MESSAGE AUX FAFS DE TOUS BORDS, AUX FACHOS, INTOLÉRANTS RACISTES ET XENOPHOBES NOSTALGIQUES QUI VOUDRAIENT VOIR REVENIR L'ORDRE NOUVEAU, QUI GLORIFIENT LA PESTE BRUNE...
ET AUSSI MESSAGE A TOUS CES GROS IMBÉCILES QUI FEIGNENT DE CROIRE QUE MARINE EST DIFFÉRENTE DE SON PÈRE, OU DE TOUS LES AUTRES FACHOS QUI L'ONT PRÉCÉDÉE;
Message à tous ceux qui votent, ont voté où ont l'intention de voter F HAINE aux prochaines élections.
A tous ceux qui se trompent de colère, qui croient que l'Autre est responsable de leur malheur; que l'immigré, c'est le mal. Qui imputent à la différence, tous les maux de cette société pourrie par l'égoïsme, le pognon, la cupidité, l'abaissement moral et la soif de pouvoir hypocrite et sans limites de nos politiques.
Message aussi à tous ces bas du front, haineux et fachos, intégristes, skins, racistes, bloc identitaire et con(s)sorts dont on voit fleurir les affiches nauséabondes, et qui sortent en période de Crise et d'élections comme la tique qui sort au printemps...
EN BREF MESSAGE A TOUS CEUX QUI CROIENT TOUT SAVOIR, mais qui n'ont rien compris...
Mais aussi message aux autres, aux "Gens de Gauche", aux "sympathisants", mais j'ai aussi envie de rajouter aux "vrais républicains, de toute appartenance", parce que nous sommes tous, directement ou indirectement, responsables de ce qui est en train de se passer...
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J'avais commencé un assez long billet sur tout autre chose, mais forcément, la résurgence de certains "détails" -en vrac les élections récentes, l'émergence du FN version marine-à-papa et la connerie sans bornes des candidats dont on les croirait tous issus plus ou moins des tea party version US- m'ont convaincu de me fendre d'un petit coup de gueule intermède. Ca mange pas de pain, ça coûte rien, et ça fait du bien -changez l'ordre des termes si ça vous convient.
Je voulais juste vous raconter l'histoire d'un ami, qui est mort un soir de septembre 1998, un mois après la "Coupe du Mooooonde".
Cet ami s'appelait Youssef, il avait 21 ans. Je venais de passer deux mois avec lui du côté de Bordeaux, dans une caravane, deux pauvres chômeurs poursuivis par la guigne et les embrouilles qui essayaient de s'en sortir en allant chercher le boulot là où il était : dans un camping, comme vigiles...
Youss (appelons-le comme ça, c'était son surnom) était impressionnant : 2m05, 105 kilos, une montagne de muscles et un regard d'acier... un caractère de con -parfois-, une vie qui ne l'était pas moins -souvent-, mais une envie de sortir de ce bourbier de la cité des quartiers Nord de Marseille où il était né, où il avait grandi.
Youss donc, était allé bosser avec moi, ou moi avec lui : il avait un cœur d'or malgré ses défauts, il m'avait sorti de la déprime de chômeur de longue durée dans laquelle je m'enfonçais en m'embarquant dans sa vieille clio pourrie pour traverser la moitié de la France à la recherche de l'Eldorado, d'un peu de taf...et de vacances par la même occasion. Un peu de rêve à la mer, à l'océan.
Pendant deux mois, qui furent sans conteste parmi les meilleurs épisodes de ma vie à cette époque, nous avons tout partagé : la caravane que nous prêtait gracieusement notre employeur, le boulot (travail en double), les coups de gueule, les chagrins (nous nous étions retrouvés célibataires tous les deux..) et en même temps aussi une vraie différence.
Je ne veux surtout pas idéaliser cette époque, mais j'en ai retenu quelques leçons : la chaleur du mot famille, quand vous n'avez plus rien qui ressemble de près ou de loin à une "cellule familiale" et que vous êtes accueilli à bras ouverts, comme un fils, par une famille étrangère...
Le partage, si j'ai peu mais que tu n'as rien, pas grave, je coupe en deux c'est comme ça...
Le poids des coutumes aussi, qui peuvent parfois choquer ou déranger -la culture de la débrouille, des petites embrouilles pour survivre jusqu'au lendemain...la violence de ceux qui ont leur origine rappelée en permanence sur leur visage...La violence de "la Rue", terme protéiforme et générique s'il en est, bien commode pour nommer l’innommable, la société qui broie ceux qui n'ont pas la chance d'être nés dans la dentelle....ou avec une peau plus claire, tout simplement. Cette violence du gars qui "frappe sec parce qu'il a la haine" dixit IAM.
Le délit de sale faciès : Youss qui pleure sur mon épaule, qui craque qui me dit qu'il n'en peut plus de ces allusions en permanence, lui le monstre de 105 kilos et moi 65 tout mouillé, 3 têtes de moins que lui, me demandant si je devais aller péter la gueule au gérant du camping qui l'avait traité de "sale bicot"...ne sachant que faire, en fait.
De ces contrôles de flics quasi quotidiens, et de la chance quand ça se passait "courtoisement".
Le désespoir de voir que rien ne change, que de toutes façons quoi que tu fasses, on te ramènera toujours à ta différence, à tes origines...
La bascule dans les conneries, pour oublier, parce que c'est tellement plus facile et plus rapide de faire "la combine", quand de toutes façons on n'arrête pas de te seriner que c'est comme ça..que tu désespères de trouver un boulot "qualifié"... que tu joues le jeu de cette vie, mais que les dés sont pipés....alors que moi je retrouvais une vie plus ou moins rangée, de retour "au pays".. sans "contrôles de flics quasi quotidiens", en ce qui me concerne.
Youss? Il s'est tué un soir de septembre 1998, au volant de sa clio pourrie, sur "le Jarret", le périphérique marseillais. Un soir de rodéo, un soir d'ennui, un soir de trop.
Il avait vingt et un ans...c'était mon ami.
Combien comme lui?
lundi 28 mars 2011
dimanche 20 mars 2011
Les 7 Plaies de l'Occident - Verset 3
Individualisme -
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La poussière est partout... Luttant contre cet ennemi quasi invisible, Dieu n'en mène pas large : le balai dans ses larges paluches, il sue des gouttes comme le poing et éternue continuellement, au milieu d'un nuage de poussières en constante expansion.
Ça fait maintenant six jours qu'il bosse comme un dingue pour tenter de maintenir un semblant d'ordre sur cette foutue planète : le bordel est partout!
Entropie, quand tu nous tiens : on dirait que c'est le souk par ici!
Partout, des continents à la dérive, des plaques qui se chevauchent, et cette Vie dont il a semé juste quelques graines par erreur, un soir d'alcoolisation, il ne se souvient plus vraiment, il avait posé les semences par là, tourné le dos quelques instants et pof! Des forêts, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens, et, au cinquième jour, ces espèces de primates velus et chevelus, sautillants et grimaçants, qui ont commencé à le faire marrer avec leurs mimiques ridicules...il en avait même posé sa bouteille et pausé sa beuverie, la gueule en travers, muet d'étonnement devant tant de...comment dire? Bordélisme, ouais c'était le terme qui lui était venu spontanément à l'esprit.
Il les avait ainsi observé un petit moment -genre six ou sept mille ans en équivalent humain quoi- , se poilant devant leurs querelles de territoire, leurs crêpages de chignon incessants pour telle ou telle broutille, et aussi ahhh ouais aussi ce qui le faisait le plus marrer mais alors à se tordre de rire à chaque fois : quand ils allaient faire caca, tous en groupe la tribu au complet, l'expression sur leur visage... Fallait vraiment voir ça au moins une fois par millénaire, anti-déprime garanti!
Jusqu'au jour où il avait constaté un truc : il avait encore pris du retard dans le ménage, c'était la cata, la galaxie NGC25486 faisait encore des siennes avec cette foutue supernova, tout ce coin menaçait de partir en vrille, une vraie casserole sur le feu c'en était fatigant, il en avait plus que ras la casquette! Alors il s'était refait une petite "séance" : hop! un coup d'œil sur ses Humanoïdes...histoire de se remonter le moral quoi.
Et là stupéfaction : ils ne se baladent plus du tout en groupe, question défécation en tribu c'est plus du tout ça, même que maintenant ils ont des notions du genre "sale", "honteux", "personnel", "wc privés" et que sais-je, là Le Grand Démiurge tombe littéralement des nues -je vous dis pas la supernova NGC 25486, les résidents du coin en ont pris plein la tronche- mais qu'est-ce que c'est que ces conneries, non mais je vous l'demande ma bonne dame, on tourne le dos quelques siècles et c'est le merdier, vraiment insortables, ingérables et inqualifiables, mais qu'est-ce que j'ai encore fait pour mériter ça, j'en ai ma claque, ma claque, MA CLA-QUE!
Sur ces entrefaites, il fait tomber son balai -qui doit bien peser quelques trillions de tonnes et est chargé de poussières hautement radioactives- sur le carrelage de la Céleste Cuisine -je vous dis pas les résidents de l'île du coin, comme ils en ont pris plein le citron- (je sais elle est nulle) (mais j'aime ça) (et pis si on en rit pas un peu on va où hein? OU??) (ok ok ça va je me calme et je continue) (de toutes façons ici c'est chez moi alors je fais ce que je veux nananèèreuhh) - donc je disais le Grand Architecte en a lâché son balai d'étonnement et hélas y a eu des morts, instantanément il regrette son geste mais bien sûr c'est comme avec le flic qui est en train de vous coller une prune, c'est toujours trop tard, monsieur-le-pévé-j'ai-commencé-à-le-remplir-vraiment-désolé-vous comprenez, va falloir laisser faire et essayer de gérer la situation, cette phrase est beaucoup trop longue, vite il faut que je lui mette un point. Point.
Donc il essaie d'évaluer les dégâts, observe les habitants et le reste du monde paniqué, "mais qu'esssssse que j'ai encore fait là! et zuuut!!" et là stupeur, il s'aperçoit d'un truc qui lui avait échappé depuis tout ce temps, ses petits Zumains sont maintenant persuadés d'avoir évolué, un super beau vernis recouvre leurs faits et gestes, ils lui ont même donné un nom, ça s'appelle Ci-vi-li-sa-tion, en gros ça permet de faire croire qu'on se comporte correctement avec ses semblables, de se montrer "en société" sans avoir l'air d'être un gros sauvage issu des cavernes ou descendu récemment de l'arbre, mais bien sûr tout ceci est une façade, il n'en est absolument rien dans la réalité, c'est toujours la même chose... Au contraire, chacun roule de plus en plus pour sa pomme, secrètement on convoite toujours de la même façon ce que l'autre possède et que l'on a pas, c'est une roue sans fin, un engrenage dans lequel tout le monde plonge le bras tête baissée, et pis moi aussi pourquoi est-ce que j'aurais pas le droit de me payer un Iphone merde? Même si il est fabriqué par un petit bridé qui crève la dalle dans un camp de travail, payé trois yens six roubles la semaine de 70 heures, qu'est-ce que je m'en tape, au fond? Tu crois pas que MOI aussi, je me lève pas le derche comme un bourrin, depuis toutes ces ces années? Que j'y ai pas droit, au bonheur consumériste? HEIN?
Une Divine Larme roule alors sur l'interminable joue du Démiurge : c'était donc ça... Ils étaient devenus individualistes! Il sût alors, à ce moment précis et sans aucun doute possible, qu'il lui faudrait tirer un trait définitif sur ces scènes d'excrétion en groupe qui l'avaient tellement diverti, lui offrant des pauses bienvenues au milieu de son dur labeur...la vie est une vallée de larmes.
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"Mahamati, toutes les formes, couleurs et images, sont appelées représentations (nimitta).
A partir de ces représentations se forment les concepts, sur le modèle "c'est ceci", "ce n'est pas cela", etc. C'est ce qui s'appelle Nom (nama). Les "consciences-connaissances" et leurs fonctions, qui donnent naissance à ces concepts, sont appelées Discrimination (vikalpa). Ces représentations et concepts ne sont pas des choses vraies qu'on peut obtenir; ils ne sont que le produit de la discrimination. La nature vraie des choses, libérée de cette discrimination, est appelée Ainséité (tathata).
Mahamati, voici les caractéristiques de l'Ainséité : réalité, exactitude, fin ultime, nature propre, fondement et non-obtention.
Les Bouddhas et moi-même avons réalisé et exposé l'Ainséité.
Tous ceux qui sont capables de se servir habilement de cet exposé, afin de pénétrer dans l'Ainséité, peuvent transcender les concepts de continuité et de discontinuité, de débarrasser de la discrimination-imagination et accéder à l'expérience spirituelle de la réalisation de soi-même, une expérience inconnue aux philosophes, Sravakas et Pratyekabuddhas. Ceci est appelé Vraie Sagesse (samyagjnana).
Mahamati, vous devez vous servir de votre habileté pour réaliser ces dharmas.
Une fois que vous les aurez réalisés, votre esprit sera confirmé; plus rien ne pourra vous ébranler.
Lankavatara-sutra
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Cela faisait maintenant cinq ans que Pandit était revenu dans sa grotte.
Cinq années de méditation, hors du temps et des tourments de la civilisation humaine.
Les novices du temple voisin, situé à quelques kilomètres, passaient une fois par quinzaine voir s'il n'avait besoin de rien. Sans un bruit, ils nettoyaient les alentours de sa retraite, vérifiaient qu'il disposait de suffisamment d'eau et de nourriture -le strict nécessaire pour maintenir son corps en fonctionnement- et repartaient sans un mot.
Il avait atteint l'état de Sâmadhi au bout de trois années : il avait déchiré le voile de vikalpa, et réalisé que toutes choses ne faisaient qu'Un. Mais qu'il n'y avait rien à réaliser non plus, car c'était ainsi. Point de concepts, de jugements, de discrimination entre sujet et objet. La paillasse qui constituait l'essentiel des meubles de sa grotte était, au même titre que le reste, et n'était pas. L'Homme lui avait donné le nom de paillasse, mais qui savait vraiment ce que c'était, si ce n'est un assemblage d'atomes, de travail de tissage, une réunion d'éléments improbables mais certains réalisés au sein de ce qu'on dénommait "paillasse", et à laquelle on donnait plus ou moins (plutôt moins que plus d'ailleurs) le nom, l'appréciation, la valeur, la fonction de paillasse, de grabat?
Cela n'avait en aucun cas changé sa façon de vivre : il mangeait, dormait, buvait, excrétait toujours comme tout le monde. Il lavait son bol dans la rivière, se mouchait, marchait... Mais il le faisait juste vraiment. Il était là, ici et maintenant, en pleine et totale conscience de lui-même et de tout ce qui l'entourait, l'esprit absolument centré... Il avait atteint l'état de pleine conscience qui lui faisait vivre intensément ne serait-ce que le simple écoulement de l'eau sur ses mains, lors de la corvée quotidienne de la vaisselle. Les insectes sur son passage, les animaux dans les fourrés, le soleil sur le seuil de la grotte, tout absolument tout était en lui et hors de lui, plus rien n'avait de nom ni d'identité propres car chaque chose faisait partie du tout, chaque être était au-delà des mots...magnificient, unique, différent, semblable, impersonnifié.
D'ailleurs, les mots n'avaient plus aucune importance pour lui, il pensait très peu voire pas du tout en fait, vu qu'il vivait plutôt le truc, je sais pas si vous arrivez à vous l'imaginer, mais je crois pas réussir à vous le faire ressentir, je vois pas pourquoi je m'évertue à m'échiner à essayer de vous décrire ce qui ne peut l'être...faudra repasser, ça commence à me saouler -je suis pas zen et loin de l'être, j'avoue tout, j'ai encore du boulot.
[soupir désabusé]
Je disais donc qu'il avait abandonné la réflexion sur la société humaine car il savait que ça ne changerait pas le cours de choses, en ce qui le concernait. Ce qui ne voulait pas dire qu'il ne fallait rien faire et accepter l'inéluctable : à savoir que ses frères Humains se dirigeaient, à marche forcée, vers une fin de civilisation, disons...plutôt brutale et prématurée.
Outre le fait que chacun pensait à soi et uniquement à soi -où à sa famille, à ses enfants, à son clan, à sa communauté..ce qui revenait au même-, la pollution avait atteint un niveau alarmant. Les forêts disparaissaient, empoisonnées; les animaux, les végétaux, les minéraux : tout se vendait, n'avait plus d'autre valeur que celle de monnaie. Le Soi comme prétexte était glorifié : mais il s'agissait d'un faux-semblant, c'était le Soi égoïste et égotiste qui parlait, pas la recherche du Soi pour se remettre en connexion avec le Vivant et sa Source, mais bien le soi du nombril... Ce soi qui faisait oublier aux Hommes leur véritable nature, celle d'êtres capables de bonté, d'altruisme, de compassion.
Pour glorifier ce néant qui s'élevait de plus en plus haut, que l'on appelait consommation, croissance, facebook, ou téléphone portable, l'homme avait jeté aux orties ce qui aurait pu le sauver, lui, ses semblables et la planète toute entière : sa Conscience.
Cette conscience qui était désormais systématiquement mise au rencard, bafouée, travestie en une parodie d'indignation, étouffée sous les émotions et les bons sentiments, mais qui laissait faire. Laissait faire les pires turpitudes au nom de principes qui étaient l'exact contraire de la nature Humaine : consommation, exploitation irraisonnée et destruction de la Nature, exactions diverses et variées, totalitarismes, engrenages de violences, de peurs, oubli de soi et des autres au profit d'une fuite en avant de plus en plus rapide. Droit devant, à toute vitesse, vers le mur.
Le monde tournait mal? Cinq années plus tôt, il en était déjà convaincu.
Cinq années plus tard, il savait qu'il aurait un rôle à jouer dans le changement qui était devenu indispensable. Vital. Et il était convaincu que cinq années supplémentaires dans sa grotte étaient un luxe qu'il ne pourrait plus se permettre : au loin, il sentait la tension annonciatrice de grands conflits à venir. Moins de cinq ans, il en était sûr, avant que le prochain Grand Conflit n'éclate et cette fois-ci, trop d'armes, trop de haines, trop de capacité de destruction accumulées, trop de convoitises. Le risque n'en était plus un, mais une certitude, juste une question de temps...
Il était temps de redescendre dans la vallée, puis dans le monde, de reprendre pied dans le réel pour agir et sauver ce qui pouvait encore l'être. Il chaussa ses sandales, rajusta sa sangha, et partit d'un bon pied vers le sud, le sourire aux lèvres et l'œil pétillant.
En bas, la ville, cinq années de développement plus tard, grouillante de vie, de bruit et d'odeurs, telle une bouche avide au milieu de la nature.
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Je dédie ce pavé à maître Thich Nhat Hanh et à ses élèves, puissiez vous œuvrer dans la même direction et un jour nous apporter le Réveil à tous...
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La poussière est partout... Luttant contre cet ennemi quasi invisible, Dieu n'en mène pas large : le balai dans ses larges paluches, il sue des gouttes comme le poing et éternue continuellement, au milieu d'un nuage de poussières en constante expansion.
Ça fait maintenant six jours qu'il bosse comme un dingue pour tenter de maintenir un semblant d'ordre sur cette foutue planète : le bordel est partout!
Entropie, quand tu nous tiens : on dirait que c'est le souk par ici!
Partout, des continents à la dérive, des plaques qui se chevauchent, et cette Vie dont il a semé juste quelques graines par erreur, un soir d'alcoolisation, il ne se souvient plus vraiment, il avait posé les semences par là, tourné le dos quelques instants et pof! Des forêts, des oiseaux, des reptiles, des amphibiens, et, au cinquième jour, ces espèces de primates velus et chevelus, sautillants et grimaçants, qui ont commencé à le faire marrer avec leurs mimiques ridicules...il en avait même posé sa bouteille et pausé sa beuverie, la gueule en travers, muet d'étonnement devant tant de...comment dire? Bordélisme, ouais c'était le terme qui lui était venu spontanément à l'esprit.
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| CACA-Mééé-HA-Mééé-HAAAAA!!! |
Jusqu'au jour où il avait constaté un truc : il avait encore pris du retard dans le ménage, c'était la cata, la galaxie NGC25486 faisait encore des siennes avec cette foutue supernova, tout ce coin menaçait de partir en vrille, une vraie casserole sur le feu c'en était fatigant, il en avait plus que ras la casquette! Alors il s'était refait une petite "séance" : hop! un coup d'œil sur ses Humanoïdes...histoire de se remonter le moral quoi.
Et là stupéfaction : ils ne se baladent plus du tout en groupe, question défécation en tribu c'est plus du tout ça, même que maintenant ils ont des notions du genre "sale", "honteux", "personnel", "wc privés" et que sais-je, là Le Grand Démiurge tombe littéralement des nues -je vous dis pas la supernova NGC 25486, les résidents du coin en ont pris plein la tronche- mais qu'est-ce que c'est que ces conneries, non mais je vous l'demande ma bonne dame, on tourne le dos quelques siècles et c'est le merdier, vraiment insortables, ingérables et inqualifiables, mais qu'est-ce que j'ai encore fait pour mériter ça, j'en ai ma claque, ma claque, MA CLA-QUE!
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| à haute dose, la poussière peut être nocive pour la santé |
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| désignation de l'employé du mois en Chine |
Une Divine Larme roule alors sur l'interminable joue du Démiurge : c'était donc ça... Ils étaient devenus individualistes! Il sût alors, à ce moment précis et sans aucun doute possible, qu'il lui faudrait tirer un trait définitif sur ces scènes d'excrétion en groupe qui l'avaient tellement diverti, lui offrant des pauses bienvenues au milieu de son dur labeur...la vie est une vallée de larmes.
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"Mahamati, toutes les formes, couleurs et images, sont appelées représentations (nimitta).
A partir de ces représentations se forment les concepts, sur le modèle "c'est ceci", "ce n'est pas cela", etc. C'est ce qui s'appelle Nom (nama). Les "consciences-connaissances" et leurs fonctions, qui donnent naissance à ces concepts, sont appelées Discrimination (vikalpa). Ces représentations et concepts ne sont pas des choses vraies qu'on peut obtenir; ils ne sont que le produit de la discrimination. La nature vraie des choses, libérée de cette discrimination, est appelée Ainséité (tathata).
Mahamati, voici les caractéristiques de l'Ainséité : réalité, exactitude, fin ultime, nature propre, fondement et non-obtention.
Les Bouddhas et moi-même avons réalisé et exposé l'Ainséité.
Tous ceux qui sont capables de se servir habilement de cet exposé, afin de pénétrer dans l'Ainséité, peuvent transcender les concepts de continuité et de discontinuité, de débarrasser de la discrimination-imagination et accéder à l'expérience spirituelle de la réalisation de soi-même, une expérience inconnue aux philosophes, Sravakas et Pratyekabuddhas. Ceci est appelé Vraie Sagesse (samyagjnana).
Mahamati, vous devez vous servir de votre habileté pour réaliser ces dharmas.
Une fois que vous les aurez réalisés, votre esprit sera confirmé; plus rien ne pourra vous ébranler.
Lankavatara-sutra
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Cela faisait maintenant cinq ans que Pandit était revenu dans sa grotte.
Cinq années de méditation, hors du temps et des tourments de la civilisation humaine.
Les novices du temple voisin, situé à quelques kilomètres, passaient une fois par quinzaine voir s'il n'avait besoin de rien. Sans un bruit, ils nettoyaient les alentours de sa retraite, vérifiaient qu'il disposait de suffisamment d'eau et de nourriture -le strict nécessaire pour maintenir son corps en fonctionnement- et repartaient sans un mot.
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| bouddha=feignasse |
Cela n'avait en aucun cas changé sa façon de vivre : il mangeait, dormait, buvait, excrétait toujours comme tout le monde. Il lavait son bol dans la rivière, se mouchait, marchait... Mais il le faisait juste vraiment. Il était là, ici et maintenant, en pleine et totale conscience de lui-même et de tout ce qui l'entourait, l'esprit absolument centré... Il avait atteint l'état de pleine conscience qui lui faisait vivre intensément ne serait-ce que le simple écoulement de l'eau sur ses mains, lors de la corvée quotidienne de la vaisselle. Les insectes sur son passage, les animaux dans les fourrés, le soleil sur le seuil de la grotte, tout absolument tout était en lui et hors de lui, plus rien n'avait de nom ni d'identité propres car chaque chose faisait partie du tout, chaque être était au-delà des mots...magnificient, unique, différent, semblable, impersonnifié.
D'ailleurs, les mots n'avaient plus aucune importance pour lui, il pensait très peu voire pas du tout en fait, vu qu'il vivait plutôt le truc, je sais pas si vous arrivez à vous l'imaginer, mais je crois pas réussir à vous le faire ressentir, je vois pas pourquoi je m'évertue à m'échiner à essayer de vous décrire ce qui ne peut l'être...faudra repasser, ça commence à me saouler -je suis pas zen et loin de l'être, j'avoue tout, j'ai encore du boulot.
[soupir désabusé]
Je disais donc qu'il avait abandonné la réflexion sur la société humaine car il savait que ça ne changerait pas le cours de choses, en ce qui le concernait. Ce qui ne voulait pas dire qu'il ne fallait rien faire et accepter l'inéluctable : à savoir que ses frères Humains se dirigeaient, à marche forcée, vers une fin de civilisation, disons...plutôt brutale et prématurée.
Outre le fait que chacun pensait à soi et uniquement à soi -où à sa famille, à ses enfants, à son clan, à sa communauté..ce qui revenait au même-, la pollution avait atteint un niveau alarmant. Les forêts disparaissaient, empoisonnées; les animaux, les végétaux, les minéraux : tout se vendait, n'avait plus d'autre valeur que celle de monnaie. Le Soi comme prétexte était glorifié : mais il s'agissait d'un faux-semblant, c'était le Soi égoïste et égotiste qui parlait, pas la recherche du Soi pour se remettre en connexion avec le Vivant et sa Source, mais bien le soi du nombril... Ce soi qui faisait oublier aux Hommes leur véritable nature, celle d'êtres capables de bonté, d'altruisme, de compassion.
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| bientôt dans vos rayons |
Cette conscience qui était désormais systématiquement mise au rencard, bafouée, travestie en une parodie d'indignation, étouffée sous les émotions et les bons sentiments, mais qui laissait faire. Laissait faire les pires turpitudes au nom de principes qui étaient l'exact contraire de la nature Humaine : consommation, exploitation irraisonnée et destruction de la Nature, exactions diverses et variées, totalitarismes, engrenages de violences, de peurs, oubli de soi et des autres au profit d'une fuite en avant de plus en plus rapide. Droit devant, à toute vitesse, vers le mur.
Le monde tournait mal? Cinq années plus tôt, il en était déjà convaincu.
Cinq années plus tard, il savait qu'il aurait un rôle à jouer dans le changement qui était devenu indispensable. Vital. Et il était convaincu que cinq années supplémentaires dans sa grotte étaient un luxe qu'il ne pourrait plus se permettre : au loin, il sentait la tension annonciatrice de grands conflits à venir. Moins de cinq ans, il en était sûr, avant que le prochain Grand Conflit n'éclate et cette fois-ci, trop d'armes, trop de haines, trop de capacité de destruction accumulées, trop de convoitises. Le risque n'en était plus un, mais une certitude, juste une question de temps...
Il était temps de redescendre dans la vallée, puis dans le monde, de reprendre pied dans le réel pour agir et sauver ce qui pouvait encore l'être. Il chaussa ses sandales, rajusta sa sangha, et partit d'un bon pied vers le sud, le sourire aux lèvres et l'œil pétillant.
En bas, la ville, cinq années de développement plus tard, grouillante de vie, de bruit et d'odeurs, telle une bouche avide au milieu de la nature.
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Je dédie ce pavé à maître Thich Nhat Hanh et à ses élèves, puissiez vous œuvrer dans la même direction et un jour nous apporter le Réveil à tous...
jeudi 17 mars 2011
Dawn
Alternative 1-
"Evrything was under control until..."
(pas très réjouissant, il est vrai)
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Le jour se lève.
Ça fait des heures qu'il marche. Devant lui, le désert.
Ponctué d'ornières, de ruines, de cratères noircis et de troncs d'arbres calcinés.
Il traverse une énième cité qui n'a plus de nom, un paysage peuplé de fantômes noyé dans un océan de béton fissuré.
Des heures qu'il titube, affamé et assoiffé, la peau comme la terre sous ses semelles fatiguées : faite de rides et de crevasses.
Il a ce voile devant les yeux : sa vision a de plus en plus de mal à accommoder.
Il a le teint de ceux qui savent qu'ils n'en ont plus pour très longtemps, touristes d'un voyage qui n'a aucune possibilité de retour, si ce n'est au néant...Peut-être est-ce ce qu'il veut, après tout, pourquoi pas? Mieux vaut disparaître que de continuer dans ces conditions..
Surtout si tout est perdu : que reste-t-il de vivant, sur cette terre empoisonnée? Pour qui ou pour quoi continuer à vivre? Tout a péri, ou est en train de le faire.
Les océans, remplis de déchets jusqu'à la gueule, n'abritent presque plus rien de comestible. La terre exhale des particules invisibles, qui brûlent la peau..et donnent le Mal Qui Fait Saigner, silencieux, sournois. Fatal, quoi que vous fassiez.
Les sommets? Il a tenté, un instant, d'y accéder : rien à faire! La neige a fondu, partout, trop de chaleur car trop de ce "vieux gaz", comme disaient les Anciens, dans l'atmosphère; les pluies acides ont patiemment continué le travail sur toutes les forêts, déforestation régulière à chaque tour d'orage.
L'érosion a fait le reste. Les cimes ressemblent désormais toutes à la même chose : de la rocaille rabotée, stérile, qui, peu à peu, se précipite dans les vallées comme pour les combler.
Nulle part où se réfugier sans ressentir la faim, la soif, le manque.
L'Âge d'Or de la Civilisation Moderne a pris fin, quelques années plus tôt, quand le "peak oil" a été atteint, puis dépassé, puis parachevé... Plus de pétrole! A sec!
Le pire? même pas de "Grande Guerre" pour finir le travail, contrairement à ce que la plupart des gens redoutaient à l'époque! Juste des conflits "régionaux" localisés, pour la possession des derniers gisements de précieuses ressources naturelles : pétrole, eau, terres cultivables de plus en plus rares.
L'avidité de ceux qui partageaient de moins en moins, au détriment de l'écrasante majorité qui manquait de plus en plus -mais qui rêvait secrètement de faire la même chose, ce qui l'a empêchée de s'unir pour essayer de changer les choses- a fait le reste : repli en communautés, accaparement des stocks de nourriture. Famines, pollutions, accidents multiples de l'infrastructure industrielle qui partait en lambeaux, faute d'entretien... Empoisonnement, destruction progressive des habitats, disparition des espèces..
Un autre tournant? La mort des abeilles, en masse : plus de pollinisation, donc plus de fleurs, plus de fruits, de légumes...
Les premiers à mourir furent les "irrattrapables", c'est à dire ceux qui, trop dépendants de la technologie, étaient de plus en plus confiants, aveuglés et faibles -oui faibles car diminués par ce qu'on appelait, à l'époque, le "Progrès". Quoi de plus envoûtant que ce Progrès qui avait permis à l'Humanité de dompter sa faim, de communiquer instantanément sur toute la planète, de commencer même à parcourir le ciel? A climatiser son lieu de vie, à donner de la nourriture à tous sans plus aucun besoin de la chercher, de pouvoir dompter le plus féroce animal d'un simple claquement de gâchette... de tous se regrouper dans de grandes cités, pensant être à l'abri du besoin!
Ne plus avoir à marcher, à chercher sa nourriture, à se battre pour survivre, pour exister.
Quand la Rupture survint, il était trop tard pour beaucoup de ceux-là. La fin de l'approvisionnement automatique en eau, en énergie, en nourriture, la fin des déplacements faciles, des logements sécurisés contre les intempéries... 4/5ème des Hommes ne savait même plus comment faire du feu. Comment chasser un petit animal, ou se construire un abri sûr pour passer la nuit dehors sans trop de danger.
Le Dépeuplement eut bien lieu : il fut progressif, massif et continu.
Cette Terre était si belle, avant...
Il en était là de ses réflexions lorsqu'il trébucha sur un débris et tomba à genoux. Il sut qu'il n'aurait plus la force de se relever; et que c'était, au fond, tant mieux.
Le regard tourné vers le ciel, il eut finalement une pensée de joie.
La Vie n'avait pas totalement quitté ce caillou devenu stérile par leur faute à tous!
Le vautour qui se posa non loin de lui, petit œil noir et stupide, bec fin et acéré -mais si réel- le lui confirma l'instant d'après.
--------------------------------------------------------------------------------------------------
Alternative 1 - fin de transmission
(espérons pour la suite ...comme le titre l'indique...
d'autres alternatives à celle-ci, peut-être...)
"Evrything was under control until..."
(pas très réjouissant, il est vrai)
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Le jour se lève.
Ça fait des heures qu'il marche. Devant lui, le désert.
Ponctué d'ornières, de ruines, de cratères noircis et de troncs d'arbres calcinés.
Il traverse une énième cité qui n'a plus de nom, un paysage peuplé de fantômes noyé dans un océan de béton fissuré.
Des heures qu'il titube, affamé et assoiffé, la peau comme la terre sous ses semelles fatiguées : faite de rides et de crevasses.
Il a ce voile devant les yeux : sa vision a de plus en plus de mal à accommoder.
Il a le teint de ceux qui savent qu'ils n'en ont plus pour très longtemps, touristes d'un voyage qui n'a aucune possibilité de retour, si ce n'est au néant...Peut-être est-ce ce qu'il veut, après tout, pourquoi pas? Mieux vaut disparaître que de continuer dans ces conditions..
Surtout si tout est perdu : que reste-t-il de vivant, sur cette terre empoisonnée? Pour qui ou pour quoi continuer à vivre? Tout a péri, ou est en train de le faire.
Les océans, remplis de déchets jusqu'à la gueule, n'abritent presque plus rien de comestible. La terre exhale des particules invisibles, qui brûlent la peau..et donnent le Mal Qui Fait Saigner, silencieux, sournois. Fatal, quoi que vous fassiez.
Les sommets? Il a tenté, un instant, d'y accéder : rien à faire! La neige a fondu, partout, trop de chaleur car trop de ce "vieux gaz", comme disaient les Anciens, dans l'atmosphère; les pluies acides ont patiemment continué le travail sur toutes les forêts, déforestation régulière à chaque tour d'orage.
L'érosion a fait le reste. Les cimes ressemblent désormais toutes à la même chose : de la rocaille rabotée, stérile, qui, peu à peu, se précipite dans les vallées comme pour les combler.
Nulle part où se réfugier sans ressentir la faim, la soif, le manque.
L'Âge d'Or de la Civilisation Moderne a pris fin, quelques années plus tôt, quand le "peak oil" a été atteint, puis dépassé, puis parachevé... Plus de pétrole! A sec!
Le pire? même pas de "Grande Guerre" pour finir le travail, contrairement à ce que la plupart des gens redoutaient à l'époque! Juste des conflits "régionaux" localisés, pour la possession des derniers gisements de précieuses ressources naturelles : pétrole, eau, terres cultivables de plus en plus rares.
L'avidité de ceux qui partageaient de moins en moins, au détriment de l'écrasante majorité qui manquait de plus en plus -mais qui rêvait secrètement de faire la même chose, ce qui l'a empêchée de s'unir pour essayer de changer les choses- a fait le reste : repli en communautés, accaparement des stocks de nourriture. Famines, pollutions, accidents multiples de l'infrastructure industrielle qui partait en lambeaux, faute d'entretien... Empoisonnement, destruction progressive des habitats, disparition des espèces..
Un autre tournant? La mort des abeilles, en masse : plus de pollinisation, donc plus de fleurs, plus de fruits, de légumes...
Les premiers à mourir furent les "irrattrapables", c'est à dire ceux qui, trop dépendants de la technologie, étaient de plus en plus confiants, aveuglés et faibles -oui faibles car diminués par ce qu'on appelait, à l'époque, le "Progrès". Quoi de plus envoûtant que ce Progrès qui avait permis à l'Humanité de dompter sa faim, de communiquer instantanément sur toute la planète, de commencer même à parcourir le ciel? A climatiser son lieu de vie, à donner de la nourriture à tous sans plus aucun besoin de la chercher, de pouvoir dompter le plus féroce animal d'un simple claquement de gâchette... de tous se regrouper dans de grandes cités, pensant être à l'abri du besoin!
Ne plus avoir à marcher, à chercher sa nourriture, à se battre pour survivre, pour exister.
Quand la Rupture survint, il était trop tard pour beaucoup de ceux-là. La fin de l'approvisionnement automatique en eau, en énergie, en nourriture, la fin des déplacements faciles, des logements sécurisés contre les intempéries... 4/5ème des Hommes ne savait même plus comment faire du feu. Comment chasser un petit animal, ou se construire un abri sûr pour passer la nuit dehors sans trop de danger.
Le Dépeuplement eut bien lieu : il fut progressif, massif et continu.
Cette Terre était si belle, avant...
Il en était là de ses réflexions lorsqu'il trébucha sur un débris et tomba à genoux. Il sut qu'il n'aurait plus la force de se relever; et que c'était, au fond, tant mieux.
Le regard tourné vers le ciel, il eut finalement une pensée de joie.
La Vie n'avait pas totalement quitté ce caillou devenu stérile par leur faute à tous!
Le vautour qui se posa non loin de lui, petit œil noir et stupide, bec fin et acéré -mais si réel- le lui confirma l'instant d'après.
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Alternative 1 - fin de transmission
(espérons pour la suite ...comme le titre l'indique...
d'autres alternatives à celle-ci, peut-être...)
dimanche 13 mars 2011
SDF
Pour une reprise toute en douceur, après presque un mois sans drogue accès internet, j'ai envie de parler d'un sujet qui nous préoccupera tous, un jour ou l'autre. Un sujet "de société", qui amène la peur dans les chaumières, la crainte sur les visages et la trouille dans les pensées -ou l'inverse. Je veux parler, bien sûr, de la façon de gouverner (si l'on peut appeler ça ainsi) de notre cher pRésident.
J'avoue que ce petit billet de reprise m'a été inspiré par un excellent dessin de Chimulus vu sur Rue89, tout à ma joie que j'étais d'avoir retrouvé un accès web digne de ce nom, après des péripéties déménageuses que n'aurait pas renié ce cher Stallone (ou pourquoi pas, Steven Seagal...spéciale dédikass à qui se reconnaîtra) dans un des blockbusters pour mollusques, à gros budget et petits cerveaux, dont il nous régale périodiquement.
Il faut dire que je ne suis pas contre un petit divertissement de temps en temps, par divertissement j'entends : un film où le-gros-baraqué-qu'aime-pas-qu'on-fasse-du-mal-à-la-veuve-ET-à-son-orphelin-(passkil-il-a-du-cœur)-il-en-souffre-alors-du-coup-il-leur-pète-tous-la-tronche-à-ces-niaquoués mais quand même, ça doit rester rare que dis-je,exceptionnel, une fois de temps en temps parce qu'après, j'ai un peu mal à la tête (je supporte pas les cris des niaquoués qu'on égorge dans la jungle. A la limite, des Cubains, ou des Portoricains, jsais pas pourquoi allez savoir mais des jaunes, non, j'y arrive pas).
Donc je vais arrêter de soliloquer parce que mes goûts, on s'en tape, et ok promis je vais accoucher.
Allez, allez, je vais pas vous faire languir plus longtemps : je vous montre l'image, un beau dessin vaut mieux qu'un long discours.
Ehhh oui forcément, ça calme, parce que c'est exactement ça : la politique de SDF de notre petit pRésident.
Oui, une politique de Sans Direction Fixe : depuis le temps que j'avais envie de faire un jeu de mots à la con sur ce terme qui m'insupporte (parce qu'il ne recouvre que partiellement une multitude de situations, de drames, de dérives sous un terme des plus commodes, des plus "bobos" même) ça y est je l'ai fait!
M le pRésident Nicolas Sarkozy a bien reçu Mouamar Khadafi en 2007, et avec les honneurs de la République "dûs à son rang". Qui a même affirmé que le gusse était "un dirigeant éclairé qui amenait son pays vers une transition démocratique", etc. tout ce genre de conneries? Tout ça pour quelques contrats (qui n'ont jamais été signés d'ailleurs)... N'importe quel gamin de cinq ans qui aurait observé les actes passés de ce sinistre personnage (Lockerbie...)s'en serait rendu compte : ce type est irrattrapable, manipulateur; fourbe et particulièrement méprisable. C'est pourquoi ce cher Sarkozy Nicolas a vendu notre République ce jour-là, en le recevant avec les honneurs comme il l'a fait (rassurez-vous, il continue à brader le reste depuis).
Maintenant allons plus loin : on va dire qu'il n'est jamais trop tard pour reconnaître ses erreurs (ce que Nico Ier n'a, au passage, jamais fait concernant Khadafi et consorts..mais bon allez passons passons), et donc notre cher président qui, comme chacun sait a "une vision pour la France" -ça doit être grâce à ses "six cerveaux parfaitement irrigués", parce qu'à part lui, y a pas grand monde qui voit quoi que ce soit dans ce foutu pays actuellement non? Donc je vais essayer d'arrêter de m'égarer -c'est l'émotion de la reprise!- pour vous dire IMAGINEZ que Nicolas Sarkozy regrette sa petite coucherie avec le dictateur Khadafi en 2007, imaginez un peu! Et maintenant imaginez qu'il se dise "il faut faire quelque chose pour ces pauvres Libyens"..
Vous avez du mal? Moi aussi, parce que ça n'est pas du tout crédible!
Et pour tant c'est ce qu'il essaie de tenter de faire croire, et très mal en plus, en osant évoquer "des frappes ciblées contre la Libye". Et l'autre Mouamar de répliquer, comme le gamin blessé qu'il est, en menaçant notre cher pRésident de "révélations" à son tour! LOL on se croirait dans la cour de récré!! Mais moi JE VEUX savoir de quoi il parle, Mouamar! Allez, vas-y crache le morceau quoi! Qu'on rigole un peu!
Et là, je me suis dit : Putain, c'est pas possib'. De l'art de prendre les gens pour plus bêtes qu'ils ne sont -zavez vu je peux être poli quand je veux-, en voulant à tout prix occuper le devant de la scène.
Quitte à en paraître totalement ri-di-cule mais, et c'est surtout ça qui me dérange le plus, absolument dénué de tout sens moral...les Libyens qui crèvent sous les balles des sicaires de Mouamar apprécieront certainement. Ils ne sont, finalement, qu'une variable d'ajustement de plus dans le plan médias de ce cher pRésident qui est vraiment LA HONTE PERSONNIFIÉE pour ce pays. Oui, j'ai honte qu'un type pareil ait été élu par nous, Français, je le dis comme ça me vient.
A quelques mois d'élections dont, honnêtement, il approche très mal barré, dans un pays en crise avec un taux de chômage de plus de 25% chez les jeunes, des millions de précaires, de chômeurs, des centaines de milliers de sans-abri, de travailleurs pauvres, de mal-logés, une inflation galopante sur tout (sauf sur les salaires bien sûr) et, pour couronner le tout des millions de pauvres gens qui ne pourront même pas s'offrir l'Ipad 2 ou la Nintendo DS 3D à la fin du mois il OSE malgré tout, essayer de détourner l'attention ? Il est à ce point déconnecté de la réalité du pays, de NOS réalités, qu'il ose tourner sa veste à chaque fois que le sens du vent change?
Hélas pour lui -et pour ces pauvres Japonais, pour lesquels j'ai une pensée plus qu'émue...en espérant au passage, que le nucléaire que nous vante à tour de bras ce cher pRésident ne provoque pas une catastrophe bien pire encore...mais ça c'est un autre débat- hélas pour lui je disais donc, l'actualité a encore une fois tout fait foirer...son plan média ridicule tombe à l'eau aussi inéluctablement que ce bateau Japonais a été aspiré dans le tourbillon mortel du tsunami.. (ok je sors).
Ce gars est bien un Sans Direction Fixe de la politique : il navigue à vue, plus rien ne lui fait peur.
Je n'aurai plus qu'une seule chose à dire, pour conclure : faisons de lui un vrai SDF, en 2012. C'est urgent!
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| bidon, je vous dis: a même pas Van Damme dedans |
Il faut dire que je ne suis pas contre un petit divertissement de temps en temps, par divertissement j'entends : un film où le-gros-baraqué-qu'aime-pas-qu'on-fasse-du-mal-à-la-veuve-ET-à-son-orphelin-(passkil-il-a-du-cœur)-il-en-souffre-alors-du-coup-il-leur-pète-tous-la-tronche-à-ces-niaquoués mais quand même, ça doit rester rare que dis-je,exceptionnel, une fois de temps en temps parce qu'après, j'ai un peu mal à la tête (je supporte pas les cris des niaquoués qu'on égorge dans la jungle. A la limite, des Cubains, ou des Portoricains, jsais pas pourquoi allez savoir mais des jaunes, non, j'y arrive pas).
Donc je vais arrêter de soliloquer parce que mes goûts, on s'en tape, et ok promis je vais accoucher.
Allez, allez, je vais pas vous faire languir plus longtemps : je vous montre l'image, un beau dessin vaut mieux qu'un long discours.
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| envie d'en rire, même si je suis triste pour les Japonais et les Libyens |
Oui, une politique de Sans Direction Fixe : depuis le temps que j'avais envie de faire un jeu de mots à la con sur ce terme qui m'insupporte (parce qu'il ne recouvre que partiellement une multitude de situations, de drames, de dérives sous un terme des plus commodes, des plus "bobos" même) ça y est je l'ai fait!
M le pRésident Nicolas Sarkozy a bien reçu Mouamar Khadafi en 2007, et avec les honneurs de la République "dûs à son rang". Qui a même affirmé que le gusse était "un dirigeant éclairé qui amenait son pays vers une transition démocratique", etc. tout ce genre de conneries? Tout ça pour quelques contrats (qui n'ont jamais été signés d'ailleurs)... N'importe quel gamin de cinq ans qui aurait observé les actes passés de ce sinistre personnage (Lockerbie...)s'en serait rendu compte : ce type est irrattrapable, manipulateur; fourbe et particulièrement méprisable. C'est pourquoi ce cher Sarkozy Nicolas a vendu notre République ce jour-là, en le recevant avec les honneurs comme il l'a fait (rassurez-vous, il continue à brader le reste depuis).
Maintenant allons plus loin : on va dire qu'il n'est jamais trop tard pour reconnaître ses erreurs (ce que Nico Ier n'a, au passage, jamais fait concernant Khadafi et consorts..mais bon allez passons passons), et donc notre cher président qui, comme chacun sait a "une vision pour la France" -ça doit être grâce à ses "six cerveaux parfaitement irrigués", parce qu'à part lui, y a pas grand monde qui voit quoi que ce soit dans ce foutu pays actuellement non? Donc je vais essayer d'arrêter de m'égarer -c'est l'émotion de la reprise!- pour vous dire IMAGINEZ que Nicolas Sarkozy regrette sa petite coucherie avec le dictateur Khadafi en 2007, imaginez un peu! Et maintenant imaginez qu'il se dise "il faut faire quelque chose pour ces pauvres Libyens"..
Vous avez du mal? Moi aussi, parce que ça n'est pas du tout crédible!
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| Un ami de trente ans? |
Et là, je me suis dit : Putain, c'est pas possib'. De l'art de prendre les gens pour plus bêtes qu'ils ne sont -zavez vu je peux être poli quand je veux-, en voulant à tout prix occuper le devant de la scène.
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| Notre Belle Famille |
A quelques mois d'élections dont, honnêtement, il approche très mal barré, dans un pays en crise avec un taux de chômage de plus de 25% chez les jeunes, des millions de précaires, de chômeurs, des centaines de milliers de sans-abri, de travailleurs pauvres, de mal-logés, une inflation galopante sur tout (sauf sur les salaires bien sûr) et, pour couronner le tout des millions de pauvres gens qui ne pourront même pas s'offrir l'Ipad 2 ou la Nintendo DS 3D à la fin du mois il OSE malgré tout, essayer de détourner l'attention ? Il est à ce point déconnecté de la réalité du pays, de NOS réalités, qu'il ose tourner sa veste à chaque fois que le sens du vent change?
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| J'aime pas le maïs |
Ce gars est bien un Sans Direction Fixe de la politique : il navigue à vue, plus rien ne lui fait peur.
Je n'aurai plus qu'une seule chose à dire, pour conclure : faisons de lui un vrai SDF, en 2012. C'est urgent!
mercredi 23 février 2011
Pragmatisme
Le phare de l'Orient
-Salut, tu vas bien ?
-Moi ça roule, merci… juste en plein déménagement…
Un peu comme un certain Muhammar K, de l’autre côté de la mediterranée, en ce moment je fais le ménage dans mon nouveau « chez moi ». Sauf que lui, on va dire que ça fait 42 piges qu’il est installé, et visiblement, il a pas envie de poser son préavis…
Alors il tire juste dans le tas, ou il fait faire le boulot par des mercenaires bien payés (les syndicats sont contents, pas d'entorse au Code du Travail), environ une cinquantaine de fois par jour, voire le double les jours de grosse affluence ou les week-ends : manif monstre, rassemblement impromptu, envie de changement non autorisée…Je disais donc qu'il ne posera pas son préavis sans foutre le bordel, ça se comprend, son appart est bien plus grand et luxueux que le mien, il le lâchera pas comme ça malheureux ! Faut des com-pen-sa-tions voyez-vous.
Il s’accroche à mon maroquin doré, construit sur les douleurs et les souffrances de millions de pauvres, comme le paresseux à sa branche : paraît qu’il serait impossible de le décrocher, vu la très grande force qu’il peut déployer dans les griffes. Pourtant, l’a pas l’air très jouasse, le paresseux, quand on le regarde, non ? Pas très nerveux, pas très futé/futé aussi : on aurait envie de lui coller son pied au cul, de temps en temps, on se dit que ça lui ferait pas de mal si il accélérait un peu ? Détrompez-vous, tout ça n’est qu’un leurre!
Sous ces airs de tortue corse dopée au valium se cache un faux calme, la preuve la bestiole non seulement s’accroche, mais en plus elle griffe, fort et bien. Et ne s’embarrasse pas de détails : à la tête, c’est plus rapide. En plus, franchement, pourquoi s’inquiéter ? Depuis hier nous sommes en effet plus que rassurés : il paraît que « tous ces manifestants sont juste des rats, des drogués et des alcooliques ». C’est donc une médaille qu’on devrait lui décerner, au colonel : il nettoie le pays de toute cette racaille ; avec lui, pas de Karcher qui tienne, c’est du lourd, du solide, du direct : hélicos, avions de chasse, arme lourde, direct dans le tas ! Nico, tu devrais en prendre de la graine…
Faut dire qu’il est parti de loin, le ptit Mouhamar.
On croyait le gars original, avec son parapluie à la con et ses lunettes de soleil enveloppantes, un genre de Mickaël Jackson du Maghreb, voyez ? Avec sa tente rayée, plantée à côté des Champs-élysées sous la bienveillante bénédiction de notre Leader Minimo, il y a quelques années, il avait fait un tabac. Faut dire que son harem pardon sa « suite d’escort girls » en avait fait bander plus d’un, du côté de la capitale ! Ah qu’est ce qu’on s’était marrés, en voyant sa binette luisante, ses cheveux gominés recouvrant un visage chafouin, les pores exsudant la graisse de kebab mal digéré, du coup il brillait tel un soleil dans la noirceur qui environnait "sa" Lybie, la terre de ses ancêtres, "le pays pour lequel il donnerait jusqu'à sa vie" « phare de l’orient » ! (Là, j'ai envie de m'exclamer "mon postérieur!" si je la faisais courtoise...mais je dirai juste "MON CUL!" parce que je ne le suis pas.)
Bon, allez, c’est vrai, on avait moins rigolé quand notre Toupti Ier l’avait reçu sur le perron de l’Elysée, ou quand on l’avait vu débarquer à l’Assemblée Nationale, histoire d’aller narguer tous ces opposants de pacotille, telle cette Rama, avec sa sortie un brin énervée, qui eût mieux fait de la fermer.
Non mais ! Depuis quand on insulte les paillassons dans ce pays ? A l’époque, on avait vraiment frôlé l’incident diplomatique : il a fallu toute l’ingéniosité de notre plénipotentiaire à talonnettes pour rattraper le coup, et nous promettre une « dizaine de milliards d’euro de contrats » (qui, au final on fait pschiiiiiiit dans l’indifférence générale) et ce dans des domaines, de surcroît, vraiment mais alors vraiment anodins (nucléaire, aviation militaire…).
Histoire de se dire que, finalement, ce cher Sarko a vraiment fait preuve de pragmatisme. Du moins à l’époque. Gageons que les Libyens survivants (s’il en reste) sauront, à l’issue de ces « tragiques évènements », le remercier comme il se doit pour ce pragmatisme qui a déjà servi en Tunisie.
Quitte à l’assigner peut être, un jour ou l’autre, à comparaître devant une commission d’enquête internationale pour « soutien passif à une dictature sanguinaire » et , pourquoi pas, « complicité de crimes contre l’Humanité ». Mais bon, là je sais, vous allez me dire que je rêve tout haut, une fois de plus…
Il n’y a pas de rats dans mon nouvel immeuble, c’est du neuf.
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| "je me battrai jusqu'à la dernière goutte de pétrole" |
-Moi ça roule, merci… juste en plein déménagement…
Un peu comme un certain Muhammar K, de l’autre côté de la mediterranée, en ce moment je fais le ménage dans mon nouveau « chez moi ». Sauf que lui, on va dire que ça fait 42 piges qu’il est installé, et visiblement, il a pas envie de poser son préavis…
Alors il tire juste dans le tas, ou il fait faire le boulot par des mercenaires bien payés (les syndicats sont contents, pas d'entorse au Code du Travail), environ une cinquantaine de fois par jour, voire le double les jours de grosse affluence ou les week-ends : manif monstre, rassemblement impromptu, envie de changement non autorisée…Je disais donc qu'il ne posera pas son préavis sans foutre le bordel, ça se comprend, son appart est bien plus grand et luxueux que le mien, il le lâchera pas comme ça malheureux ! Faut des com-pen-sa-tions voyez-vous.
Il s’accroche à mon maroquin doré, construit sur les douleurs et les souffrances de millions de pauvres, comme le paresseux à sa branche : paraît qu’il serait impossible de le décrocher, vu la très grande force qu’il peut déployer dans les griffes. Pourtant, l’a pas l’air très jouasse, le paresseux, quand on le regarde, non ? Pas très nerveux, pas très futé/futé aussi : on aurait envie de lui coller son pied au cul, de temps en temps, on se dit que ça lui ferait pas de mal si il accélérait un peu ? Détrompez-vous, tout ça n’est qu’un leurre!
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| Raaaat lovely!! |
Faut dire qu’il est parti de loin, le ptit Mouhamar.
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| Après Elvis, nouveau scoop: le King de la Pop est bien vivant |
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| lâche-moi la quéquette tu mfais mal |
Non mais ! Depuis quand on insulte les paillassons dans ce pays ? A l’époque, on avait vraiment frôlé l’incident diplomatique : il a fallu toute l’ingéniosité de notre plénipotentiaire à talonnettes pour rattraper le coup, et nous promettre une « dizaine de milliards d’euro de contrats » (qui, au final on fait pschiiiiiiit dans l’indifférence générale) et ce dans des domaines, de surcroît, vraiment mais alors vraiment anodins (nucléaire, aviation militaire…).
Histoire de se dire que, finalement, ce cher Sarko a vraiment fait preuve de pragmatisme. Du moins à l’époque. Gageons que les Libyens survivants (s’il en reste) sauront, à l’issue de ces « tragiques évènements », le remercier comme il se doit pour ce pragmatisme qui a déjà servi en Tunisie.
Quitte à l’assigner peut être, un jour ou l’autre, à comparaître devant une commission d’enquête internationale pour « soutien passif à une dictature sanguinaire » et , pourquoi pas, « complicité de crimes contre l’Humanité ». Mais bon, là je sais, vous allez me dire que je rêve tout haut, une fois de plus…
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| pour faire une bonne omelette, bien huiler la poele |
La France est un des plus gros vendeurs d’armes au monde, vous ne le saviez pas ? Le deal est clair, et ce depuis fort longtemps voyez-vous : ou c’est nous qui leur vendions nos machines de mort, ou c’est les autres. Machines qui sont actuellement utilisées, un peu partout, par les divers Kadhafi qui peuplent cette jolie planète. ehhh non : les armes sont déballées de leurs cartons (décidément c'est le thème à la mode ce mois-ci), elles ne sont pas juste là pour faire joli. Elles servent. Qui voudrait que nos pôôôôv ptits ouvriers se retrouvent au chômage en ne pouvant pas les fabriquer, par absence de clients? Certainement pas nos chers VRP dirigeants. Mieux vaut rester pragmatique.
Que ça soit hier au Rwanda, ou en Tunisie, aujourd’hui en Lybie, et demain que sais-je ? en Algérie, au Soudan, au Yémen, voire en Chine….les marchés n'ont jamais manqué, suffit juste que ça continue, et tout le monde sera content. Enfin, l'ouvrier occidental qui pourra s'acheter le dernier iphone à la mode sera certainement plus content que le pôv con Lybien, Tunisien, Chinois ou Algérien qui se prendra un pruneau dans la gueule mais bon, que voulez vous : on ne fait pas d'omelette de stabilisation sociale mondiale sans casser quelques oeufs démocratiques.
Que ça soit hier au Rwanda, ou en Tunisie, aujourd’hui en Lybie, et demain que sais-je ? en Algérie, au Soudan, au Yémen, voire en Chine….les marchés n'ont jamais manqué, suffit juste que ça continue, et tout le monde sera content. Enfin, l'ouvrier occidental qui pourra s'acheter le dernier iphone à la mode sera certainement plus content que le pôv con Lybien, Tunisien, Chinois ou Algérien qui se prendra un pruneau dans la gueule mais bon, que voulez vous : on ne fait pas d'omelette de stabilisation sociale mondiale sans casser quelques oeufs démocratiques.
Pragmatisme, voilà le maître mot. Sur ce, je retourne à mes cartons… au fait, rassurez-vous, je vais très bien : mon nouvel appart est très chouette. Juste le temps que je rebranche le ouèbe, et je reviendrai plus souvent par ici. La maison est sympa, quoique un peu poussiéreuse, ces temps-ci. L’autre jour, j’ai failli sortir ma kalachnikov pour enlever la poussière : j’ai arrêté mon geste juste à temps.
Il n’y a pas de rats dans mon nouvel immeuble, c’est du neuf.
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| on devrait aussi mettre un avertissement sur les cartons : déménager peut tuer (je sais je sais carton plein sur cette vanne) |
mercredi 9 février 2011
les Sept Plaies de l'Occident - Verset 2
Et le Créateur reposa son sandwich, enleva les miettes de pain de sa barbe, et prît quelques instants pour contempler son Œuvre. On était jeudi, et il avait déjà fini... Il s'aperçut alors simultanément : 1/ que les Hommes commençaient à se taper sur la gueule ; 2/que la semaine de quatre jours, ça ne le faisait vraiment, mais alors vraiment pas du tout; et 3/, que le sandwich était vraiment infâme-il venait de réveiller son ulcère.
Il prit alors son porte-voix préféré et déclama, du haut de la Montagne Sacrée :
"Hommes!! Vous ne comprenez donc pas? Je vous ai créés du néant, et peux vous y remettre dans l'instant! Je suis la Toute-puissance qui est et n'est pas, qui fait et ne fait pas, qui décide et...c'est comme cela.(hum)
Il va donc falloir que vous vous conformiez à mes desiderata, à savoir pas question de se voler, de se taper, de se tuer, de convoiter la femme de son voisin de palier sans mon assentiment."
Mais Sa Progéniture continua de plus belle, ignorant ses instructions Divines! Comment cela était-il ne serait-ce que pensable?
Le porte-voix de Dieu était un modèle spécial : il suffisait d'y murmurer pour que la terre elle-même tremble sur ses fondations; y crier revenait à déclencher le tonnerre, voire pire un cyclone... Le Créateur toussa un bon coup dedans. Les Hommes se tinrent cois, l'oreille soudain dressée, l'œil exorbité par la peur de la Voix Céleste, comme des lapins guettant le chasseur au coin d'un fourré. C'est alors que le Créateur réalisa : "Mais bon sang mais c'est bien sûûûr! Ils m'entendent de ce côté-ci, mais pas de ce côté-là! J'ai beau m'égosiller à un endroit E, à un moment M, à un instant I (bon ça va j'arrête là ça commence à me les gonfler), s'ils ne peuvent pas se passer le mot, c'est comme des poissons rouges : ils oublient! Il faut répéter, répéter, amplifier,éduquer, conditionner, bourrer leurs petits crânes en per-ma-nen-ce pour que le message passe!! Eurêka!"
De joie, Il en avait renversé son reste de sandwich, partout, de la mayonnaise bas de gamme sur la Céleste Moquette Ikéa. "Ehhhh meeerde!!!".
Il inventa alors les médias, et les leur donna.
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Pandit patientait dans les bouchons depuis deux bonnes heures déjà. Il avait prévu de rejoindre sa grotte sur la montagne depuis trois semaines, mais il avait dû modifier quelque peu ses plans : une grève surprise des transporteurs aériens, puis une panne d'automobile en pleine jungle, et des émeutes "de la faim" dans le bas Rajahstarinian avaient contrarié ses plans. Il en était à essayer de rejoindre la Route de la Colline par ses propres moyens, à savoir un tacot poussif loué à prix d'or chez ces voleurs de Sikhs de la capitale, et maintenant, ces bouchons qui n'en finissaient plus...
Pandit tenta un regard vers la droite, c'est alors qu'il vit la jeep sur le bas côté : 2 reporters en sortaient, appareil photo au poing. Un troisième larron suivait avec une caméra; derrière, se remaquillant brièvement, une speakerine en tenue de combat : gilet à poches, pantalon de lin brun, et micro à la main. Ils courraient vers ce qui semblait être le nœud du problème : à l'avant du bouchon, un attroupement s'était formé. Des cris fusaient, de la fumée montait dans le ciel. Pandit sentait depuis quelques instants l'électricité dans l'air; l'énervement était palpable, le silence de la forêt toute proche anormal : pas un oiseau, pas un mammifère visible à des centaines de mètres, ils avaient tous décampé face à l'imminence du danger.
Les autres Gens étaient coincés, comme lui, mais ils ne semblaient pas l'avoir remarqué : il n'y en avait que pour la voiture de devant, qui bouchait le passage. La main continuellement appuyée sur le klaxon, les Gens s'énervaient : ils voulaient rentrer chez eux, vaquer à leurs "occupations" (regarder la télé? un film? s'avachir sur le canapé? ne plus penser?) et pour cela il n'y avait pas de mots assez durs envers le pauvre hère qui avait osé se faire emboutir par ce camion, là, devant..la voiture n'était plus que débris, et ses occupants ne valaient pas mieux. Quand au chauffeur du poids lourd fautif, poids lourd encore encastré dans les restes de la Tata hors d'usage, il était interviewé en ce moment même par les journalistes.
Étrange affaire que tout cela, se dit Pandit, tout en observant la scène. Le gars aurait dû se soucier du sort des malheureux derrière lui, non? Il était plus occupé à bien présenter pour l'interview qui allait avoir lieu plutôt que de savoir si les autres allaient s'en sortir. Quand à l'attroupement qui s'était formé, tous les visages, tous les yeux étaient tournés vers la caméra. Étrange objet de culte, un culte vraiment moderne, comment c'était déjà? Ah, oui, le veau d'or. Dans l'Ancien Testament, c'était cette idole, ce veau d'or qui avait perdu les tribus Hébraïques...
Les yeux des Gens étaient tout sauf vrais : ils brillaient d'une excitation irréelle, maladive même. Une espèce de fièvre s'emparait de la foule en présence d'une caméra et de la possibilité de passer à la télé. Des jeunes gens se faufilaient derrière la présentatrice, enjambant les débris sanglants de l'accident, pour faire de petits signes ridicules à la caméra. Ladite présentatrice se tenait droite, ignorant superbement les importuns; de temps à autre elle rajustait son oreillette, tout en guettant le top départ du caméraman. Le gars ensanglanté gisait dans l'habitacle, inconscient, au milieu du tumulte des secouristes qui tentaient désespérément de l'extraire du véhicule qui commençait à prendre feu. C'est alors que le "top" du caméraman embrasa la foule: "aaahhh !!"..
Pandit abandonna sa voiture et continua à pied, dépassant l'attroupement pour se diriger vers le sentier qui se dandinait au bas de la colline.
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Pandit marchait vite. L'explosion de la voiture, quelque cinq minutes plus tard, n'interrompit pas la réflexion qu'il venait de démarrer...
Partout, les Gens étaient connectés. Ils étaient en "relation permanente", grâce aux "outils de communication modernes" qui étaient largement répandus, le flot d'informations était intense et continu. Les Gens étaient inondés de centaines d'informations, d'images, d'opinions par seconde. En provenance de toute la planète : cette "révolution numérique" n'avait jamais eu d'équivalent dans l'histoire de l'Humanité. Autant cette "révolution" allait de soi aujourd'hui, autant elle aurait été impensable ne serait-ce que trente ans en arrière... Cette "révolution" ne semblait plus devoir finir : les Gens vivaient avec leur téléphone vissé à l'oreille, quelle serait la prochaine étape? Comment rester connecté 24 heures sur 24? Ces problématiques occupaient un grand nombre de Gens dans les pays "industrialisés", pays que Pandit venait de quitter. A son grand regret d'ailleurs : ils possédaient un charme qui ne lassaient pas de le surprendre : les Gens qui les peuplaient étaient si...modernes!
Et même dans les pays "en voie de développement" comme l'Inde de ses ancêtres, dans lequel il retournait méditer aujourd'hui, même ces pays-là avaient envie de participer à ce Nouvel Age d'Or. Partout autour de lui le changement était perceptible : même les plus pauvres rêvaient de consommer, de se connecter "au net", de regarder la télévision, d'écouter les nouvelles à la radio...Le plus misérable des ramasseurs de mégots économisait sur la nourriture pour s'acheter un téléphone portable, voire se connecter à internet au café du coin. Les classes sociales juste au-dessus achetaient en masse les outils qui leur permettraient de "communiquer", de se "connecter", "d'être heureux dans l'ère numérique". Pandit avait constaté le même phénomène en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique...partout où il avait mis les pieds (et il les avait mis partout), la Révélation Médiatique emportait l'adhésion d'un nombre toujours plus grand.
Partout, sur la planète on pouvait savoir en temps réel le malheur qui s'abattait à des milliers de kilomètres de là : plus besoin de bouger de chez soi. Plus besoin d'aller voir si le voisin allait bien, de s'intéresser au gars qui mendiait en bas de chez soi, sur le trottoir. Quelle merveille!
En résumé, qu'est-ce qui avait vraiment changé chez les Gens? Oh, pas grand chose, à part le fait que chacun "communiquait" son Vide Existentiel face au Vide Existentiel du voisin. un mur face au mur de l'autre. Des amis virtuels, des existences virtuelles, dans un monde réel fait de faux-semblants. Des avatars, des pseudonymes, des masques alors qu'il aurait suffi d'être soi...juste soi. Les Gens étaient tellement magnifiques, si seulement ils prenaient la peine de se regarder vraiment!
Il avait vu tellement de Gens se faire zombifier par ces "instruments du bonheur" qui prétendaient les libérer, mais qui les asservissaient dans la plus simple des réalités...
Tellement de Gens avaient réellement peur, grâce au climat de peur instauré, entretenu quotidiennement par ces médias, qui répétaient en boucle les mêmes informations. Des Gens qui n'avaient aucun motif sérieux et réel de se sentir en danger, en insécurité voire en colère mais qui étaient travaillés en permanence par ces merveilleux "outils de communication" qui érigeaient les plus grandes, les plus belles et les plus massives des murailles entre eux. Merveilleux outils qui les séparaient, les divisaient, les montaient les uns contre les autres en dépit du bon sens. Mieux : en leur faisant croire qu'ils étaient indispensables à leur bonheur! Merveilleux médias qui s'étaient répandus sur toute cette pauvre planète comme le chiendent sur un terrain vague : journaux écrits, télévisés, parlés, en ligne, sur téléphone, à la radio, dans les aéroports, sur les routes, dans le métro, dans le bus, dans les têtes...
Pandit partit à nouveau d'un grand éclat de rire : ces médias étaient vraiment très forts, ils avaient failli lui gâcher sa journée!
Il arrivait au pied du sentier.
Il redoubla d'efforts en attaquant la montée.
Derrière lui, les sirènes hurlaient dans la nuit qui tombait.
Il prit alors son porte-voix préféré et déclama, du haut de la Montagne Sacrée :
"Hommes!! Vous ne comprenez donc pas? Je vous ai créés du néant, et peux vous y remettre dans l'instant! Je suis la Toute-puissance qui est et n'est pas, qui fait et ne fait pas, qui décide et...c'est comme cela.(hum)
Il va donc falloir que vous vous conformiez à mes desiderata, à savoir pas question de se voler, de se taper, de se tuer, de convoiter la femme de son voisin de palier sans mon assentiment."
Mais Sa Progéniture continua de plus belle, ignorant ses instructions Divines! Comment cela était-il ne serait-ce que pensable?
Le porte-voix de Dieu était un modèle spécial : il suffisait d'y murmurer pour que la terre elle-même tremble sur ses fondations; y crier revenait à déclencher le tonnerre, voire pire un cyclone... Le Créateur toussa un bon coup dedans. Les Hommes se tinrent cois, l'oreille soudain dressée, l'œil exorbité par la peur de la Voix Céleste, comme des lapins guettant le chasseur au coin d'un fourré. C'est alors que le Créateur réalisa : "Mais bon sang mais c'est bien sûûûr! Ils m'entendent de ce côté-ci, mais pas de ce côté-là! J'ai beau m'égosiller à un endroit E, à un moment M, à un instant I (bon ça va j'arrête là ça commence à me les gonfler), s'ils ne peuvent pas se passer le mot, c'est comme des poissons rouges : ils oublient! Il faut répéter, répéter, amplifier,éduquer, conditionner, bourrer leurs petits crânes en per-ma-nen-ce pour que le message passe!! Eurêka!"
De joie, Il en avait renversé son reste de sandwich, partout, de la mayonnaise bas de gamme sur la Céleste Moquette Ikéa. "Ehhhh meeerde!!!".
Il inventa alors les médias, et les leur donna.
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| allez ça y est! suffit de dire "peureux comme un lapin" et il me sort un truc qui fout les jetons |
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Pandit patientait dans les bouchons depuis deux bonnes heures déjà. Il avait prévu de rejoindre sa grotte sur la montagne depuis trois semaines, mais il avait dû modifier quelque peu ses plans : une grève surprise des transporteurs aériens, puis une panne d'automobile en pleine jungle, et des émeutes "de la faim" dans le bas Rajahstarinian avaient contrarié ses plans. Il en était à essayer de rejoindre la Route de la Colline par ses propres moyens, à savoir un tacot poussif loué à prix d'or chez ces voleurs de Sikhs de la capitale, et maintenant, ces bouchons qui n'en finissaient plus...
Pandit tenta un regard vers la droite, c'est alors qu'il vit la jeep sur le bas côté : 2 reporters en sortaient, appareil photo au poing. Un troisième larron suivait avec une caméra; derrière, se remaquillant brièvement, une speakerine en tenue de combat : gilet à poches, pantalon de lin brun, et micro à la main. Ils courraient vers ce qui semblait être le nœud du problème : à l'avant du bouchon, un attroupement s'était formé. Des cris fusaient, de la fumée montait dans le ciel. Pandit sentait depuis quelques instants l'électricité dans l'air; l'énervement était palpable, le silence de la forêt toute proche anormal : pas un oiseau, pas un mammifère visible à des centaines de mètres, ils avaient tous décampé face à l'imminence du danger.
Les autres Gens étaient coincés, comme lui, mais ils ne semblaient pas l'avoir remarqué : il n'y en avait que pour la voiture de devant, qui bouchait le passage. La main continuellement appuyée sur le klaxon, les Gens s'énervaient : ils voulaient rentrer chez eux, vaquer à leurs "occupations" (regarder la télé? un film? s'avachir sur le canapé? ne plus penser?) et pour cela il n'y avait pas de mots assez durs envers le pauvre hère qui avait osé se faire emboutir par ce camion, là, devant..la voiture n'était plus que débris, et ses occupants ne valaient pas mieux. Quand au chauffeur du poids lourd fautif, poids lourd encore encastré dans les restes de la Tata hors d'usage, il était interviewé en ce moment même par les journalistes.
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| veau d'or moderne |
Les yeux des Gens étaient tout sauf vrais : ils brillaient d'une excitation irréelle, maladive même. Une espèce de fièvre s'emparait de la foule en présence d'une caméra et de la possibilité de passer à la télé. Des jeunes gens se faufilaient derrière la présentatrice, enjambant les débris sanglants de l'accident, pour faire de petits signes ridicules à la caméra. Ladite présentatrice se tenait droite, ignorant superbement les importuns; de temps à autre elle rajustait son oreillette, tout en guettant le top départ du caméraman. Le gars ensanglanté gisait dans l'habitacle, inconscient, au milieu du tumulte des secouristes qui tentaient désespérément de l'extraire du véhicule qui commençait à prendre feu. C'est alors que le "top" du caméraman embrasa la foule: "aaahhh !!"..
Pandit abandonna sa voiture et continua à pied, dépassant l'attroupement pour se diriger vers le sentier qui se dandinait au bas de la colline.
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Pandit marchait vite. L'explosion de la voiture, quelque cinq minutes plus tard, n'interrompit pas la réflexion qu'il venait de démarrer...
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| la solution du futur ? une prise neurale... |
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| bluetooth à l' africaine : toujours aussi inventifs ces indigènes |
Partout, sur la planète on pouvait savoir en temps réel le malheur qui s'abattait à des milliers de kilomètres de là : plus besoin de bouger de chez soi. Plus besoin d'aller voir si le voisin allait bien, de s'intéresser au gars qui mendiait en bas de chez soi, sur le trottoir. Quelle merveille!
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| 4 ans que les Français parlent à un mur..... |
Il avait vu tellement de Gens se faire zombifier par ces "instruments du bonheur" qui prétendaient les libérer, mais qui les asservissaient dans la plus simple des réalités...
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| 10contre1..qu'on ne me dise pas que l'insécurité est un faux argument de droite! |
Pandit partit à nouveau d'un grand éclat de rire : ces médias étaient vraiment très forts, ils avaient failli lui gâcher sa journée!
Il arrivait au pied du sentier.
Il redoubla d'efforts en attaquant la montée.
Derrière lui, les sirènes hurlaient dans la nuit qui tombait.
dimanche 30 janvier 2011
à la mémoire de Khaled Saïd
Puisqu'il faut bien que quelqu'un le fasse (oh les chevilles^^), j'ai envie d'écrire sur l'Égypte, aujourd'hui. Non pas sur le pays, formidable nid à touristes (et à monuments), mais sur les gens qu'il y a dedans. Et sur un, en particulier, qui a été battu à mort par la "police" égyptienne le 6 juin dernier. Officiellement, mort suite à "étouffement par ingestion d'un sachet de cannabis qu'il tentait de dissimuler". La version officielle parle aussi d'un "jeune toxicomane". En fait, il a été battu à mort en pleine rue par deux pourritures de lâches de flics égyptiens, parce qu'il avait osé publier une vidéo sur le web montrant deux de ces "policiers" se partageant de la drogue suite à une saisie...
Alors voilà...28 ans, et tu as fini comme ça. Sur le bitume.
Les Hommes ont ceci de particulier qu'ils sont capables de subir énormément de choses sans broncher. Puis, il suffira d'un déclic, d'un détonateur, d'une goutte d'eau supplémentaire... Il semblerait que tu sois cette goutte d'eau, Khaled, comme ce jeune tunisien, Mohamed Bouazizi, l'a été avant toi. Le peuple a, hélas, toujours besoin de symboles.
Je ne suis pas particulièrement doué pour les hommages, ou la sensiblerie, en fait non on me dit que je suis doué, mais je n'aime pas forcément ça (ne pas rentrer dans ce fameux "moule", tout ça) mais là, j'avais envie.
Parce qu'à chaque fois je le vis plus que mal : combien de milliers d'autres Khaled Saïd, de Mohamed Bouazizi, avant que ces chers "gouvernants" ne réalisent que TOUS les Êtres qui marchent sur ce putain de bout de caillou ont le droit au bonheur, à la dignité, à exprimer leurs idées sans se faire tabasser à mort, à gagner un revenu décent, à avoir une éducation correcte, à manger à sa faim, à dormir sous un toit salubre, à boire une eau potable, et à ne pas crever d'une maladie à la con, mais guérissable depuis des lustres, parce que ces chers labos veulent garder leurs dividendes intacts?
Tu étais jeune, tu avais toutes les raisons de vouloir la démocratie, ou quelque chose de mieux que cet ersatz de gouvernement moubarak (pas de majuscule pour les ordures). Quelque chose de plus juste qu'une police corrompue, tapant sur tout ce qui bouge. Quelque chose de plus sympa que la menace et la pression policières permanentes, et le gavage généralisé dans les hautes sphères alors que la majorité des autres, du bas peuple, des petits, des sans-grade, des moins-que-rien, des va-nu-pieds, des chiffonniers et autres diplômés de haute qualification (mais chômeurs de longue durée), de l'Égypte d'en bas quoi, crève la dalle et se révolte dès que le prix du pain passe un certain plafond.
C'est dire où on en est : en bas, la plèbe qui meurt de faim et ploie sous les coups de matraque, et en haut, le "héros militaire", celui qui a toujours su se maintenir au pouvoir au prix, restons consensuels et réalistes, d'un certain "autoritarisme" (en gros, toute velléité d'opposition politique est systématiquement punie, et la brutalité policière est institutionnalisée depuis 30 ans) mais, comme :
1/ ces putains de sacro-saints résultats économiques sont bons (comprenez "en haut, on se gave tous donc faut que ça continue, tant pis pour ces cons de crève-la faim en bas")
2/ l'épouvantail des frères musulmans est mieux que tenu à distance : il est systématiquement emprisonné, torturé, bâillonné, étouffé, et pis, des fois pardon ça arrive (c'était un "accident") tué.
ehh ben : on laisse faire. Mieux : on "encourage". On "appelle au calme" quand le peuple se met en branle, et dit "STOP!". Ça y est, notre petit dirigeant de pacotille est lui aussi sorti de son trou doré, il a lâché la main de manman Carlita quelques instants (n'aie pas peur, petit, tu retourneras vite dans ses jupes) pour "appeler au calme" avec ses petits camarades!
Comprenons-nous bien cependant : je n'ai rien pour les Frères Musulmans, ni contre d'ailleurs (quoique, l'intégrisme je trouve ça comment dire..moyen-moyenâgeux). Mais je serai plutôt pour la principe du "laissez-les croire ce qu'ils veulent, éduquez-les en parallèle, mais donnez-leur le choix." De toutes façons, on voit bien ce que ça donne si tu essaies de cacher le caca dessous le tapis : au bout d'un moment, ça commence à sentir, et manman le découvre (et là tu as droit à la méga fessée). La merde finit toujours par remonter.
Donc ça, ça arrangeait beaucoup de monde, ce statuquo égyptien qui durait depuis 30 ans, au premier chef desquels nos amis US (tiens tiens...c'est vrai que pour bomber le torse face à la Corée du Nord il y a du monde, mais pour ce cher Hosni, faut vraiment que ça pète grave pour qu'ils commencent à se la bouger, la dragée! Et oser "appeler au calme!")
D'ailleurs, si on ouvre un peu les yeux, et qu'on regarde la carte de cette partie du monde, on ne peut que constater avec effarement que, quelque part, c'est tout le système de dominos mis en place depuis 1945, entre nos chers amis US, Russes et européens, qui est en train de vaciller : Tunisie, Égypte, Algérie, Yémen, Syrie, Pakistan, Irak, Afghanistan, Palestine, Soudan, Côte-d'ivoire, Angola, Corée(s), j'arrête là ? Non je vais continuer, la liste est longue mais intéressante :rajoutez les balkans, les USA-ehh oui!- et, tant qu'on y est, l'Espagne, la Grèce, l'Irlande, la Grande Bretagne, la Belgique... C'est fou mais il me semblerait qu'en fait ce soit plutôt la carte du monde qu'il faille regarder, non?
Mais quand arrêteront-ils leur mascarade? Et quand oseront-ils avouer que c'est vraiment le merdier, que la Crise, LEUR Crise, est en train de tout bouffer, et qu'ils vont essayer par tous les moyens dont ils disposent de nous "ramener au calme"?
On appelle ça l'effet domino : qu'un seul vienne et tous les autres suivront... C'était le début d'une chanson, , je ne me souviens plus,? Ah oui, je me rappelle maintenant, Goggle is my friend (tant qu'il reste connecté)...tu m'étonnes...voir en fin de billet.
Khaled, où que tu sois maintenant, je suis vraiment désolé, profondément et humainement choqué par ce qu'ils t'ont fait : tu n'es hélas qu'une victime de plus de cette barbarie moderne qu'on appelle parfois "Capitalisme", parfois "Géopolitique", mais que je nommerai tout simplement "petits arrangements entre amis", "tenue des peuples", ou, pourquoi pas, allez j'ose, "gouvernement".
Que ton calvaire serve à quelque chose, même si je pense que, toi, maintenant, tu n'en as vraiment plus rien, mais alors plus rien à cirer. J'aurais aimé te lancer le traditionnel "repose en paix" d'usage, mais apparemment, ça ne sera pas pour tout de suite : pas mal de tes compatriotes risquent de te rejoindre plus vite que prévu...
Fais-leur de la place, accueille-les, prenez un siège, et marrez-vous bien en regardant le spectacle : il ne fait que commencer.
Shurik'n - Les Miens
ici
ici aussi
là
là aussi
et pis là
et une blogueuse qui en a, ici (ne poste plus depuis 3 jours...)
et, pour ceux qui "twittent", le hashtag #khaledsaïd
et pis, update de dernière minute, une "charge" de citoyens contre "les forces de l'ordre " ahaha... la peur changerait-elle de camp?
tiens tiens on n'en entend pas parler sur TF1, de ça, non? N'écoutez pas le lénifiant discours de nos "médias", allez regarder sur les blogs égyptiens! Relayez, soutenez, ne serait-ce que par la Toile, merde! Qu'un seul vienne....
Alors voilà...28 ans, et tu as fini comme ça. Sur le bitume.
Les Hommes ont ceci de particulier qu'ils sont capables de subir énormément de choses sans broncher. Puis, il suffira d'un déclic, d'un détonateur, d'une goutte d'eau supplémentaire... Il semblerait que tu sois cette goutte d'eau, Khaled, comme ce jeune tunisien, Mohamed Bouazizi, l'a été avant toi. Le peuple a, hélas, toujours besoin de symboles.
Je ne suis pas particulièrement doué pour les hommages, ou la sensiblerie, en fait non on me dit que je suis doué, mais je n'aime pas forcément ça (ne pas rentrer dans ce fameux "moule", tout ça) mais là, j'avais envie.
Parce qu'à chaque fois je le vis plus que mal : combien de milliers d'autres Khaled Saïd, de Mohamed Bouazizi, avant que ces chers "gouvernants" ne réalisent que TOUS les Êtres qui marchent sur ce putain de bout de caillou ont le droit au bonheur, à la dignité, à exprimer leurs idées sans se faire tabasser à mort, à gagner un revenu décent, à avoir une éducation correcte, à manger à sa faim, à dormir sous un toit salubre, à boire une eau potable, et à ne pas crever d'une maladie à la con, mais guérissable depuis des lustres, parce que ces chers labos veulent garder leurs dividendes intacts?
Tu étais jeune, tu avais toutes les raisons de vouloir la démocratie, ou quelque chose de mieux que cet ersatz de gouvernement moubarak (pas de majuscule pour les ordures). Quelque chose de plus juste qu'une police corrompue, tapant sur tout ce qui bouge. Quelque chose de plus sympa que la menace et la pression policières permanentes, et le gavage généralisé dans les hautes sphères alors que la majorité des autres, du bas peuple, des petits, des sans-grade, des moins-que-rien, des va-nu-pieds, des chiffonniers et autres diplômés de haute qualification (mais chômeurs de longue durée), de l'Égypte d'en bas quoi, crève la dalle et se révolte dès que le prix du pain passe un certain plafond.
C'est dire où on en est : en bas, la plèbe qui meurt de faim et ploie sous les coups de matraque, et en haut, le "héros militaire", celui qui a toujours su se maintenir au pouvoir au prix, restons consensuels et réalistes, d'un certain "autoritarisme" (en gros, toute velléité d'opposition politique est systématiquement punie, et la brutalité policière est institutionnalisée depuis 30 ans) mais, comme :
1/ ces putains de sacro-saints résultats économiques sont bons (comprenez "en haut, on se gave tous donc faut que ça continue, tant pis pour ces cons de crève-la faim en bas")
2/ l'épouvantail des frères musulmans est mieux que tenu à distance : il est systématiquement emprisonné, torturé, bâillonné, étouffé, et pis, des fois pardon ça arrive (c'était un "accident") tué.
ehh ben : on laisse faire. Mieux : on "encourage". On "appelle au calme" quand le peuple se met en branle, et dit "STOP!". Ça y est, notre petit dirigeant de pacotille est lui aussi sorti de son trou doré, il a lâché la main de manman Carlita quelques instants (n'aie pas peur, petit, tu retourneras vite dans ses jupes) pour "appeler au calme" avec ses petits camarades!
Comprenons-nous bien cependant : je n'ai rien pour les Frères Musulmans, ni contre d'ailleurs (quoique, l'intégrisme je trouve ça comment dire..moyen-moyenâgeux). Mais je serai plutôt pour la principe du "laissez-les croire ce qu'ils veulent, éduquez-les en parallèle, mais donnez-leur le choix." De toutes façons, on voit bien ce que ça donne si tu essaies de cacher le caca dessous le tapis : au bout d'un moment, ça commence à sentir, et manman le découvre (et là tu as droit à la méga fessée). La merde finit toujours par remonter.
Donc ça, ça arrangeait beaucoup de monde, ce statuquo égyptien qui durait depuis 30 ans, au premier chef desquels nos amis US (tiens tiens...c'est vrai que pour bomber le torse face à la Corée du Nord il y a du monde, mais pour ce cher Hosni, faut vraiment que ça pète grave pour qu'ils commencent à se la bouger, la dragée! Et oser "appeler au calme!")
D'ailleurs, si on ouvre un peu les yeux, et qu'on regarde la carte de cette partie du monde, on ne peut que constater avec effarement que, quelque part, c'est tout le système de dominos mis en place depuis 1945, entre nos chers amis US, Russes et européens, qui est en train de vaciller : Tunisie, Égypte, Algérie, Yémen, Syrie, Pakistan, Irak, Afghanistan, Palestine, Soudan, Côte-d'ivoire, Angola, Corée(s), j'arrête là ? Non je vais continuer, la liste est longue mais intéressante :rajoutez les balkans, les USA-ehh oui!- et, tant qu'on y est, l'Espagne, la Grèce, l'Irlande, la Grande Bretagne, la Belgique... C'est fou mais il me semblerait qu'en fait ce soit plutôt la carte du monde qu'il faille regarder, non?
Mais quand arrêteront-ils leur mascarade? Et quand oseront-ils avouer que c'est vraiment le merdier, que la Crise, LEUR Crise, est en train de tout bouffer, et qu'ils vont essayer par tous les moyens dont ils disposent de nous "ramener au calme"?
On appelle ça l'effet domino : qu'un seul vienne et tous les autres suivront... C'était le début d'une chanson, , je ne me souviens plus,? Ah oui, je me rappelle maintenant, Goggle is my friend (tant qu'il reste connecté)...tu m'étonnes...voir en fin de billet.
Khaled, où que tu sois maintenant, je suis vraiment désolé, profondément et humainement choqué par ce qu'ils t'ont fait : tu n'es hélas qu'une victime de plus de cette barbarie moderne qu'on appelle parfois "Capitalisme", parfois "Géopolitique", mais que je nommerai tout simplement "petits arrangements entre amis", "tenue des peuples", ou, pourquoi pas, allez j'ose, "gouvernement".
Que ton calvaire serve à quelque chose, même si je pense que, toi, maintenant, tu n'en as vraiment plus rien, mais alors plus rien à cirer. J'aurais aimé te lancer le traditionnel "repose en paix" d'usage, mais apparemment, ça ne sera pas pour tout de suite : pas mal de tes compatriotes risquent de te rejoindre plus vite que prévu...
Fais-leur de la place, accueille-les, prenez un siège, et marrez-vous bien en regardant le spectacle : il ne fait que commencer.
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| Khaled Saïd - 1982-2010 |
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et une blogueuse qui en a, ici (ne poste plus depuis 3 jours...)
et, pour ceux qui "twittent", le hashtag #khaledsaïd
et pis, update de dernière minute, une "charge" de citoyens contre "les forces de l'ordre " ahaha... la peur changerait-elle de camp?
tiens tiens on n'en entend pas parler sur TF1, de ça, non? N'écoutez pas le lénifiant discours de nos "médias", allez regarder sur les blogs égyptiens! Relayez, soutenez, ne serait-ce que par la Toile, merde! Qu'un seul vienne....
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