que tu le comprendras (et pis si tu veux pas je te merde!)

Reste que tu es une des meilleures choses qui me soient arrivées sur la Toile(et pas que) : une "amitié" virtuelle, une communauté de vues sans jamais s'être rencontré, un blogueur hors pair, écrivain (en devenir) de talent aussi mais surtout et avant tout un vrai Être Humain, avec tout ce que je mets sur et dans ces mots...quelqu'un de sensible, de bagarreur, de droit. Quelqu'un que j'ai toujours deviné "porté" par ses idéaux d'un monde plus juste, quelqu'un surtout que la vie n'a pas épargné mais qui a su y trouver son compte, et se dire qu'elle valait la peine, malgré tout. En fait un peu comme un miroir de moi-même : tu as vécu des galères, tu en vis encore, mais ton courage, allié à un humour féroce, une plume ravageuse, un style décapant et surtout une envie de vivre hors norme, le désespoir jamais loin mais la hargne qui va avec, me font dire que tu es aussi celui qui m'a encouragé, aimé sans me connaître, qui étais un supporter de la première heure que dire d'autre? Que j'ai pleuré le jour où j'ai reçu ton livre? Que je vais virer homo si je continue?

Non et merde : je passerai juste par Rennes un de ces quatre : c'est pas qu'une promesse en l'air en fait non  je te le jure. Et n'oublie pas : la vie est parfois la pire des chiennes, mais c'est pour ça qu'elle est si belle. Comment apprécier la beauté sans ça, sinon?

dire que j'y suis jamais allé...
Ensuite, Lucia : qu'est-ce que je peux te dire, aussi? Que ta sensibilité, ton Amour des gens et des choses, tu les as aussi (sans doute) nourris à l'aune de grandes douleurs? Mais après tout, qu'est ce que j'ai, moi, à vouloir psychanalyser tout le monde, hein? En tout cas une chose est sûre pour moi : sœur d'écriture tu fus, sœur d'écriture tu es, et tu resteras (gonflant de l'écrire trois fois d'affilée cette expression elle est super longue!).

Je me souviendrai à tout jamais ce que nous avons partagé, toi, Mike et moi (ptêtre j'ai rêvé, en fait j'ai été le seul à y voir quelque chose?hihi) au commencement de tout ça : par delà la toile, les distances,  une sorte de fraternité (ouais j'ose le mot!) s'est créée, une affection, bref un lien. Tu m'as fait aimer ton Portugal, ta poésie, ta douleur aussi. J'ai eu le bonheur de te rencontrer, toi ainsi que Julien (que te dire, à toi aussi? Qu'il va falloir que tu crées ton blog pour prendre le relais du mien? Je t'embrasse aussi!! écris-moi merde! dis-moi où tu en es!!) et même si l'impression fut bizarre -IRL ça fait tout drôle, quand le provincial que je suis rencontre la parisienne (immigrée ;) ) que tu es, les différences, ce qu'on s'était imaginé, tout ça quoi font que... je ne regrette rien, sauf que ce fut trop court!

Je t'embrasse, Lucia. Et merci pour ce que tu m'as donné dans ton blog, et en dehors.

Bon, pour la bande de crevards qui se croit au cinéma, patientez, posez vos pop-corn car votre tour arrive, le temps d'attraper un mouchoir et je continue.

Des lecteurs, sur ce blog il y en a eu : très peu ont commenté en fait, mais par les retours que j'en ai, je sais que pas mal s'y sont intéressé et m'ont encouragé, donné leurs avis... (je sais faire ma pub quand je veux). Qu'ils en soient ici remerciés, petit tour d'horizon....

qu'importe le flacon...
A Marina, je voulais juste dire : coucou à toi qui passes ici de temps en temps, je le sais, tu le sais , j'ai pris une autre voie et cette voie-là nécessite toute mon énergie. Et je sais que tu sais que je sais (hum) que je te dis MERCI pour ce que tu as fait pour moi. Sincèrement, tu avais raison : tu m'as ouvert les yeux qui étaient fermés depuis bien trop longtemps, c'est tout ce qu'il me fallait, pour me réaliser, en  fait. Je voulais juste te dire que j'aurais aimé t'aider plus, de mon côté, pour que toi tu ailles mieux. Mais ça, ça n'est pas perdu, jamais : l'aide est à ta disposition, tu la prends si tu veux et/ou si tu en as besoin (je ne me vexe plus, je comprends promis!). Et je t'embrasse de tout mon cœur, toi qui m'a tant donné, et qui m'a un peu pris aussi (c'est de bonne guerre ;) )

Au plaisir de te revoir, peut être...

sééébouneet! c'est l'heure du lubrifiant!
A Seb : mon ami, mon pote, mon frère...je sais que tu viens quelquefois par ici (tous les dimanches? après téléfoot en fait, hein?) et je sais pas quoi te dire à toi aussi, en fait OUI je sais, j'espère que tu es heureux, car moi je suis heureux que tu le soies, qu'il n'y a aucune rancœur dans quelque partie de mon cœur que ce soit envers toi rapport à ce que tu sais (mes sushis te l'ont prouvé non? ), et que tu ne vas pas trop m'en vouloir pour l'arrêt de ces billets que tu me réclames souvent à cor et à cri (enfin presque), et surtout surtout je voudrais que n'oublies pas : je resterai ton ami, toujours là pour toi si tu as besoin..je t'embrasse vieille fiotte, et à dimanche pour une bonne répète!! (t'as intérêt à y être, et n'oublies pas la vaseline ;) )

je cherchais un truc sur les bateaux..
A "la Reine de glace". : j'ose pas écrire ton prénom.. (trop peur de me faire engueuler!!tu noteras : je respecte ton "anonymat" on sait jamais :p ) je sais que tu te reconnaitras! Je sais aussi que tu venais parfois par ici, tu me l'avais dit...et je voulais te dire qu'on a vécu des moments sympa malgré tout.. et que je te souhaite de trouver le calme en toi, comme cette mer que tu aimes tant. Tu sais très bien, au fond de toi, que la tempête ne dure pas toujours..sinon le voilier va par le fond! Et ta vieille coque (que tu crois vieille) n'en a pas encore fini avec la vie, il suffit juste que tu souries un peu à cette vie qui t'a parfois malmenée, mais tu es, j'en suis persuadé, quelqu'un de super. Et tu as cette envie en toi, quoi que tu en dises, quoi que tu montres aux autres (et crois-moi je suis passé par là) tu le sais au fond de toi que c'est vrai.
Et pis tiens : pour une fois j'ai raison point barre parce que ici c'est chez moi et que toi tu es mon invitée. Et que je dis ce que je veux. Et que tu peux pas me contredire. NA. Alors ça fait quoi?

La vie est belle, miss......je t'embrasse.

A Alex : eh trouffion, t'es dans le coin? Un seul message pour toi : pars vite à Montauban, y parait que là-bas il y a quelqu'un qui t'attend...seul problème, je pars avec toi!!! (ça vaaaa je déconne! :p ) A dimanche mon frangin! Et tu sais que je t'aimerai toujours plus que n'importe laquelle que tu vas te marier avec (oohhh la belle phraaaase!).

bordel cette année on le fait : on devient homos célèèèbres!!
A Yoann : alors toi je sais pas si tu passes encore ici ; quoiqu'il en soit je te dis RESPECT si c'est le cas, parce qu'avec la vie que tu mènes, le boulot les couches à changer la gratte à bosser l'asso à monter etc.etc. si tu trouves encore le temps de venir glandouiller dans le coin, franco c'est pas bien...je vais directos te balancer à ta meuf! En fait je suis à peu près sûr que c'est plus elle qui vient trainer par ici que toi (coucou Aline jme trompe? !). Au fait j'en profite miss : pardon pour le texte en commun que je t’avais promis pour Noël..tu vois, je n'ai tout simplement pas pu. J'ai essayé d'écrire, mais je ne pouvais plus. Tu as l'explication que je ne t'ai jamais donnée. Pardonne-moi.
Mais ça n'est que partie remise juré! Il faudra juste un peu plus de temps... embrasse ton ptit bout pour moi!


Le métronome, andouille!
A Thib : ehh le Parisien tu redescends quand tu veux...tu nous manques trop petit merdeux. Tu me manques : t'es un des meilleurs avec qui j'ai jamais eu le privilège de jouer (et dieu sait que j'en ai essayé des batteuses hihi!) mais que ça ne t'empêche pas de bosser au métronome ok?tu feras une bise à ta chérie..sur les 4 joues (hul ok je sors).

Je t'aime jeune padawan : ponds-nous un truc à la Spielberg et éclates-toi! Tu le mérites..


ayé! j'ai trouvé ZE pochette de notre futur album! avouez :ça TUE
En me relisant un peu, je me rends compte avec effroi que j'ai failli oublier un rouage essentiel de ma vie, cette année : toi, Rémi, avec qui j'ai maintenu contact un peu par l'intermédiaire de ce blog, quand on ne se voyait plus, tu m'en as parlé, je sais que tu venais ici de temps en temps. Je sais aussi que tu es comme un frère pour moi : on a vécu des trucs énormes ensemble, on en vivra encore d'autres. Tu es un des seuls, avec Marina, à qui j'ai parlé de ce projet de vie qui me tient tant à cœur. Je voulais juste que tu saches que ça ne remet pas en cause le fait de jouer ensemble, et de pondre un truc qui, je le sais j'en suis sûr, un jour, donnera quelque chose. Tu es un sacré musicien, et un sacré enfoiré aussi : un univers à toi tout seul! Il faut juste que tu soies un peu plus patient...mais tu as tellement évolué depuis que je te connais, que c'est tout simplement un miracle (sonnez la cloche) et à chaque fois que je te regarde, qui l'aurait cru? Je suis fier de toi..dire qu'à une époque tu me faisais peur?! Tu imagines, le chemin parcouru? Tu es l'exemple vivant de ce que la vie nous réserve de meilleur!...on se revoit bientôt, très bientôt, je crois qu'on tient le bon bout cette fois-ci mon pote...


Ben voilà, le tour d'horizon est terminé, il me semble.

Voilà, l'Ultime Psychanalyse est passée.
C'était ma Dernière Séance.
Rideau. Game Over.
This is the end, my friend.


N'oubliez pas : nos sommes des Dieux, notre plus grand défi ici-bas, c'est de l'accepter. Et d'arrêter de faire les cons.


Portez-vous bien.


Bonne année 2012!




merde, j'ai vieilli


Je dédie cette bafouille au Coucou, à Fred, Nico et Anne-lise, à tous ceux qui sont partis cette année...

Et concernant tous ceux que je n'aurais pas eu le bon goût de citer, à tous les oubliés, à tous les présomptueux du bulbe rachidien qui auraient eu la désinvolte outrecuidance d'imaginer pouvoir faire partie de ce panthéon mirifique,  je vous dis juste : désolé! So what the fuck up???

Le bureau des plaintes?  c'est par ici .
Ça vous va?

mercredi 23 novembre 2011

Du sport pour les obèses

C'est l'histoire d'un gamin, tout ce qu'il y a de plus normal.

Un beau jour, sa famille lui dit :" tu es trop gros, tu dois mincir. Nous allons donc réduire drastiquement tes rations journalières. Tu vas mincir. Il le faut."

Le gamin sait qu'il a toujours eu un peu d'embonpoint. Oh, oui, il le sait : pendant des années, il s'est empiffré de sucreries, qu'il allait acheter à crédit chez le marchand de journaux. Chez la Boulangère, aussi : ces honorables commerçants avaient remarqué qu'il aimait les sucreries. Et aussi que, parfois, il n'avait pas suffisamment d'argent pour se payer sa dose quotidienne...

-"pas grave!" lui dirent-ils un beau jour. "Vu qu'on sait que tu auras l'argent un de ces quatre, on va faire comme ça : tu prends les sucreries, on note ce que tu as pris sur un bout de papier -une reconnaissance de dette- et dans quelque temps, tu nous rembourseras, avec quelques menus intérêts. Oh, trois fois rien, hein. Juste de quoi faire tourner notre commerce."

Et ainsi fut fait : il avait pu s'empiffrer à crédit, toujours plus, sans trop dépenser pour l'instant.

Mais vient ce fameux jour de la visite médicale obligatoire, où le médecin dit aux parents : "ce gamin est trop gros. Si ça continue, il va exploser : il faut qu'il maigrisse. Et qu'il fasse plus de sport."

Ainsi fut fait :  on réduisit tout d'abord drastiquement les rations du gamin; très rapidement il est affamé, et il maigrit à vue d’œil.

Parallèlement, le prof de sport, à l'école, est mis au courant de la situation. Un beau jour, il lui dit donc :
-"aujourd'hui, il faut que tu coures le 100 m en moins de 10 secondes. Ton score actuel, quoique bon, n'est pas suffisant, il faut que tu ailles plus vite."
remplacer $ par € et vous y êtes

Et ainsi fut fait.

Et, chaque jour qui passe, au fur et à mesure que le gamin s'affaiblit de plus en plus (car rappelons nous, il a de moins en moins de repas..), en tentant (sans jamais y arriver) de passer sous la barre des 10 secondes, l'objectif est revu à la hausse. Le prof de sport arrive au bord du terrain, et lui dit, chaque jour :

-"les objectifs ont été revus. Aujourd'hui, c'est en moins de 9 secondes."

Le lendemain :
-"aujourd'hui, tu es encore trop lent, c'est moins de 8 secondes 30"

Le surlendemain :
-"tu es trop lent! On ne comprend pas, pourtant, tu as tout ce qu'il faut? Allons, fais un effort! Aujourd'hui, les objectifs ont changé : c'est en moins de 8 secondes"..
etc.etc.

Et ce sacré professeur, au bout d'un moment, de "ne pas comprendre".
nouvelles tirelires "spécial crise"
-"Je ne comprends pas pourquoi vous n'y arrivez pas!! Vous devriez pouvoir battre ce record, allez, encore un effort!" fait-il chaque jour, au gamin à bout de souffle, de plus en plus mal en point. En effet, non seulement le gamin ne tient pas ses engagements (qui sont, je le rappelle, de "faire mieux avec moins") mais en plus, la situation empire. Désormais, il court le 100 mètres péniblement en plus de 12 secondes trente...

De retour à la maison, tous les soirs, il s'assied sur le canapé, épuisé. Il se prépare un bol de soupe -le seul mets qu'il peut encore se permettre. Enfin, je devrais dire, pour être exact, "il se préparait." Parce que même ça c'est fini : l’huissier est passé hier, mandaté par les honnêtes commerçants. Pensez donc, le salopiot avait 180 kilos de carambars et 852 paquets de fraises tagada à crédit. Avec les intérêts, ils ne lui est plus resté grand chose : toute la petite famille s'est retrouvée à la rue. Sous le pont du quartier. Plus de soupe, pus de fauteuil, plus rien en fait. 
Alors d'accord, bonne nouvelle, maintenant il ne sera plus obligé d'aller à l'école, ni au sport : il va pouvoir un peu souffler. Ça tombe bien, il a vraiment envie de faire un petit somme. Et ce petit coin de trottoir semble si accueillant...

La morale de cette histoire?

Il n'y a rien à comprendre...

En fait, si. Nous sommes tous ce petit gamin obèse pointé du doigt.

Finalement, il ne nous reste deux options, si l'on réfléchit :

-1/SOIT le gamin crève, car il subit jusqu'au bout, sans rien dire.

-2/SOIT le gamin se révolte et refuse de continuer comme ça. Parce qu'il en va de sa survie.

Tout simplement.

Gare aux chiens faméliques : ce sont les plus dangereux. Acculés, ils peuvent devenir incontrôlables.

mardi 8 novembre 2011

Effraction

«ces vieilles lunes socialistes qui vous certes ont conduits à prendre le pouvoir en 1997 par effraction»

Encore une merveille signée M Baroin, "ministre de l'économie" (LOL, vu l'état dans lequel elles est, l'économie, il aurait mieux fait de se taire celui-là..) à l'Assemblée aujourd'hui même. Ce qui a valu, fait rarissime, une levée de séance immédiate pour cause de "bronca" des députés socialistes. Et honnêtement, je trouve qu'ils ont été gentils.

En tout cas les propos scandaleux de ce ministre, accusant ainsi littéralement les socialistes arrivés au pouvoir en 1997, par la faute et l'incompétence du président de droite (un certain Chirac Jacques mentor de ...devinez qui? Baroin François à l'époque!) d' "effraction" (donc d'être des voleurs) , sont à mettre en relation avec ce qu'a fait le nouveau président de "la droite décomplexée" depuis 2007. N'a-t-il pas bafoué le vote des français, ce cher Nicolas Sarkozy, en ratifiant le scélérat Traité de Lisbonne, version allégée du Traité Constitutionnel Européen qui avait été refusé par une majorité de français en 2005? .

Indirectement aussi, il nous insulte nous, Français ayant voté socialiste : nous sommes des merdeux qui ne savons pas pour qui voter, puisque nous votons pour des voleurs.

55% des idiots que nous sommes donc (puisque c'est Môssieur Barouin qui le dit) avaient voté non au référendum sur le Traité Constitutionnel de l'Europe en 2005 (une autre gifle pour un certain...Jacques Chirac, mentor de ..Baroin François à l'époque, oui, vous l'aurez deviné).
Résultat : le scélérat Sarkozy l'a fait passer en douce en 2007, par voie parlementaire, ce traité qui avait été refusé par la voix du peuple.

Imaginons un instant si les 53% avec lesquels Monsieur Sarkozy s'est fait élire en 2007 avaient ainsi été qualifiés par la Gauche, je vous dit pas ce qu'on aurait entendu?!

Ce petit rappel historique pour dire ce que j'en pense : les scélérats, ceux qui prennent le pouvoir par effraction, ça n'est pas nous. Ça n'est pas le peuple, ni les socialistes Monsieur Baroin. C'est la Droite, votre droite, aidée en cela par l'esprit retors de Monsieur Sarkozy de Nagy-Bosca. C'est VOUS qui vous êtes torché votre joli fondement avec les bulletins de vote de vos concitoyens, une fois de plus. La messe est dite.

Que cela soit dit, compris et assimilé.

Avant la grosse raclée que vous allez vous manger en 2012.

samedi 5 novembre 2011

Plan de rigueur

Et c'est reparti pour un tour ! "Il n'est pas utile de s'en prendre aux agences de notation, aux banquiers, aux spéculateurs ou à je ne sais quel bouc émissaire(..)Il n'y a pas d'autre recette pour réduire l'endettement que de réduire la dépense."..

Et de promettre le budget le plus austère, le plus rigoureux depuis l'après-guerre.

Ca s'est passé aujourd'hui : félicitations, Monsieur Fillon, vous venez, avec cette phrase, de dévoiler votre vraie nature (pour ceux qui en douteraient encore).

La vraie nature de votre idéologie : toujours taper sur les mêmes, non pas ceux qui sont responsables de cette crise (=les banques, les agences de notation et les spéculateurs) mais sur les autres, la majorité, le peuple qui lui bosse, se lève le matin, va réellement travailler, ne joue pas avec la bourse pour se remplir les poches...et provoquer une crise majeure ensuite.

Vous venez de révéler ce que votre gouvernement est, un ramassis d'incompétents (ça on l'avait déjà constaté) mais aussi de néolibéraux convaincus, qui n'ont qu'une seule idéologie : pressurer toujours plus les mêmes, et favoriser toujours plus les vôtres.

Seulement vous oubliez une chose : à ce petit jeu, le peuple est plus nombreux. Alors certes, il est extrêmement apathique aujourd'hui, je vous l'accorde. Ce qui donne sans doute des ailes à tous les énergumènes de votre espèce. Et vous auriez tort de vous priver : ça ne sont pas quelques "indignés" qui font pacifiquement le sit-in devant la bourse qui vont vous inquiéter, non? On le constate d'ailleurs partout : c'est le même mouvement quasi généralisé, en occident, de faire des "plans de rigueur" pour socialiser les pertes. Les pertes de votre camp.

Mais les choses changent; le vent tourne. Un jour viendra, si vous continuez comme ça, où la soif de Justice des peuples n'en pourra plus d'être constamment bridée, bafouée, foulée aux pieds. Car nous supposons tous, quand vous parlez de "rigueur", que vous ne pensez pas à vous, à vos ministères, à vos amis? Vous pensez à nous, ceux d'en bas : TVA qui va augmenter, Services Publics qu'on est en train de briser, tous les budgets de la Solidarité envers les plus pauvres gelés, voire supprimés...etc.

PAS UN MOT sur le train de vie gargantuesque de vous et de l’État en question. Vos déplacements en week-end aux frais de la République (27.000 euro le trajet, encore, ce week-end). Pendant qu'une femme accouche dans la rue à Paris et que son nourrisson crève comme une merde sur le trottoir. Et les exemples sont plus que légion. Ça me met en colère, je l'avoue.

La crise a bon dos : PAS UN MOT sur le dérapage des comptes de l’État, des dépenses somptuaires de votre chef : en l'espace de 4 ans, +500 milliards de dette. Et ça n'est absolument pas le fait de l'incurie du peuple. C'est VOTRE incurie qui est à l'origine de ces dérapages.

PAS UN MOT sur VOS avantages : retraites de parlementaires à taux plein et à vie dès la fin des 5 ans du premier mandat, salaires mirobolants, cumul des mandats dans des proportions indécentes, appartements de fonction, voyages de toutes sortes, avantages en nature multiples et à vie (chauffeur, garde du corps, etc.)... Alors que des gens n'arrivent même plus à se soigner, font l'impasse sur une paire de lunettes, des soins dentaires, où bouffent des pâtes tous les jours du mois, dans ce beau pays riche et à l'aise qu'est la France du 21ème siècle.

Honte à vous et à vos semblables.

Le pire? C'est que vous oserez briguer une nouvelle fois les suffrages des Français en 2012...on croit rêver!! J'espère que celles et ceux qui ont voté pour vous en 2007 ouvriront enfin les yeux, qu'ils réaliseront qui vous êtes. Même si, hélas, je crains qu'il ne soit trop tard.


Dans le même temps où vous ponctionnez les plus riches de ce pays de 200 millions d'euro (somme que votre amie Liliane Bettencourt aurait pu payer toute seule...sans même le remarquer!!), vous vampirisez 8 milliards de l'autre côté, du côté de ceux qui souffrent. Qui rament, qui galèrent. Qui n'ont presque plus que les yeux pour pleurer. Et vous annoncez une nouvelle fois de nouvelles ponctions, toujours dans la même direction, pour calmer ces sacro-saints "marchés" que l'on ne connait pas, que l'on ne voit pas, qui ne font rien pour nous à part nous enfoncer toujours plus. Bravo!! BRAVO pour le "Bien Public" que vous êtes censé servir et honorer en faisant partie de ce gouvernement. En prenant la charge de Ministre. En dirigeant ce pays.

 Vous n'honorez qu'une chose : les exploiteurs, les profiteurs, ces putains de "marchés" qui sont en train de nous imposer leur dictature.

Privatiser les profits, nationaliser les dettes : on voit où vous allez depuis quelques temps maintenant. Désormais, vous avancez à visage découvert. Vous venez de citer vos amis de toujours : banquiers, spéculateurs, agences de notation. Surtout, ne pas les froisser. Votre aveuglement est si pathétique que vous ne vous rendez même plus compte de l'état dans lequel votre stratégie a plongé ce pays. Et l'on constate la même chose sur toute la planète, sur toutes les économies avancées : USA, GB, Grèce, Italie, Espagne, Allemagne....

Partout, votre bien-aimée Droite Néolibérale, vos bien-aimées idées de "libre-échange", d'économie de marché, de croissance infinie, vos idées de merde ont triomphé. Et ont mis les gens en pièces.

Si votre "rigueur" ne s'accompagne pas de mesures de Justice Sociale, elle est vouée non seulement à l'échec, mais vous vous exposez à un cuisant retour de bâton. Si vous ne tapez toujours que du même côté, je vous le répète : vous risquez de provoquer une retour de flamme. Alors certes, la réaction tarde un peu. Elle se fait attendre. Mais continuez comme ça, vous avez tout bon.

Avec les efforts que vous déployez, elle viendra.

Inéluctablement.

mardi 1 novembre 2011

Dragon qui crache, Dragon qui couve

C'est dimanche. Il est un peu irrité : il attend ses amis qui sont "en retard", comme d'habitude, pour une balade au pied de "la" montagne.

Du coup il part devant, en éclaireur : elle s'étend, au delà du barrage, dans son écrin de verdure autrefois ravagé par les flammes. Immémoriale, multi-millénaire. Majestueuse.

Les dernières estimations situent sa formation à 230 millions d'années...un vulgaire plissement de terrain en des temps où rien n'existait à part quelques larves dans l'océan. Tout ce temps, une paille, qui lui fait remettre immédiatement en perspective sa misérable condition d'homme. L'énervement s'efface alors : à quoi bon? Autant en profiter...un peu, en attendant.

Il fait quelques pas et tombe, à l'orée de la forêt, au détour d'un bosquet, sur un petit sentier. Puis une pierre plate, qui forme comme une sorte d'avancée, face au barrage, et à la falaise. L'invitant à se poser. A méditer. Il se dit qu'elle a attendu ici quelques millions d'années, cette pierre, alors il peut bien poser son derrière quelques minutes dessus, non?

Il s'assied sur la pierre, les genoux croisés.

Il fait beau, cette journée de mi-octobre est juste magnifique : le soleil de onze heures est doux, aussi doux que l'odeur du romarin et du thym qui poussent par là, et embaument légèrement l'air de ce début d'automne. Sur sa peau, une légère brise, si délicate qu'on la dirait posée exprès là pour rafraîchir juste ce qu'il faut sa peau, trop peu habituée au contact direct de ce soleil déclinant de mi-saison.

Il contemple la rive en face : à sa droite, le barrage qui forme un demi-arc de cercle gigantesque; un peu en contrebas, le bassin de retenue. En face, la forêt, avec au loin le parking entre les arbres. Un piaf vient se poser juste devant lui, sur la branche de chêne basse. Son chant n'est ni magnifique, ni laid : juste simple. Comme cette journée. Il a envie de sourire.

En fixant la forêt en face, au-delà du bassin de rétention il aperçoit l'autre rive : des argelas, ces petits buissons touffus dont les feuilles dentelées piquent les mollets des promeneurs insouciants, la recouvrent presque totalement. Il y a quelques ruines de pierres disséminées ici et là, au milieu de la rocaille. Peut être un reste d'abri de chasseur, ou de berger, une "borie" à l'abandon.

Il en est là de sa contemplation quand il commence à se focaliser sur son souffle; les yeux ouverts, il rentre de plus en plus profondément en lui, abandonnant toute pensée parasite. Il essaie "d'éteindre ce fichu poste de radio". A ce moment, il remarque des ondulations sur la rive opposée : non pas comme celles produites par le mirage de la chaleur, mais de vraies ondulations du paysage. Un peu comme si celui-ci n'était qu'un voile, et qu'il tremblotait dans la brise de ce petit matin d'été indien.

Ce détail légèrement a-normal lui fait instantanément reprendre pensée, focalise son attention sur ce phénomène. Il n'a aucune crainte, aucune peur à l'observer, à le constater, de plus en plus présent. Qu'est-ce vraiment? Ces petits picotements au bout des doigts lui sont maintenant familiers : les cheveux de sa nuque qui "fourmillent" aussi. Il est en présence de quelque chose, d'une force.

Il faut reconnaître qu'humblement, il n'en sait pas beaucoup plus : il vit juste le truc. C'est assez puissant pour le pousser à détourner le regard à quelques mètres de là, sur sa rive à lui. Vers sa pierre, vers ce lieu qu'il s'est choisi pour "se poser".

Et il est là.

A ses pieds, il ne l'avait pas remarqué de prime abord, mais il était là depuis sans doute un petit paquet de temps. Bien avant que le barrage ne soit construit, bien avant ce que ses semblables appellent la "Civilisation", bien avant la domination de l'Homme sur cette terre. En fait, bien avant l'apparition de l'Homme tout court.

Ça ressemble à un caillou de la grosseur d'un demi-poing fermé, de forme oblongue. C'est à moitié enterré dans le sol, et en fait ça ne dépasse que de quelques centimètres, pointant à l'oblique vers l'orient. A première vue, une pierre comme il y en a des milliers par ici. Rien ne la distingue des autres si ce n'est qu'elle effleure à moitié, et qu'elle vibre littéralement par rapport aux autres pierres. Il sait que ce qu'il cherche depuis longtemps est là, depuis, qu'en fait, il a arrêté de le chercher.

Il dégage l’œuf fossile avec d'infinies précautions, : à sa surface, il y a des couches d'écailles partiellement conservées. En le sortant de terre, il s'aperçoit qu'il est à moitié fusionné avec une motte de glaise fossile. L'ensemble forme un caillou long d'une dizaine de centimètres, partiellement recouvert de coquilles qui sont comme écaillées. En le prenant dans les mains, il sait qu'il a vu juste : la pulsation n'est pas faramineuse certes-il faudrait se mentir pour le croire- mais elle est là. Une vibration primitive, des temps anciens, pré-géologiques, où rien de ce que nous connaissons, ou imaginons, n'existait.

Une époque où les grands reptiles parcouraient ce plateau argileux qui allait devenir la Vallée de l'Arc. Où ces dragons, après avoir survécu aux épreuves d'une existence assez courte, faite de prédation, de bruit et de fureur, venaient ici pour se perpétuer. Le feu.

Certains s'écroulaient ensuite, épuisés, dans la vase et la glaise. D'autres s'en retournaient auprès de leur nid, vigilants, attendant l'éclosion. La couvée.

230 millions d'années et des poussières...

Il se relève, le fossile dans la poche. Son portable vibre bien plus fort, lui : les amis sont arrivés, ils sont sur le parking, il est temps de partir. D'aller au sommet contempler cette vallée qu'il a toujours aimée.

Il sent l'énergie de la Vie qui déborde en lui. Le soleil brille. Le vent souffle.

La Terre est là. Le Ciel est là. L'Air est là.

Et dans sa poche : le feu fossile.

Sourire.


Il n'a pas fini de chercher.

Il sait déjà qu'il reviendra.